‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 103 sur 110 · I.0NDRE · texte numérisé non relu

I.0NDRE

Loi’sqiic tout ébloui de vos riclies f’ërics,

Il y venait charmer ses doctes rêveries!

C’est a vous qu’il a dû ces chants harmonieux,

Qui semblent un écho de la harpe des dieux.

Vous fûtes son Tempe, son Taygète, sa musc.

Vos eaux son hippocrène ou sa fraîche Arélhusej Et par vous il créa ce beau poème, enfin.

Où tout ravit les sens épris d’un feu divin.

Yis-à-vis les jarJins de Riclimond, sur la rive opposée de la Tamise, est Sioii-llouse, un des plus beaux palais des environs de Londres, lequel est habité par le duc de Northumberland. H occupe un vaste carré et répond bien à l’opulence de son propriétaire.

Dans le voisinage de Richmond, et toujours sur les bords de la Tamise, on aperçoit le village deTwickenham, remarquable par un grand nombre de sites charmans et de maisons élégantes. Ici vécut Bacon , le père de la philosophie moderne; ici habita et mourut Pope, dont la maison de campagne existait encore il y a ««e vingtaine d’années. C’est en ces lieux que le poète composa la plus grande partie de ses immortels ouvrages, notamment la Boucle de Cheveux enlevée, \Bssai sur l’Homme, la Hunciade, et surtout la traduction en vers des poèmes d’Homère. Les cendres de ce grand écrivain reposent dans l’église de Twickenham, comme celles de Thompson dans l’église de Richmond.

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Le plus bel ornement de Twickenliam est la résidence d’Horace Walpole, demeure antique, plus connue sous le nom de Strawbery-Hill, et où l’art semble avoir voulu rivaliser d’efforts avec la nature.

A une petite lieue de Tw^ickenliam est le magnifique palais de Hampton - Court , rebâti en 1690, sur les débris de l’ancien palais du cardinal W^olsey, qui l’avait donné à Henri VIH. La grande façade, du côté du jardin, a 33o pieds de longueur, et celle qui regarde la Tamise 328 piedsi Charles avait été retenu prisonnier en ce lieu, avant de porter sa tête sur l’échafaud 5 Cromwell y fit ensuite sa résidence, et après lui Charles II et Jacques H. Le parc et les jardins ont trois milles de circonférence. Les peintures et les sculptures abondent dans le palais, qui se compose de trois grandes cours carrées^

Près de Hampton- Court était la demeure ou maison de campagne de Garrick, fameux acteur dramatique, et ami de Shéridan.

Dans le voisinage de Richmond j il faut visiter encore la maison et les jardins de Rew, sur la Tamise. Rew est une résidence royale, qu’aimait beaucoup Georges HI, et qu’habita long-tems le pr ince de Galles, avant de monter sur le trône^ sous le nom de Georges IV. Ce n’est point un palais bien vaste j mais il est commode et il renferme

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(juelqucs bons tableaux. Les jardins sont distribues avec goût et riches en plantes exotiques, dont les principales y furent apportées par le célèbre naturaliste sir Joseph Banks, compagnon de Cook dans le premier voyage de ce navigateur autour du inonde. L'orangerie de Kew a 145 pieds de longueur, et près d’elle se trouve, en un bosquet, le temple du Soleil, monument de bon goût. Il en existe plusieurs autres, tels que ceux de Bellone, de la Victoire, de Pan et d’Eole, ainsi qu’un batiment chinois, dédié à Confucius, et le temple de la Solitude. On y voit aussi un pavillon mauresque, appelé l’Alhambra, et une grande pagode, avec une mosquée.

Avant d’abandonner les rians paysages de Richmond et de Kew, pour en aller trouver d’autres non moins dignes d’intérêt, à Windsor, le Saint-Cloud de Londres, le lecteur nous permettra encore un dernier coup- d’oeil récapitulatif sur ces memes paysages de Richmond, en empruntant quelques lignes au chantre harmonieux qui les a si bien décrits dans son poème des Saisons.

(( Nos regards enchantés se promènent, dit-il, tantôt sur l’antique village de Richmond, tantôt sur les deux collines qui bordent la plaine; puis sur les campagnes de Harrow et sur les coteaux ombragés, où le majestueux Windsor lève sa tête

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altière. A la magnificence auguste et calme de cette scène immense, si nous voulons opposer un agréable contraste, nous descendrons aux lieux où la Tamise argentée commence a devenir champêtre : c’est là que notre vue admirera sans cesse et ne se fatiguera jamais. Laissons- la errer avec délices sur ce vert ampliitéâtre, dont le feuillage épais flotte sur la retraite d’Harrington; abaissonsla ensuite sur les berceaux des beaux parcs de Hampton. Vois sous leurs ombrages le vertueux Queensbury, goûtant les douceurs d’une paisible solitude et d’une vie sans tache; vois Cornbury, fidèle amant des muses et toujours comblé de leurs faveurs. Suivons lentement les détours de cette vallée incomparable : ici le fleuve serpente mollement à travers les bois de Twickenliam, séjour fréquenté par les neuf sœurs et Pope, leur digne ami : là s’élèvent sur ses bords l’orgueilleux Hampton, la demeure des rois, et les superlies terrasses de Clarmont. Plus loin sont les bosquets

d’Esher, que la paisible Mole entoure de ses flots silencieux. Vallée délicieuse, tu surpasses tout ce que les poètes ont dit de l’heureuse Hespérie et des champs parfumés de l’Araliie. \ allée, collines chargées des plus riches productions, le génie de l’agriculture plane sur vous et s’applaudit a la vue des miracles qu’opèrent scs travaux. ))

Nous avons voulu que l éloge fut plus digne de

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ces lieux enchanteurs, en rapportant celui que Thompson en a fait. Maintenant nous passons à Windsor.

Le cliâteau de Windsor, le plus beau palais des souverains d’Angleterre, fut bâti par Guillaume-le-Conquérant, bientôt après que ce prince normand fut monté sur le trône. L’endroit ou il est situé avait été choisi comme le plus aéréj le plus favorable à la santé, et comme place de sôrelé. Henri fit h ce palais des additions considérables , augmentées successivement par Édouard IV, Henri VU, Henri Vlll, Élisabeth et Charles 11. Sous ce dernier prince, qui fit de ce château son séjour d’éte, les ameliorations devinrent à peu près complètes, et celles qui ont eu lieu postérieurement ne l’ont été que pour quelques détails insignifians.

Ce château, appelé en anglais Windsor-Castle, situé à une distance de vingt-trois milles à l’ouest de Londres, sur une éminence, est divisé en deux cours, par une vaste tour ronde. Les divers bâtimens couvrent environ douze arpens de terre. Le palais ofire, sur le penchant de la colline, une magnifique terrasse, qui présente peut-être le plus beau point de vue et une des plus belles promenades de l’Angleterre. Cette terrasse a environ 2,000 pieds de longueur de l’est au nord, et conduit au petit parc, près duquel se trouvent deux

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