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INSTITUTIONS SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

Le mouvement intellectuel de l’Angleterre crée chaque jour des sociétés nouvelles qui s’enrichissent rapidement de tout ce qui intéresse l’esprit humain, et ces institutions scientifiques sont d’autant plus favorables au développement de la pensée, qu’elles répandent presque dans toutes les classes le goût de la science. Il n’est pas nécessaire d’étrc littérateur ou savant pour en faire partie^ il suflit d’y apporter sa part d’observations et d’expérience, ou de contribuer seulement par sa fortune à l’extension des idées utiles.

Parmi les corps savans de la capitale, nous devons placer en première ligne la Société royale de Londres; viennent ensuite l’Institution royale, la Société des antiquaires, la Société astronomique, la Société asiatique, la Société de géographie et une foule d’autres, indépendamment des universités

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et (les socic^te^ de médecine. Nous allons rapidement passer en revue les principales de ces associations de l’intelligence et du talent.

La Société royale de Londres est proprement, l’Institut d’Angleteterre, avec cette diirc'rence qu’elle n’est pas, comme notre Institut, divisée en classes ou académies. Constituée en corps savant par Charles II, et installée à Sommerset-House par Georges III, elle lient une fois par semaine ses séances dans ce palais, et publie des mémoires sous le titre de Transactions philosophiques. Elle est dirigée par un président et un conseil composé de vingt-un membres. Il y a deux secrétaires chargés de la correspondance. Les canditats doivent être présentés par trois membres et ne sont ballotés qu’après dix assemblées; les deux tiers des votes des membres présens sont nécessaires pour l’admission, qui coûte huit guinées, plus la cotisation annuelle de quatre guinées, ou bien cinquante guinées une fois payées pour tenir lieu de toutes charges présentes et futures. Les étrangers sont admis à ces réunions particulières avec l’assentiment du président. Ils sont aptes aussi à devenir associés q\\ felLows, dont le nombre est aujourd’hui de plus de sept cents. Newton et Davy sont morts présidons de la Société royale.

La Société des antiquaires, dont lesappartemens sont attenans à ceux de la Société royale, est aussi

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(l’une origine ancienne; mais elle ne fut constituée en corps savant que sous le règne de Georges II en 1 751. Elle se compose d’un nombre indéterminé de membres ou d’associés. Les frais d’admission et cotisation sont à peu près les mêmes qu’à la Société royale. Un recueil des travaux des membres parait sous le titre udrchéologie •

La Société astronomique est d’une fondation récente; elle a pour but l’avancement de la science, et publie des mémoires pour les adeptes.

L’Institution royale, dont le comte de Rumfort , ce célébré pliilantrope, eut la première idée, fut fondée en 1789, et reçut en j8oo une charte royale sous la désignation Institution royale de la Grande-Bretagne . Son objet est d’enseigner, dans des cours particuliers, les principes des sciences et leur application aux progrès des arts et manufactures, ainsi qu’aux usages de la vie. Cette société se compose de souscripteurs au nombre de plus de mille, et possède, avec un vaste amphithéâtre, un beau cabinet de chimie et de physique. Davy, dont le nom est devenu européen, professa dans cet établissement, et y fit ses premières decouvertes.

La Société asiatique est, comme la Sociétéastronomique, d’une fondation récente. Elle se compose d’orientalistes et publie un journal.

La Société de géographie est plus nouvelle en-

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core. Elle a clé fondée en 1 83oj sur le patron de sa sœur aînée de Paris, et elle publie un journal qui fait connaître les découvertes les plus nouvelles et les plus importantes. Au 1" novembre i83o, elle comptait déjà plus de 5oo membres souscripteurs. L’objet de cette société est 1” de réunir, enregistrer, choisir et imprimer les observations et découvertes nouvelles; 2° de former graduellement une bibliothèque des meilleurs ouvrages de géographie, un choix des meilleurs voyages, une collection complète de cartes, depuis les tems les plus anciens jusqu’à nos jours; 3“ de procurer les modèles, les instrumens que l’expérience a fait reconnaître comme les plus utiles et les mieux adaptés aux besoins d’un voyageur; 4“ de préparer des instructions succinctes pour les voyageurs, en désignant les parties qu’il est le plus désirable de visiter; 5" J’ouvi^irdes communicationsavec les autres sociétés savantes. Toutes ces conditions sont remplies par la Société de géographie de Paris.

Après ces dilférentes sociétés, qui se montrent sur le premier plan, nous indiquerons en seconde ligjie quelques-unes des autres associations analogues, dont une complète énumération exigerait de longs développemens, qui dépasseraient les limites que nous avons cru devoir nous imposer dans cet ouvrage, lequel a un tout autre objet que les itinéraires ci les guides spéciaux. Entre

r,OM)iu:s. O --3

toutes ces réunions savantes, nous citerons donc, 1° La société des arts (society of arts), dont le but est rcncouraiieinent des arts industriels et li-

béraux, des uianufactures et du commerce, à l’instar de la société d’encouragement de Parisj car toutes deux décernen t des récompenses pécuniaires et des médailles honorifiques aux inventions utiles, aux découvertes et aux pcrfectionnemens en tout genre ; cette société compte environ 2,000 souscripteurs;

2° L’académie royale, destinée à encourager et récompenser, stimuler les travaux des artistes, peintres, graveurs, sculpteurs, musicienset autres. Un membre, pour être élu, est obligé de présenter à l’académie un tableau, une statue, un bas-relief ou tout autre modèle de l’art qu’il professe. Tous les ans, il y a une exposition publique des ouvrag(s des membres et de ceux des al tistes étrangers à l’académie;

3" La société royale de littérature, fondée en 1821 sur le modèle de notre académie des inscriptions et belles- lettres, et qui a pour objet de propager la connaissance des diverses branches de la littérature. Elle accorde des bourses dans les universités aux jeunes gens dont les études ont été remarquées;

L’institution de Londres, dont le triple objet est l’acquisition de bons livres, la diffusion des con-

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naissances par la lecture et des expériences, et l’établissement de cabinets littéraires. Déjà ses propres collections en ouvrages modernes sont trèsnombreuses, et la société entretient à ses frais des cours sur différens sujets d’art^ de science ou de littérature;

La société linnéenne, qui nourrit et étend le goût de la botanique et de l’histoire naturelle;

La société de géologie, qui cherche, comme celle de France, à pénétrer et à mettre au grand jour les mystères de la constitution du globe;

La société philosophique, dont l’objet spécial est l’étude de la philosophie naturelle; enfin, les sociétés d’entomologie, de minéralogie, de mathématiques, d’architecture, d’agriculture, d’horticulture, d’harmonie ,etc. dont les noms indiquent suffisamment la destination respective.

Ajoutons à cette liste deux ou troisdcs institutions médicales, comme, i» le collège des médecins (college of physiciens), dont la fondation remonte à l’an i5o8, au tems de Henri Ylll, et dont fut membre le célèbre Harvey, qui découvrit lacirculation du sang; 20 le collège royal des chirurgiens (royal college of surgeons), incorporé par Henri Ylll à la communauté des barbiers, qui, pour l’honneur du docte scalpel, en fut séparée en i'y4û; 3° l’école des vétérinaires, érigée en 1791 pour mieux étudier les maladies des animaux;

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compagnie des pharmaciens, fondeeen iGoG, pour l’exercice en commun de celte profession où l’ignorance est d’un si grand danger; 5*’ la société de médecine, qui entretient des conférences sur l’art de guérir,, etc., etc.

Terminons ce paragraphe des institutions scientifiques de Londres, par quelques mots sur les établissemens propres à en seconder l’influence , comme les bibliothèques ou les musées et les universités. Nous arriverons enfin aux moyens plus directs et plus efficaces encore de propagation, c’est-à-dire la presse périodique.

Les bibliothèques de Londres sont très-multipliées; mais il n’y en a qu’une de publique, c’est celle du muséum; les autres appartiennent à de riches particuliers. La bibliothèque du musée de Londres appelé musée britannique, se compose d’ouvrages imprimés, de manuscrits et de cartes ou documens originaux. En i832^, elle contenait 218,907 volumes, 2i,Go4 manuscrits, et 19,093 cartes ou documens divers.

Ce nombre est bien inférieur à celui des richesses de nos bibliothèques parisiennes, dont la liste est d ailleurs assez étendue; la voici à peu près complète, avec le relevé le plus récent de ses collections.

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Noms

Nombre

Nombre

des Bibliothèrfues.

de Livres

de

imprimés.

Manuscrits.

Bibliothèque

Royale

Mazai'ine

du Panthéon

Il 2,000

de l’Arsenal

de la Ville

des Invalides

du Jardin des Plantes.

du Louvre

du Conseil-d’Etat

des Ponts et Chaussées.

i,5oo

du Musée royal

du Ministère de l ins-

trnction publique. .

des Arch. du royaume.

de l’Institut

du Bureau des Longit.

4,5oo

de l’Ecole royale de

Chant

i,5oo

de l’Ecole des Mines. .

de l’Ecole Polytcchniq.

de la Facult. de Médec.

du Collège de Louis-le-

Grand

3o,ooo

du Collège de F rance. . .

du Conservatoire des

Arts et Métiers

du Conseil des Mines . .

2,5oo

des Quinze-Vingts. . . .

2,OCO

du Minist. de la Guerre.

du Dépôt de la Guerre.

de l’imprimer. Royale.

de la Conf de Cassation.

du Tribunal de prem.

Instance

^ reporter. . . .

COî<DRES.

Noms

Nombre

Nombre

des Bibiiothètjues.

de Livres

de

imprimés.

Manuscrits,

liepoit

33iLlioilictjuc

des Avocats

4,5oo

de la Pref. de Police..

du Ministère des af-

fa ires étrangères. • .

du Minist. de la Ma-

rinc

2,5oo

ti

du Dépôt des Cartes et

plans de la Marine.

du Ministère des Fi-

n:.«nces

3,5oo

de la Cour des Compt.

de la Chambre des Dé-

putes

de la Chamb. des Pairs.

de la Sorbonne

Totaux

i,85o,5oo

Ainsi, les bibliothèques des établissemciis pu»* b lies de Paris contiennent près de deux millions de volumes et plus de cent mille manuscrits, lors- (|ue la bibliothèque publique de Londres ne renferme qu’enviroii deux cent mille volumes et vingt mille manuscrits, nombre encore bien inférieur à notre seule bibliothèque royale de la rue Richelieu, qui compte plus de n>0uf cent mille volumes imprimes, quatre-vingt mille manuscrits, cent mille médailles et deux mille caries géograiphiques, ainsique nous l’avons déjà indiqué en décrivant, au chapitre 11, le musée britannique.

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Parmi les autres Ijlbliolhèques attacliccs aux clablissemens scientifiques de Londres nous citerons celles 3° de Russell institution, dans Great- Coram Street , vaste collection d’ouvrages anciens et modernes, et de publications périodiques, comme revues et brochures. Cet établissement ne remonte qu’à l’année 1819. Les livres ne circulent entre les souscripteurs qu’à certaines conditions; le prix annuel de souscription est de trois guinées;

2° La Société royale, dont la bibliothèque est fort nombreuse et d’un bon choix;

3® L’Institution des protestans, dansRed-Crossstreet, contenant 17 mille volumes et une collection de portraits;

4° La Société asiatique, dont la bibliothèque se compose principalement d’ouvrages orientaux;

5» La compagnie des Indes, dont nous avons cité la bibliothèque et le musée, en décrivant l’édifice, au chapitre II;

Le collège du Temple, dont la bibliothèque est généralement composée d’ouvrages de jurisprudence pour les élèves en droit et les barristers ou avocats;

7" Le collège de Sion, qui possède une bibliothèque assez considérable.

Toutes ces bibliothèques étant des collections particulières, doivent être assimilées à des biblio-

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ihcmies privées, où l’on ne peut entrer qu en vei lu de permissions individuelles.

Nous ne nous occuperons pas ici des observatoires, parce qu’ils sont situes hors de Londies, et qu’il en sera question dans le chapitre réservé poiu les environs de cette capitale. Disons seulement que le principal est celui de Greenwich, que M. Herschell fils en a un à Slough , près Windsor, et M. South un autre à Kensington.

Quant aux universités, dont il nous reste à entretenir le lecteur, elles sont au nombre de 3, savoir : celle d’Oxford, celle de Cambridge et celle de Londres.

Les deux premières sont hors de Londres^ mais, sous le rapport scientiüque, il serait difficile de les en détacher, d’autant plus que ce sont les deux , grandes et seules institutions de ce genre pour les trois royaumes d’Angleterre, et que i université récemment formce a Londres meme olTre une oiganisation qui présente beaucoup d analogie avec la leur. Nous allons donc traiter ici de ces trois universités, sauf à revenir aux deux premieies, poui leurs édifices, lorsque nous décrirons les environs de la métropole. Nous allons parler d’abord de l’université de Cambridge, et ce que nous en dirons s’appliquera naturellement a celle d Oxford , si nous tenons compte de quelques ditférences, dont voici les principales : J.” l’université d Oxford est

plus attachée à la haute église anglicane et au parti tory, c’est-à-dire celui de l’aristocratie, que Cambridge, qui contient beaucoup plus de whigs ou de libéraux; 2“ à Oxford on n’admet pas un nombre d’étudians supérieur à celui que peuvent contenir les bâtimens de l’université, en sorte que le nombre des étudians est fixe. A Cambridge, au contraire, on permet aux élèves de se loger en ville, et leur nombre peut être illimité. Toutefois, dans les deux établissemens, il se maintient à environ cinq mille pour chacun; il y en a peut-être un peu plus à Cambridge; 3“ à Oxford, on oblige les étudians à souscrire en entrant les articles constitutifs de l’église d’Angleterre; mais à Cambridge on attend que les études soient finies, de manière que les dissidens et les catholiques peuvent compléter leur éducation à Cambridge, sans pouvoir prendre, toutefois, de degrés; au lieu qu’à Oxford ils ne pourraient faire ni l’une ni l’autre de ces choses; 4“ le cours des études à Oxford consiste presque entièrement en latin, en grec et en logique; au lieu qu’à Cambridge on cultive dans iinô égale proportion les sciences et la littérature. On laisse néanmoins à l’élève, le choix de ses études dans l’un et l’autre établissement.

Ij’ université de Cambrigde existe depuis une époque assez reculée dans l’histoire d’Angleterre; on la fait même remonter au siècle. Elle

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consiste aujounriiui en 17 coUéges, dont chacun est gouverne par ses propres statuts; mais toutes les affaires publiques se règlent en commun dans une assemblée appelée sénat, et qui se compose de tous ceux qui ont reçu le degré de maîtres-ès-arts, degré qui exige préalablement sept années de présence à l’université. Le sénat confère tous les degrés et élit les membres du parlement, au nombre de deux pour chaque université. Le même sénat rend les arrêtés ou décisions générales sur toutes les matières qui ne concernent pas exclusivement chaque collège particulier. L’âge d’admission des élèves est de 16 ans.

La première année est exclusi veinent consacrée à l’étude des classiques et des mathématiques; mais ensuite on se borne aux mathématiques et à la philosophie naturelle.

Chaque élève doit assister au service de la chapelle de son collège, 8 ou 9 fois par semaine, et paraître à la salle du dîner au moins 4 fois.

A la fin de chaque année, il subit un examen devant les supérieurs de son collège. Celui de la seconde année consiste dans l’explication des auteurs grecs et latins, et en dissertations sur l’évidence du christianisme.

Aucun autre examen n’est exigé pour les années suivantes, si ce n’est vers le milieu de la quatrième; il roule principalement sur les élémens d’Euclide,

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l’algèbre el les équations du second degré, six livres de l’Iliade d’Homère, l’Énéïde de Yirgilc, les démonstrations de Paley sur l’évidence du christianisme, et le livre de Locke sur l’entendement humain.

Ceux des élèves qui désirent obtenir ce qu’on appelle les honneurs, sont examinés seulement dans les mathématiques et la philosophie naturellej mais alors les questions sont poussées jusqu’au suprême degré. Tout se fiiit la plume à la main.

Le degré de maître-es-arts n’est accordé que trois années après, c’est-à-dire à la fin des études.

Cette série d’études pourrait au premier abord sembler un peu maigre, mais il faut se rappeler qu’il y a en outre des cours sur toutes les branches de connaissances, de manière que chaque étudiant qui désire cultiver spécialement une branche quelconque de science, trouve à Cambridge et à Oxford les moyens de le faire. Nous n’avons mentionné ici que l’instruction absolument nécessaire pour être gradué.

De notables changemens ont eu lieu, il y a une quinzained’années, dansl’étudedes mathématiques à l’université de Cambridge, comme à celle d’Oxford. Avant ce tems, le respect universel et pour ainsi dire fanatique que l’on portait à la mémoire de Newton, avait fait conserver exclusivement son livre des comme base d’instruction,

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en dépit des progrès modernes dans l’analyse; il a fallu coder devant les inconvéniens d’une instruction arriérée et abdicjuer la morgue nationale eu baissant pavillon devant le savoir des Lagrange, des Laplace et des Legendre. La conséquence de cette révolution scientifique a été de faire regagner aux adeptes anglais le terrain qu’ils avaient perdu; et maintenant ilscomraencent à se retrouver de niveau avec les études continentales, par le triomphe de la raison, qui a secoue le préjugé, surtout à l’égard des mathématiques.

Telles sont à peu près les études et la constitution de l’université de Cambridge. Nous avons déjà signalé quelques disparités entre cette université et celle d’Oxford; en voici encore quelques-unes, mais purement de détails.

L’université d’Oxford est plus ancienne que celle de Cambridge; elle prétend remonter au tems du roi Alfred. Cambridge 017 collèges. Oxford en a 25; Cambridge a un sénat. Oxford a ce qu’il appelle une convocation; à Caraliridge on étudie principalement les sciences, et à Oxford principalement la logique. Du reste, nous le répétons, l’organisation est a peu près identique dans les deux universités. Noyons s’il en sera de même de celle de Londres.

L’université de Londres dilfèrc des deux précédentes en cc que celles-ci ne sont, jusqu’à certain

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point, ouvertes qu’aux personnes professant la religion anglicane, et excluent ainsi défait la moitié des citoyens, tandis qu’elle admet toutes les religions indistinctement. Elle a été créée en i825, par une société de riches particuliers, de manière à demeurer indépendante, soit du gouvernement, soit du clergé. L’un de ses plus zélés fondateurs est le poète Thomas Campbell, qui écrivit à ce sujet une lettre au célèbre BrougViam, auquel on devait déjà tant d’utiles efforts pour l’instruction primaire.

Les actionnaires de l’université en ont confié la direction à un conseil de vingt-quatre membres pris dans leur sein. Il administre les finances et nomme les professeurs attachés à l’établissement. Dès la première année on y comptait 65o étudians dans les différentes branches de la médecine, de la J urisprudence et de l’éducation générale.

La durée des études est de quatre ans. Elles se divisent en trois classes : la première embrasse tout ce qui constitue une éducation libérale, c’està-dire l’étude des langues anciennes, de la littérature anglaise, des mathématiques, des sciences naturelles, de l’astronomie, de l’économie politique et de la chimie* la seconde a pour objet les connaissances d’agrément, comme les littératures italienne, française, allemande et orientale: la

troisième comprend les études particulières à cer-

LOi\r)iu:s.

tailles proiessioiis, comme celles du Ijarrcau, de la médecine, de Fanatomie, de la cliirurgie, et de l’applicalion de la cliimie el des autres sciences aux arts.

L’université de Londres admet les élèves de tout âge, pourvu qu’ils soient en état d’expliquer Virgile et Xénophon, et qu’ils connaissent le calcul décimal, ainsi que le français.

La théologie ne fait point partie des sciences que l’on y professe, puisque toutes les sectes religieuses peuvent y envoyer des élèves. L’établissement laisse aux familles le soin de faire enseigner aux enfans le culte qu’elles désirent.

L’université de Londres étant encore considérée comme une institution privée, on n’y reçoit point de degrés.

Pour contrebalancer l’influence de cette institution si favorable à toutes les classes de la société, l’aristocratie britannique a imaginé de fonder dans Londres même, un collège royal, où l’on enseigne aussi toutes les sciences, et au premier rang la théologie, c’est-à-dire les doctrines de la religion anglicane, qui est celle du gouvernement et de la majorité des Anglais. Il en résulte toujours que les anglicans, seuls, sont admis dans ce collège, et que l’exclusion des dissidens circonscrit le cercle des élèves, ce qui, nous le répétons, n’a point lieu à l’université nouvelle.

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Nous voici parvenu à la dernière partie du dernier paragraphe du présent chapitre affecté aux institutions britanniques, cette partie destinée à les mettre en l’elief, et qui a reçu le nom de presse périodique. Nous devons quelques développemens à ce levier de l’opinion, à ce télégraphe de la pensée, à ce fanal des connaissances humaines et des libertés publiques, à ce flambeau de la vérité, comme du mensonge, à cette presse, en un mot, dont tant de monde use et abuse, qui porte avec elle son remède, en guérissant d’une main le mal qu’elle fait de l’autre, et qui, en dernier résultat, dirige et hâte les progrès de la civilisation.

PRESSE périodique.

La presse périodique, ce panorama qui reproduit tout, le vrai comme le faux, le bien comme le mal, le plus petit incident comme l’affaire la plus grave, exerce une influence prodigieuse en Angleterre, où presque rien ne se fait en secret, où la moindre anecdote, comme l’événement le plus extraordinaire, se publie et se trouve répété par cent journaux de diverses couleurs, qui déploient leurs bannières chaque jour, chaque semaine, chaque mois ou chaque trimestre, sans parler des ouvrages de circonstance. Nous allons par-

courir successivement chacun de ces quatre degrés de publication périodique à Londres, métropole où la presse a plus ([u’ailleurs, ses courtisans, ses caprices, ses iniquités, ses ministres, ses palais, comme ses intrigues et ses faiblesses; car elle cède aussi plus d’une fois à la faveur et à la captation. D’adroits observateurs s’insinuant dans les coulisses, voient le jeu des machines et par quelles misérables rouages, au moyen de quels écrits et de quels artifices plus ou moins puérils, on réagit sur le bon public, lequel ne juge ordinairement que sur les apparences.

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