‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 50 sur 110 · SQUARES · texte numérisé non relu

SQUARES

Les places publiques de Londi’es appelées Squares, et qui forment un des traits principaux de la physionomie de cette grande ville, se distinguent de celles des autres cités du continent, en ce qu’elles ont presque toutes un jardin planté d’aibres et entouré d’une grille, où chaque propriétaire habitant du quartier a seul le droit d’entrei j c’est une des jouissances de luxe des Londonniens, et les maisons qui ont ce privilège se paient ou sc louent fort cher. En France, nous couvrons nos places de pavésj en Angleterre, on veut de la verdure, et l’on transporte au sein d’une ville immense quelques-uns des agrémens de la campagne, mais sans que le public en ait d’autre jouissance que celle de la vue, puisqu’on les tient sous

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cUs, par l’eifet de l’égoïsme aristocratique du caractère anglais.

Signalons quelques-uns de ces lieux de distraction, dont le nombre est de près de cinquante à Londres.

En revenant de Regent’s-Park par la belle rue de Portiand-Place, vers Oxford street, on trouve CavPMtlish- Square y sur la direction de Regent’s- Park 5 cette place manque d’uniformité, mais a de belles maisons. Au milieu est une statue équestre de Guillaume, duc de Cumberland, vainqueur à Culloden, en 1745, et élevée, en 1770, par le général Sti'ode*

A f ouest de Cavendish-Square se voient trois places voisines de Hyde-Park, savoir : JSryanstone-Sqiiare y espèce de carré long, et Portinan- Square y avec de superbes hôtels, parmi lesquels on remarque celui de la célèbre lady Montaigu, qui tous les ans, le i®'’ mai, y régalait les ramoneurs de Londres, afin, disait-elle, qu’ils eussent un jour heureux dans l’année. On se rappelle que lady Montaigu est la meme (jui fonda une société littéraire de dames, connue depuis sous le nom de Bas~BleuSy parce que le seul homme qui y parut avait des bas de celle couleur, \ient ensuite Grospenor- Square y l’une des plus grandes et la plus belle de toutes les places de la métropole, occupant six acres, ou 2 hectares 4^ ares

LONDUKS.

de terrain. Au milieu du jardin, et cachée par les arbres, se trouve une statue équestre dorée, de Georges exécutée par Yan Nost, en 1726.

A l’est de cette dernière place, vers Green- Park, vient BerJclej Square, d’une forme ovale, et où l’on aperçoit la statue équestre de Georges 111.

En remontant vers le nord, on atteint Hano-^ ver-Square, habitée par des gens de cour, depuis l’avéneinent au trône de la famille de Hanovre.

En revenant en droite ligne vers le sud-est, on arrive, après avoir franchi la rue de Piccadilly, à Saint-J âmes- Square, près l’autre médité Pall- Mall et de Saint- James- Park. Cette place, où naquit Georges 111, est plus célèbre par les personnages qui l’habitent que par ses bâtimens, qui n’olfrent rien de bien remarquable. Son jardin renferme un vaste bassin, et au centre une statue de Guillaume 111.

Si nous suivons Pall-Mall, nous voyons au bout Charing-Cross, espace considérable, récemment élargi, rendez-vous général des stages-coaches, ou voitures publiques de Londres, et où l’on remarque une statue équestre en bronze, de Charles l". Le nom de cette place lui est venu d’Édouard 1", qui y fit élever une croix à la mémoire de son épouse, Eléonore. Charing était le nom du village où cette croix fut placée, et qui subsista jusqu’au teins de Charles 1", où une sta-

LOIN DK ES.

lue éi{ticslro de ce prince, coulée en bronze par Lesueur, ai’tiste français, en i663, lui fut substituée.

A U nord de Charing-Cross est Leicester-Square , que, pai abréviation, les Anglais prononcent Xc/ater-Square, place bordée d’hôtels et de reslaui'ateurs à la française, et à l’un des coins de laquelle ('st la maison (pi’occupa le grand Newton, (jui inspira ces beaux vers à l’auteur de VÈpitre cl Kmilie, sur la philosophie naturelle :

Tranquille au haut des cieux que Newton s’est soumis.

Il ignore, en effet, s’il a des ennemis.

Au nord de Leicester-Squarc, et au bout de Greck-streel, se présente Soho-Square, mot d’ordre du duc de Monmoulh à la bataille de Sedtiie-

more, laquelleamena la lin ti-agique de ce seigneur, sous Charles II, qui le lit décapiter. Cette place étale ses anciens édifices, la plupart occupés par des libraires, et son riche bazar, avec le local de la société linnéenne.

Près le Musée britannique vous trouvez Bedford-Square, et vers la partie septentrionale de cet édilice vous voyez Riissel - Square, là plus grande et la pilus magnilique place de Londres, après Grosvenor-Square. Des rues Ln’gcscl droites la coupent au centre et à ses angles, ce qui nonseulement ajoute à sa beauté, mais donnant plus

cil culalion à i air, la rend plus précieuse à la santé. La s élève la statue érigée en 1809 de Bedfoid, célèbre protecteur de l’agriculture.

A U 1101 d et au sud de cette place imposante, s’en ofirent d’autres plus ou moins dignes d’êtres citées, comme au nord-ouest, T'apistock-Square, corn-» po.^éed une série assez uniforme de bâtimensj Gordon-Square, qui y touche immédiatement; Euston-Square, avec sa belle église Saint-Pancrace. Au sud-est figurent ELoomshury -Square, avec sa î)elle statue de Fox par Westmacott; Red-Lion- Sqiiare, qui n’a rien de particulier; Copent-Garden, vaste marché aux légumes; et Lincolns-Innjields ou les Cha?nqjs de Eincoln, la plus étendue sans contredit des places de Londres, avec ses jardins au levant, sur les limites occidentales de la

Cité.

La Cité elle-nieme présente quelques places remarquables, telles que TV est-Smith- fields, entre les jardins de Charter-House et l’église de Saint- Paul; F inshury -Square, place plantée d’arbres avec un goût exquis; T rinity- Square, près la Tour de Londres; Goodman^ s^Fields, au nord; et FVell close-Square, a l’est, avec une église danoise, peu loin des Londcii Docks ou. Bassins de Londres.

Los Squares étant liés naturellement aux rues, dont ils ne sont que les élargissemens, il faut maintenant parcourir quelques-unes de celles-ci.

t.ondres.

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