OUEST DE LONDRES
Ivensingtoii, village à deux milles de Londres, contient de magnifiques jardins, dont les masses de verdure et les gazons serrés rappellent le moelleux des tapis de Perse. Un petit batiment carré, en briques, décoré du nom de palais, compose la demeure du duc de Sussex, frère du roi actuel d’Angleterre.
Dans ce meme village est un observatoire, élevé par un savant du premier ordre, M. South, dont les instrumens astronomiques égalent la précision de ceux de l’observatoire royal de Greenwich.
Ce fut en 1827, que M. South fit construire sur la colline de Campden-Hill à Kensington, cet observatoire privé, le plus splendide de tous ceux de ce genre. C’est là que se trouve la belle lunette méridienne de Troughton, de sept pieds, avec laquelle M. South même a fait des observations du soleil. Là est le westbury-circle, célèbre par les observations de M. Pond, aujourd’hui directeur de l’observatoire royal de Greenwich; là encore est l’équatorial de Troughton, de cinq pieds de distance focale, avec lequel M. South a
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fait la plupart de ses observations d’étoiles doubles; là enfin est la grande lunette astronomique de M. Cauclioix, de Paris, de dix-huit pieds de longueur focale, dans une tour de trente pieds de dianaètie, munie d’une coupole mobile en bois de cèdre.
Je saisis avec empressement l’occasion de témoigner ici à ce savant aimable toute ma reconnaissance pour l’accueil gracieux que j’en ai reçu à son observatoire, où la curiosité m’avait porté à vérifier plusieurs phénomènes célestes, décrits dans mes Lettres sur yistronomie (i).
Hammersmith, village que nous avons à visiter après celui de Rensington, est situé à quatre milles à l’ouest de Londres. 11 olFre un assez grand nombre de belles maisons, et contient de vastes réservoirs alimentés par des machines hydrauliques, destinées à fournir de l’eau de la Tamise à plusieurs quartiers de Londres. La rue principale a un mille et demi de longueur. Le pont en fer, sur le fleuve, est une des principales curiosités de Hammersmith, d’où l’on se rend à Richmond.
Qui n’a pas entendu parler de Richmond, et quel oeil a pu voir sans en être ravi, ce séjour en-
(i) 4 volumes Deuxieme édition, revue par M. Bou-
\ard, directeur de l’Observatoire royal, ii Paris.
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chanteur, placé sur une colline dominant la Tamise, à environ neuf milles à l’ouest de Londres? Richmond, que sa situation admirable a fait surnommer le Frascati ou le Montpellier de l’Angleterre, a son village sur le revers d’une colline, dont le pied vient aboutir a la Tamise. Les arbres, les prairies, les ponts et les maisons, tout ici a une physionomie particulière, dont les environs nulle part n’offrent aucun équivalent. L’église, debout sur la hauteur, conserve précieusement les cendres du poète Thompson, qui a chanté en si beaux vers cette vallée de délices, cette série de collines, où le luxe de la culture a été porté jusque dans ses dernières limites. Richmond fut long-tems la retraite favorite du roi Georges 111 j ce prince y fit bâtir un nouveau palais pour remplacer le vieux palais de Sheen, qui était en ruines. Le parc renferme un observatoire construit en 1769, et qui possède un bon cercle mural et une lunette des passages. La partie qu’arrose la Tamise forme une superbe terrasse qui s’étend sur toute la longueur des jardins. Ce parc a huit milles de tour, et contient 2,a53 arpensi
C’est après avoir exploré ce charmant paysage et toutes ses richesses, sous le double rapport de la nature et de l’art, ou du génie, que de la terrasse de l’auberge du Stavj sur le haut de la col-
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line (le Richmond, j’osai improviser les vers suivans, retrouvés par hasard l’autre jour dans mon portefeuille de voyage. Le seul motif qui me décide à les transcrire, est qu’ils sont nés sur les lieux mêmes.
Quel aspect magnifique a mes yeux se présente!
La Tamise aux longs plis roule une eau bienfaisante;
La verdure et les bois embellissent ses bords,
Où les petits oiseaux reprenant leurs accords.
Célèbrent du printems la pompe qui s’avance;
Tréte a se déployer sur cette plaine immense.
La richesse est unie a la variété;
Ici, des frais gazons la naissante beauté.
Au souffle du zéphir, doucement se balance.
La des arbres divers la tête avec fierté Semble se préparer à décoi’er la scène Que la saison nouvelle avec les jeux ramène.
Hus loin un parc orné pour le séjour des rois;
Unit dans ses tableaux tous les goûts à la fois;
Et du chaume indigent le luxe qui m’étonne.
M’annonce qu’au travail ici chacun s’adonne.
Au bout de l’horizon où plongent mes regards,
Les contrastes mêlés brillent de toutes parts ;
Enfin, de la nature en ces lieux rajeunie.
Le pouvoir n’attend plus, a son charmant réveil,
Qu’un rayon plus ardent des bienfaits du soleil.
Ainsi qu’un cliant nouveau des fils de Polymnie.
O vallons enchantés, collines du bonheur,
Où la fertilité décuple le labeur;
Arbres majestueux, pittoresques rivages,
Rians tapis des prés, et vous épais bocages.
Que de fois vous avez, du chantre des Saisons',
Inspiré le génie et la lyre aux doux sons.