‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 76 sur 110 · ION DUES · texte numérisé non relu

ION DUES

du port de Londres; Société biblique militaire et navale, établie pour l’instruction spirituelle des armées de terre et de mer; Société biblique anglaise et étrangère, fondée pour répandre les Bibles traduites dans toutes les langues vivantes; Société hibernienne de Londres pour instruire la population ignorante et pauvre de l’Irlande; Société pour l’établissement de la paix perpétuelle, fondée par les quakers; Société continentale, sous l’inÜuence méthodiste; Société missionnaire pour l’intérieur de Londres, chargée de distribuer des Bibles cà la classe pauvre; Société pour l’instruction chrétienne de Londres et des environs; Société pour la protection de la liberté religieuse; Société chrétienne pour la conversion des juifs; Société juive pour la conversion des chrétiens^, etc., etc.

Cette indication déjà longue, et cependant très incomplète, donnera une idée de l’activité énorme de l’esprit religieux chez le peuple le plus protestant du monde. Nulle part aussi le clergé n’est mieux rétribué. Il jouit meme de revenus énormes, qu’il obtient par les dîmes. Il possède, en outre, et presque entièrement, ceux des établissemens de charité ; il touche encore les dotations affectées aux différentes chaires dans les universités ou dans les écoles publiques. D’immenses propriétés territoriales sont attachées aux sièges épiscopaux^ aux cathédrales et aux églises collé-

LONDRES

giales. Le clergé tire aussi un revenu considérable du casuel, des places de prédicateurs dans les chapelles royales, des vicariats, des taxes des villes, des oÜ'randes, du lover des bancs dans les non-

velles églises, des charges de chapelains dans les armées de terre et de mer, auprès des ambassadeurs, des corporations et des compagnies de commerce. Enfin, le clergé britannique a le monopole de presque toutes les charges lucratives dans les établissemens publics, comme celles d’administrateurs, de bibliothécaires, de secrétaires et autres. D’après une revue anglaise bien informée, la dîme produit près de cent dix-huit millions de francs; la valeur des terres de TÉglise excède cent soixante-douze millions de francs; les revenus des évêchés, trois millions sept cent cinquante mille francs; ceux des maisons de charité, cinquante millions de francs. L’archevêque de Canlorbéry, qui prend le titre pompeux de primat de la Grande-Bretagne, a un revenu de 82,000 livres sterling ou huit cent mille francs; l’évêque de Londres en a un de 100,000 livres sterling ou deux millions cinq cent mille francs, et celui de Winchester un de 5o,ooo livres sterling ou d’un million deux cent cinquante mille francs. Enfin, le revenu total du clergé britannique était, en . i83i, de neuf millions quatre cent neuf mille cinq cent soixante-cinq livres sterling ou deux cent

LONDRES

trente-six millions quatre cent quatre-vingt-neuf mille cent vingt-cinq francs, partageables entre 2G cvéques, 'yoo dignitaires, desservans,

5,098 curés, 3,687 "^^cariats et 2,970 églises non curiales ni vicariales; en tout 1 1,755 églises dans 10,674 paroisses.

Ces revenus énormes sont encore une anomalie choquante dans un pays si éclairé, le seul oiV rimmense richesse du clergé se soit perpétuée comme une preuve de l’asservissement de l’intelligence au moyen âge. Les moines de ces teins de superstition faisaient du moins des aumônes abondantes; mais lorsque Henri VllI eut proclamé, et que sa fille Elisabeth eut assuré le triomphe de la réforme, le clergé anglican s’empara des revenus et des biens de l’église, en laissant à la nation le soin de nourrir les pauvres. C’est alors que lut établie cette taxe onéreuse pour les paroisses, qui a permis d’avancer, comme nous l’avons déjà dit ailleurs, que la moitiédela population de l’Angleterre proprement dite, fait l’aumône à l’autre; taxe qui a depuis donné lieu à ce distique chanté par les pauvres eux- mêmes :

Hang sorrow aud cast away care,

The parisli is bound to fuid U3.(i).

(i) Que le chagrin aille se faire pendre, el au diable les soucis ; la paroisse est obligée de nous doimer du paiu.

LONDRES. 2(>9

PSe nous étonnons plus que la charité se montre sous tant Je formes diverses en A ngleterre, et particulièrement à Londres. Mais quittons ce sujet, que notre intention n’a pas été de traiter longuement, et arrivons à la troisième partie du chupi- Ire des institutions britaniiiques.

Page 1