PARCS
Un des traits caractéristiques de Londres est dans ses vastes jardins publics décores de la fastueuse épithète de Parcs, soit qu’ils dépendent de quelques palais, soit que l’usage l’ait emporté sur la justesse de l’expression. Paris a ses boulevards, son Jardin-des-PIanîes, son Luxembourg, ses Tuileries et ses Cbamps-Élysées : Londres a ses parcs, les uns où les piétons, les cavaliers et les voitures de maître peuvent circuler, comme Hyde-Park et Regent’s-Park; les autres, où n’entrent que les piétons, comme Gieen-Park et Saint- James’s-Park.
Le parc de Snnt-James ou Saint- James' s~ Parlc, dont l’emplacement n’était (ju’un marais lorsque Henri YIII le fit clore et convertir en jardins, et dont Charles 11 fit tracer et planter les ailées par rarcbitecte français Lenostre, mandé de Paris à cet effet, est aujourd’hui une promenade très- fréquentée, mais plus par le peuple que par les gens du bon ton, qui préfèrent Green-Park et les jardins de Kensington y attenans, où ils trouvent moins dépoussiéré. Ce parc, d’une forme oblongue et de deux milles de circuit, a un canal de
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2800 pieds de long sur joo Je large, et est éclairé la nuit par le gaz. L’hôtel des Gardes-à-Clieval on Life-Guards Gi la Trésorerie forment sa limite orientale. On a élevé un nouveau palais au roi dans ce parc, d’après les plans de l’ingénieur anglais Nash; mais ce palais, bien que fastueux, est d’une architecture sans élégance, comme presque tous les édifices de Londres.
Le parc nommé Green-Park ou Parc-Vert^ n’est qu’une continuation du parc de Saint-James, dont il est séparé par une grille en fer, et il s’étend vers l’ouest jusqu’au coin de Hyde-Park. A sa partie nord-ouest se ti ouve une belle pièce d’eau alimentée par les machines hydrauliques de Chelsea, qui approvisionnent d’eau les environs de Piccadilly.
Le parc dit Hyde-Varh , domaine royal au bout de la l’ue d’Oxford, contient 3g5 acres de terrain, embelli par une grande pièce d’eau appelée Serpentine- Riper ou Rivière Serpentine, et par des plantations récentes. C’est là qu’ont lieu les grandes revues des troupes de la garde. A l’extrémité sud-est, près de la porte en fer qui donne dans Piccadilly, et qui, pour le dire en passant,* est un chef-d’œuvre de ciselure, se voit la statue colossale en bronze représentant Wellington en Achille, statue qui fut en 1822 offerte par les dames de Londres au vainqueur de Waterloo,
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Elle a i8 pieds de hauteur, indépendammeiit du piédestal en granit haut lui-mêine de 36 pieds; elle a été coulée avec des pièces de canon de Waterloo et pèse, dit- on, plus de 60,000 milliers. Un Français doit sourire en voyant sur une face de ce piédestal la journée de Toulouse inscrite au nombre des victoires de W^ellington : est-ce être victorieux que de s’avancer avec 80,000 hommes contre 20,000, et de laisser sur le champ de bataille 18,000 morts ou blessés devant des retranchemens improvisés par le maréchal Soult, qui le lendemain du combat fit sa retraite à son aise, en bon ordre et sans être inquiété par les forces imposantes qu’il venait d’arrêter plusieurs Jours dans leur marche? Ce monument d’orgueil, qui outrage la vérité de l’histoire, a inspiré les vers suivans aux jeunes chantres jumeaux de Napoléon en Egypte.
Ils (les Anjjlais) avaient un héros! FHomère de l’Ecosse, Jeta dans Hyde-Park le plan de son colosse j Le ciseau du sculpteur mentit en le créant :
Changeant en profil grec son anglaise effigie,
Il cuirassa de fer sa poitrine élargie ;
Et fit du pygmée un géant.
Mais hâtons-nous de visiter le Parc du R'égent ou Regent* s-Park s’étendant à deux milles au nord du précédent sur 4’5o acres de terrain, distribués en jardins, plantations, pelouses, allées larges et
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tournantes, et terminés par une grande promenade circulaire où les équipages et les cavaliers allluent de 3 à 5 heures de l’après-inidij promenade elle- même encadrée presque entièrement par une suite de palais élevés avec une recherche extrême, vaste développement de constructions qui, quoique de dificrens styles, présentent quelque chose de magique et de grandiosej c’est comme une décoration théâtrale qui excite d’abord une véritable admiration, mais qui, lorsque les premières impressions se sont dissipées, n’olFrc plus à l’observateur impartial que des palais bâtis avec une recherche minutieuse, il est vrai, mais où se mêlent et se confondent tous les styles, souvent de la manière la plus bizarre; ce sont des édifices agglomérés et élevés avec des fragraens de palais et rapprochés tant bien que mal les uns des autres; on en compte déjà plus de 2,000 dans cet encadrement, qu’une large rue sépare de la grille du parc.
L’intérieur offre aussi plusieurs belles constructions et surtout un immense édifice décoré du nom de Colosseu7n, et dans lequel se trouve le grand panorama de Londres.
Une des portions les plus remarquables de ce vaste établissement est une galerie vitrée qui réunit une nombreuse collection de plantes indigènes et exotiques. Cette galerie aboutit à un salon vitré de même, et destiné à recevoir aussi des
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plantes rares. An centre est un hnssin a\ec plusieurs jets d'eau. Dans le voisinage est une chaumière suisse, d’où l’on a vue sur trois cascades, dont la plus élevée doit avoir une chute de 6o
La partie merveilleuse est le Panorama de Londresj il a été créé et dessiné par le peintre Horner, qui, pour saisir les premiers rayons du jour, les seuls favorables à une perspective étendue dans une ville comme Londres, presque toujours enveloppée de brouillards ou des nuages de la fumée de charbon, a passé les nuits dans une espèce de cage fixée au-dessus du dôme de l’église Saint- Paul, près la croix de fer, d’où l’œil embrasse un liorizon de plus de 120 milles de pays. Les toiles employées h ce travail immense couvriraient, diton, jusqu’à deux acres ou 4o ares de terrain. Le diamètre que trace le Panorama est de i34 pieds, et sa hauteur de la base à l’imposte du dôme, de 60 pieds, ce qui donne une surface de 24,000 carrés. L’extrémité inférieure est terminée par une bande de toile non peinte, de 400 piedscarrés environ. Le dôme en plâtre, sur lequel est peint le ciel, a i5,ooo pieds d’étendue, ce qui forme en tout une superficie de 40,000 pieds carrés de peinture.
Parmi les détails innombrables de ce prodigieux tableau, on admire surtout les gracieux contours
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de la Tamise, coupes de ponts depuis Londres jusqu’à Pulney • le palais de Lambelh, dans Southwark* l’abbaye de Westminster; Soramerset- Hüuse, et le Temple. Londres, avec ses églises, ses palais, ses beaux quartiers, ses grandes places, ses rues populeuses, ses théâtres, ses arsenaux, ses chantiei’s, ses parcs, ses jardins, occupe la partie inférieure du tableau. Les objets les plus saillans sont les tours de Saint-Paul, dont la hauteur sur la toile est de 4o pieds.
L’édifice est un polygone à six faces, de cliacune 25 pieds d’étendue. Un portique, avec six colonnes, occupe trois de ces faces. Le diamètre du polygone, pris hors d’oeuvre, est de i32 pieds. La hauteur des murailles, mesurées à l’intérieur, est de 79 pieds. Sur l’entablement s’élève un dôme avec trois gradins et une galerie pour ob-; server le paysage environnant. La partie la plus élevée de la coupole est vitrée et forme un abatjopr de 75 pieds de diamètre; le reste du dôme est couvert en cuivre peint. Le Panthéon paraît avoir servi de modèle pour les proportions des colonnes. Le portique et les murailles sont en briques revêtues de stuc. Les curieux passent du portique dans l’intérieur par un vestibule éclairé d en haut et divisé en trois compartimens, avec un escalier a chaque extrémité, pour les trois graduations de prix aux entrées du Panorama,
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dont le dôme à l’extérieur permet à l’observateur de dominer sur l’ensemble du parc et sur tous les environs. Les personnes qui veulent jouir de cette perspective sans avoir la peine de monter un escalier tournant, peuvent se Lire bisser, à l’aide d’une machine, jusqu’au sommet de l’cJihce.
Des parcs aux places publiques de Londres le trajet n’est pas long, car les plus belles en sont voisines, et c’est l’objet qui va nous occuper.