CHAMBRE DES COMMUNES
La salle de la chambre des Communes, où jadis était un couvent, a plutôt l’air d’une église protestante de quelque petite ville éloignée de province, que d’une enceinte de députes. Les murs en sont noirs et poudreux, le plafond en est peu élevé; les lambris de chêne, comme les bancs aussi de chêne, des législateurs, en sont les uniques ornemens, et portent l’empreinte de leur vétusté. Le lieu où se tient lepublic n’est qu’une espècede poulailler grotesque; les galeries latéralesajou lent encore à la singularité de cet ensemble bizarre (i). Au mi lieu de
(i) Tout ceci, nous le répétons, était écrit avant l’incendie qui, en octobre i834> a dévoré les deux salles du Parlement britannique. INous croyons devoir conserver ces détails, parce que nous les avons recueillis sur les lieux mêmes, en i85o, et que les supprimer serait enlever a notre description la vérité chronologique. 11 y a d’ailleurs une raison encore plus dominante pour maintenir cette description ; c’est le respect pour les grands souvenirs que l’édifice rappelle. Ici fut rédigée la grande charte de la liberté anglaise, sous Jean-sans-Terre; ici un membre de la chambre des Communes, Ilampden, osa braver la puissance d’un despote royal j ici se présenta la reine Élizabetlî, pour annoncer la destruction de la fameuso armada; et une tapisserie devenue la proie des flammes, figurait sur les murs de la salle cette célèbre déroute des Espagnols; ici, enfin, Guillaume III donna aux Anglais le bill des droits, etc.