I.ONDRES
il lui ressemble comme une miniature ressemble à un portrait.
Youlez-vous réunir la force, le jugement, la raison et une dialectique lumineuse et serrée? lord Harrowby vous en offre l’exemple. Désirezvous un caractère de fer et un maintien de bronze? suivez les pas de Lauderdale se promenant sans cesse d un banc de la salle à l’autre, sans jamais se fixerj wliig autrefois, et tory maintenant. Aimez-vous une loquacité cbaude, mêlée de force, de solidité et même de grâce? prêtez l’oreille aux improvisations du marquis de VYellesley, frère ainede lord W^ellington. Mais de tous les orateurs de la chambre haute, aucun ne vous captivera plus agréablement que lord K ing, inépuisable dans ses saillies et ses bons mots, et qui, sous une frivolité apparente, caclie une argumentation sinon profonde, du moins claire et précise. A ses côtés je découvre le noble, le simple, l’austère, le candide et male Iiosslyn , militaire intrépide, homme de sens, athlète parlementaire du peuple, logicien vigoureux, sobre de paroles et riclie de faits. Il est relevé encore par l’air si vain de lord Grenville, et trouve un digne rival en modestie dans le marquis de Landsdowne, president du conseil, verbeux,obscur ouembarrassédanssa diction, homme qui long-tems suspendu entre la supériorité et la médiocrité, a fini par se confondre avec celle-ci.
l.ONDRES.
ÏN’aclievons point cette galerie sans citer lord Melbourne, épurien, liomme du monde, et cependant orateur distingue; le duc de Pucheiiiond, à l’esprit clievaleresque, à l’ànie noble et intègre; lord Brougham, qui de la chambre des Communes, où nous l’avons fait connaître, a passé depuis à la chambre des Pairs, etc., etc.
Après avoir entendu ces divers orateurs, un incident me sei t en venant interrompre l'ennuyeuse uniformité de leurs débats ; c’est une députation (le la chambre des Communes, qui envoie un bill adopté par elle. Mais quelle servilité dans la manière de le présenter! quelle suzeraineté sur 'les bancs des lords! Le lord chancellier, le sac à la main, s’avance seul à la rencontre des députés; il répond seul à leurs humbles saluts, seul écoute leurs discours; et autant de bills, autant de voyagesdlfférens, à cause d’un droit de dix guinées qui revient par bill au chancelier. La députation se retire comme à reculons, saluant de trois pas en trois pas; les portes se ferment, et la discusion est ouverte ou reprise.
De cette esquisse du Parlement britannique nous conclurons que ce n’est point la pompe des séances, mais la gravité, l’importance des débats qui provoquent l’attention, et que, pour les orateurs de l’une et de l’autre chambre, c’est le fond, nullement la forme de leurs discours qui excite l’in-
LONDRES
térêt. Assurément la vue des assemblées délibérantes de ce grand peuple, (|ui tient le sceptre du commerce et de la navigation, qui a pris pied sur tous les coins de la terre, cjui a des relations ave^ tous les peuples civilisés ou sauvages des deux béinispbèrcs, et des établissemens sur tous les points du globe, ne saurait être une chose indifférente
pour quiconque réfléchit, observe, compare et j uge.
Après ces généralités sur la nation britannique et sur les formes de son gouvernement, passons au peuple de Londres et à son administration municipale.
DEUXIÈME SECTIOX.