‹ Voyage a la Sainte-Larme de VendomeChapitre 4 sur 21 · GO · texte numérisé non relu

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estre payé par le maistre fermier de ses boucheries dudict Vendosme, et veut et ordonne que dores en avant ladicte boucherie soit baillée à la charge dudict cierge, en oultre que la ferme que lesdicts fermiers luy en sont tenus faire au temps advenir, laquelle charge ils seront tenus payer par l'ordonnance dessusdict et a voulu et ordonné, et par ces présentes Veut et ordonne que ainsi soit faict et continué, le temps et cours de sa vie durant, et que semblablement ses héritiers et successeurs le fassent et continuent au temps advenir, et à le faire et continuer par chacun an dores en avant, et par la manière que dessus est dict et déclaré ledict M. le comte a obligé et oblige par devant nous par sa foy sur ce baillée en nostre main, luy, ses hoirs et ses successeurs, et tous ses biens et choses tant meubles comme immeubles, comme héritages présents et advenir : moyennant aussi que lesdicts religieux, abbé et couvent, les chevessier et chapitre, maistre, frères de la Maison-Dieu et frères mineurs seront tenus bailler lettre sous leurs sceaux, chacun en droit soy, de cette présente fondation ou ordonnance faicte par M. le comte en honeur et remembrance dessusdict et nous avons tenu ferme et agréable pour le temps advenir, et nous tous conseillers avons jugés à tenir par le jugement de nostre dicte cour et scellé au contract d'ycelle.

Ce fut faict le vingtiesme jour d'apvril, l'an de grâce mil quatre cens vingt et huit, présents Jean Gorget, chastelain du Vendosmoys et Jean L'Eveillé, procureur de Monsieur le comte, et plusieurs autres dignes de foy.

Signé G. Scolasse, et scellé sur double queue.

(L'abbé Simon, T. II, p. 287.)

Lettres patentes de Louis XI en faveur de l'abbaye de la Trinité.

Louys, par la grâce de Dieu, roy de France, scavoir faisons à tous présens et advenir que, pour la singulière dévotion que nous avons à l'église et au monastère de la Ste-Trinité de nostre ville de Vendosme, ou repose le saint reliquaire et joyau de la saincte larme de Nostre Seigneur Jésus-Christ, en l'honneur et révérence duquel et de ladicte Saincte-Larme, plusieurs beaux et grands miracles ont été faits d'ancienneté et se font de jour en jour dans ceste église qui est une des plus belles et des plus anciennes de nostre royaulme, et en considération du beau et notable service qui est fait et continué en ladicte église, et à ce que nous soyons d'autant plus participants des prières et bienfaits qui s'y font, etc.

(Histoire de la Sainte-Larme. Vendôme. 1754, p. 2(L)

Rapport du Contrôleur général a l'Intendant de la généralité d'Orléans sur la requête adressée à ce magistrat par les PP. Bénédictins de Vabbaye de Vendôme.

Le prince Louis de Bourbon, comte de Vendôme, un des aïeux du roi, ayant par acte du 21 avril 1428 ordonné que chaque année à perpétuité et au jour de la

résurrection du Lazare, il serait délivré un criminel de ses prisons de Vendôme ou de Mondoubleau, lequel porterait processionnellement un cierge de cire jaune, du poids de 33 livres, dans l'église de la Trinité, où il resterait allumé jusqu'au jour de Pâques suivant: cette fondation a été exécutée fort exactement jusqu'à présent quand à la délivrance du prisonnier, mais quand au cierge, comme la valeur en devait être payée chaque année par le fermier de la boucherie de Vendôme, le lieutenant criminel du bailliage de cette ville en délivrait une ordonnance ou exécutoire qui était acquittée par ce fermier.

En 4718, le roi ayant aliéné cette boucherie avec quelques autres parties du domaine de Vendôme, et n'ayant point chargé l'engagiste de la rétribution du cierge, l'exécutoire fut tire sur la ferme générale de ce duché, ce qui a subsisté jusqu'à 1738, temps auquel on jugea à propos de ne plus faire délivrer d'exécutoire que pour les frais de justice seulement ou autres dépenses de la même nature, et l'ou crut qu'il convenait mieux de faire comprendre les fondations royales et autres charges annuelles ordinaires dans les états des charges du domaine ; de sorte qu'il n'a point été délivré d'exécutoire à ce sujet ou tout au moins, ils n'ont été ni visés ni acquittés. Il s'agissait donc d'employer la rétribution du cierge dans l'état des domaines de la généralité d'Orléans, mais on y a trouvé beaucoup de difficultés : premièrement parce que la fondation n'était pas d'une somme fixe en argent, et en second lieu, parce que cette partie n'était jamais entrée dans les Etats du Roi ; en sorte qu'il est actuellement de vingt années.

Cependant comme il s'agit de prendre sur cet objet un parti définitif et que les prieurs et religieux de la Tri-

nité de Vendôme consentent à ce point répéter les vingt années arriérées, et que d'ailleurs ils se contentent d'être payés chaque année à commencer de 4758 au terme de Pâques, d'une somme fixe de 57 livres, pour tenir lieu du cierge pesant 33 livres de cire jaune; j'ai cru qu'il était convenable de la leur faire payer chaque année à commencer de Pâques prochain, en vertu d'une ordonnance que vous leur délivrerez sur le domaine, en rapportant par eux un certificat de lieutenant criminel et du procureur du roi du bailliage de Vendôme, que la fondation a été acquittée.

Je suis, etc.

Pour copie, Barentin,

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