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tannique, est le commerce des livres. Essayons d’en dire quelques mots.
Le quart des livres qu’on publie en Angleterre ne rend pas les avances faites par l’éditeur, et même il n’y a guère, suivant la Revue d’Edimbourg de i83i, qu’un huitième ou un dixième des publications qui soient réellement avantageuses, parce que le fisc prélève un droit considérable sur le papier et sur toutes les publications, depuis la simple annonce jusqu’au volume. Le produit net du droit sur le papier est par année d’environ 700,000 livres sterling, ou 17,500,000 francs. Le fisc prélève un droit de 3 scliellings 6 deniers, ou 4 b'- 55 c. sur toutes les annonces indistinctement, et le produit annuel de ce droit dépasse 175,000 livres sterling, ou 4>375,ooo fr. Dans un tirage de 5oo, 700 et même 1,000 exemplaires, le rapport des taxes à la somme des frais est de 1 à 5, c’est-à-dire que les taxes composent le cinquième, ou 20 p. 0/0 de la totalité des déboursés. On perçoit sur les ouvrages importés en Angleterre, pour les éditions antérieures à 1801, avec ou sans reliure, 25 fr. pour cent livres pesant, et pour les éditions postérieures, 125 francs pour cent livres. Ce droit, en i83i, a excédé 3oo,ooo livres sterling, ou 7,5oo,ooo fr.
Le relevé des douanes de France et d’Angleterre a donné, pour 1882, les chilïres suivans,
savoir ; Exportations en livres de France pour l’Angleterre : poids, 8z'[,954 kilogrammesj valeur 435,328 francs. Exportations d’Angleterre pour la France : poids, 19,682 kilogrammes; valeur, i3i ,3 18 francs.
Le nombre des volumes exportés chaque année de France pour l’Angleterre est d’environ 400,000, tandis que la l'rance ne tire d’Angleterre que 80,000 volumes par au. H est vrai que si l’Angleterre demande à la France une plus grande quantité de volumes que cclle-ci n’en ré-r clame d’elle, c’est que la France sert en grande partie d’intermédiaire au commerce de librairie qui se fait entre l’Allemagne, l’Italie et l’Angleterre, et que la France expédie à cette dernière non-seulement des livres français, mais encore des ouvrages italiens et allemands. En outre, les éditeurs français réimpriment beaucoup d’ouvrages anglais et les revendent à meilleur marché que les ouvrages anglais, qui, d’ailleurs, sont aussi pour la plupart traduits en français, ce qui fait que sur le continent on se passe bien souvent des originaux.
En terminant ce chapitre sur l’industrie et le commerce de la Grande-Bretagne, disons que pour parvenir à établir en général entre elle et la France des rapports commerciaux avantageux aux deux nations, il semblerait indispensable
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tl’adopter de nouveaux tarifs, uniquement bases sur leurs interets réciproques et privés, en faisant disparaître tout soupçon d’égoïsme ou de ruse diplomatique. Plusieurs économistes pensent qu’il faudrait exempter de tout droit les matières premières destinées aux opérations industrielles, les articles étrangers indispensables à la vie , et ne frapper de la taxe des douanes que les ol)jets purement de luxe ou de fantaisie; mais ce grave sujet demande, pour être bien traité, de vastes connaissances et des lumières pratiques ; il est trop au-dessus de nos forces, et nous l’abandonnons à la méditation des hommes d’état et des économistes des deux pays. Nous n’avons voulu présenter ici que les résultats ou produits des principales branches industrielles et commerciales de l’Angleterre et de sa métropole; d’autres écrivains plus habiles donneront les théories et les applications. En ce qui nous concerne, nous répéterons avec le poète :
Que ne puis-je franchir celle nol:)le barrière!
IMais peu propre aux eü’orls d’une longue carrière.
Je vais jusqu’où je puis;
Et, semblable à l’abeille en nos jardins eclose,
De differentes fleurs j’assemble el je compose Le miel que je produis.
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