GOUVERNEMENT MUNICIPAL DE LONDRES
Le gouvernement civil de la Cité de Londres, qui forme l’ancienne ville, à laquelle les rois d’Angleterre avaient successivement octroyé plusieurs chartes et immunités, repose en entier sur une corporation ou corps de citoyens. Elle a sa propre législature, cour du conseil commun y com-
posée du lord-maire, desaldermen et de citoyens membres du conseil même.
La Cité se divise en vingt-six quartiers, et l’administration ou corporation dans le lord-
maire, les sheriffs, lesaldermen et le conseil commun.
Le lord-maire, le seul représentant du roi dans la Cité, est élu tous les ans le 29 septembre, par la livery ou bourgeoisie assemblée à la maison de ville dite Grildhall, en réunion générale, qui nomme deux aldermen ou adjoints, par mains-
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l-evces; ceux-ci sont présentés à une cour composée tlu lord-maire et des aldermen, laquelle choisit Tun des deux, ordinairement le doyen d’age; et ce dernier entre en fonctions le 9 novembre suivant, après l’approbation du roi pour la forme. Ce jour-là nécessite une cérémonie pour la prestation du serment à la cour de l’échiquier séant à Westminster, cérémonie à la suite de laquelle encore SC donne un grand dîner à Guildhall, ou sont invités les ministres et grands dignitaires, dîner que le roi lui- même honore souvent de sa visite, rçpas, au reste, dont nous avons parlé ailleurs. Il s’y fait une énorme consommation de liquide et de viandes.
Los deux sheriffs sont élus également chaque année par la livery et à la fois par la Cité de Londres et le comtéde Middlesex, où cette métropole se trouve enclavée. Leur devoir est d’inspecter les prisons, dénommer et convoquer les jurés, do tenir les cours d’assises, comme celle d’Old-Bailey, et de mettre à exécution tous les jugemens ou arrêts de morts.
Les aldermen (i) ou échevins, sont nommés à
(i) Ce mot est composé de oldar{\iai\' corruption aider), comparatif de o!d, qui veut dire vieux, et de men, pluriel de man, qui veut dire homme. Ainsi, la traduction à'aldermcn erait les hommes plus df;és.
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vie par les chefs de famille des dilférens quartiers ayant droit de bourgeoisie. Il y a pour chaque quartier un alderman, qui est le magistrat principal, mais toujours sous la surintendance du lord-mrdie.
1 1 existe dilFcrentes cours chai'gées de prononcer sur les causes civiles deshabitans de la Cité, et les juges sont des membres ou officiers de la corporation. Le lord-maire, les alderineu et deux autres officiers {\e Recoj'dei' on greffier et le Cominon- Sergeant ou principal officier de la loi), sont les juges désignés par le roi pour examiner lesolfenses capitales et les crimes commis dans la Cité; et les aldennen y sont les juges de paix à perpétuité.
\j?. common-council on conseil commun^ autrement conseil de ville ou Parlement de la Cité, se compose du lord-maiie, de vingt -cinq aldermen et de deux ceiit-trcnte-six autres membres : ces derniers sont nommés tous les ans par les chefs de famille ayant droit de bourgeoisie dans leurs (|uartiers respectifs; ce nombre a été calculé par une ancienne coutume, mais le corps entier de la corporation a le droit de l’étendre. Les débats de ce conseil sont publics.
Les meinl)res du conseil commun sont les repi ésentans des communes ou paroisses de Londres et forment une des ])î anches de la législature de la Cité, qui a une grande ressemblance avec celle
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vlu royaume. En effet, de meme que celte dernière est composée du roi, des pairs et des communes, l’autre est formée du lord-maire, des aldermenel du conseil de ville; mais il existe entre elles une ilifférence: c’est que le roi, les pairs et les communes, qui constituent les trois corps de l’état, jouissent séparément du droit de veto, tandis (pie dans la Ic'gislature de la Cité, ce meme droit, relusé au lord-maire, est réserve exclusivement aux aldermen et au conseil de ville.
La Cité est maintenant, c’est-à-dire depuis la domination saxonne, divisée en vingt-six warch ou quarliei's, et ceux-ci en ti cnle-six precincts ou sections, dont cliacune envoie un représentant élu dans les memes formes qu un alderman; et dt; même que le lord-maire préside l’assemblée et recueille les sulfrages pour l’élection d’un aidermau, de même lesaldermen, dans leurscpiartiers i es})cctils, président à l’élection des membres du conseil de ville, qui tient ses séances à Guildhall et se réunit toutes les lois que le iord-maire le juge convenable.
La corps électoral de la Liveiy (mot qui signilie proprcmeiît Uçréeou possession)^ dont nous avons parlé tout-à-l’beure, est un corps nombreux, lespectal>le, irnpoi ianl^ formé des membres des dillérentes communautés, compagnies, cl corps de melieis : en lui lésu.le le privilège d’élire le lord-
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maire (lord-raayor), les sheriffs, les membres du Parlement de la Cité, le trésorier ( Chamberlain), les maîtres de pont (brigde wasters), les inspecteurs des brasseries (ale corners), et les auditeurs des comptes (auditorsofllie cliamberlain’s accounts). Les membres de la liverj sont tous élus par leurs guilds (i)ou compagnies respectives, parmi les individus qui, ayant droit de bourgeoisie, forment le corps même de la livery.
La corporation, c’est-à-dire la réunion du lord-maire, des aldermen et du conseil de ville, et la livery de Londres, forme l’assemblée la plus importante de l’empire britannique, après la chambre des Communes du Parlement. En plusieurs circonstances graves, ses décisions ont été regardées comme la voix de la nation, et son exemple a souvent imprimé au pays un élan général; le gouvernement lui-même a quelquefois reculé devant les résistances de ce grand corps municipal, et en a prudemment quelquefois écouté les sages avertissemens.
Les cours judiciaires de la cité de Londres, comme les assises de Old Bailey et autres, se rattachant au chapitre des institutions judiciaires
(i) C’est de là que vient le nom de Guildhall, palais ou salle des Compagnies.
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proprement dites, c’est là que nous en parlerons. Il faut achever maintenant de mentionner t’e qui concerne le gouvernement municipal.
La Cité lève deux régimens de milice, forts de 2,200 hommes choisis au scrutin. Il y a en outre un régiment* de cavalerie composé de volontaires.
Les parties de Londres non comprises dans la Cité, ou l’ancienne ville, ont des juges de paix spéciaux pour les administrer.
La cité de Londres envoie quatre représentans à la chambre des Communes du Parlement, élus par l’assemblée des différentes corporations.
Indépendamment des aldermen chargés de poursuivre les délits dans chaque quartier, s’il s’y trouve des constables ou commissaii’es de police, et des watclnnen ou sergens de ville, qui font la garde de nuit.
A l’ouest de la Cité proprement dite, s’étend l’autre fraction septentrionale de Londres, capitale, dont on se rappelle que Soiithwark est la partie méridionale^ cette fraction septentrionale, appelée la Cité de TT^estminster, n’est plus aujourd’hui séparée de la première (la Cité) que par la porte ou voûte nommée Temple- Bar. Du reste, la seconde ( YVestminster) est régie par des lois et des coutumes différentes, et forme comme une ville distincte. Elle nomme deux députés au Par-
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lenientj elle a des oniciers civils, iiolainment uiiv magisirat appelé grand-intendant^ élu à vie pae un chapitre, et qui a pour adjoint un grandbai lli ; elle a en outre un commissaire - généi'al de police et autres agens subalternes.
Quant au faubourg dit de Southwark, il forme le vingt-sixième cpiarlier déj)endant de la Cité, et se trouve conséquemment soumis à la juridiction du lord-maire, qui y est représenté par un intendant ou échevin, et un bailli.
La police se fait dans la Cité sous la direction du lord-maire et de ses aldermen; dans les autres parties de la métropole, par vingt-sept magistrats formant un certain nombre de tribunaux de paix, qui ont aussi à prononcer sur toutes sortes d’aifaires souvent très-graves.
Les filous, dont le nombre, avons-nous dit àla fin du premier chapitre de ce livre, dépasse cent mille, donnent à la police de Londres une occupation très-pénible.
Marcher dans les rues de Londres est un art ou plutôt une science - un provincial s’en acquitte gaucliement, n’y^ réussit qu’ajirèsde longs essais et de rudes épreuves, quelquefois meme ne parvient jamais au degré de perfection qui distingue le cocimeyoLi badaud né à Londres. Aussi entre cent personnes le ülou va découvrir sur -le-champ son provincial, ai rèlédevant une boutique, Ics v euxef-