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rcceiiles ù Londres; il n’y en avait pas un seul en i8i4 : aujourd’hui, J 834, trouve dans
prescjue tous les quartiers de la métropole. Le premier de ces établissemens qui ait été créé est celui de Soho-Square; il corjsiste en un rez-dechaussée et deux étages, dans lesquels qoo femmes, plutôt demoiselles que mariées, surtout jeunes et jolies, alln d’attirer les acheteurs, sont journellement occupées à la vente d’articles de mode ou de fantaisie de tout genre, comme joyaux, montres, inslrumens d’optique, parfumerie, papier, plumes, crayons, encre, livres, peintures, robes, colifichets, et même des pâtisseries.
Ce Bazar est ouvert tous les jours, excepté les dimanches et les fêtes. Les salles et les galeries sont tapissées en rouge et garnies de comptoirs en acajou. Ce qu’on appelle un comptoir dans le Bazar, est une partie du haut, mesurant un espace de 4 pieds en longueur, pour laquelle chaque locataire paie 3 deniers ou 3o centimes par jour; mais généralement plusieurs comptoirs sont loués par la même personne.
Un Bazar sur une grande échelle est ouvert dans Baker - Street, Porlman - Square, pour les équipages; il en existe un semblable dans Uingstrect, où l’on vend également des chevaux, par commission. Les voitures sont l’angées de manière â border plusieurs allées ou galeries d’une
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longueur prodigieuse, éclairées le soir par le gaz. Les boutiques sont numérotées et sont en quelque sorte une exposition publique permanente de produits de l’industrie anglaise. Dans King-street, les voitures sont également numérotées, car elles appartiennent, pour la plupart, à des particuliers qui les ont envoyées en ce lieu pour s’en défaire. On envoie de même les chevaux dans des écuries attenantes à l’établissement. Le premier étage est garni de meubles. Les bâtimens occupent trois acres ou arpens de terrain.
Yoilà deux ou trois des innombrables bazars de Londres : les boutiques ne sont pas moins dignes d’attirer l’admiration de Tétrangerj car en Angleterre, et particulièrement à Londres, tout est colossal. Mais il ne faudrait pas se tromper sur la signification des termes : En France, une boutique de lo pieds carrés sera par le marchand décorée du titre de magasin; le marchand et meme le boutiquier se proclameront négocians ; mais en Angleterre, un magasin de loo pieds de profondeur s’appellera boutique; les commis d’un marchand millionnaire seront des apprentis, et leurs appointemens des gages.
La richesse, l’élégance, la propreté et la grandeur distinguent les boutiques de Londres. A l’arrivée d’un étranger dans cette capitale, leur magnificence les captive; celles des orfèvres, des
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joailliers, des drapiers et des marchands de cristaux et de porcelaines, attirent d’abord son attention. Souvent une simple devanture lui offre une collection d’objets précieux, dont la valeur paierait une principauté d’Italie ou d’Allemagne; il semble que de tels objets ne puissent être achetés que par des monarques, et l’étranger se demande comment le marchand pourra se défaire de tels articles. La boutique d’un orfèvre étalera, par exemple, des services de vaisselle plate d’une merveilleuse richesse, des vases et des plateaux d’un travail exquis; dans la longueur du magasin, vous remarquerez des morceaux d’or et d’argent, des candélabres, des tliéiéres et autres ustensiles d’or et d’argent massif.
Entrez dans un magasin de soieries dont le capital excède 200 millions de livres sterling, ou 5 milliards de francs : il est divisé en compartimens ou sont classées les diverses marchandises, et où se trouve placé un corps spécial de jeunes commis, dont le nombre, pour tout l’établissement, est quelquefois de plus de cent, tous logés dans le bâtiment, au-dessus des magasins, et chacun recevant un salaire proportionné a son talent ou à son rang. Chacun a son lit particuliei’, mais tous prennent leurs repas en commun, par (létachernens, â des heures fixes, de manière a ne pas entiaver le service. Chacun a un numéro
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qui lui assigne sa place à table, clos que ses pratiques ont terminé leurs alFaires avec lui. La cloche du dîner appelle tour-à-tour chaque escouade, jusqu’à ce que toutes aient pris part au banquet du matin ou du soir. 11 y a aussi des momens et des moyens de lécréation dans l’établissement : il possède une bibliothèque et reçoit des journaux: et des revues qu’on peut lire aux heures de la soirée. Ainsi, depuis le matin jusqu’au soir, tous les individus attachés à rétablissement, restent soumis au contrôle et sous le regard du maître, qui, d’ailleurs, a en outre des inspecteurs chargés de parcourir les salles et les comptoirs, de veiller à la conservation des marchandises, et à ce que les chalands males et femelles soient accueillis avec toute l’urbanité désirable. Un seul caissier reçoit à son bureau l’argent des acheteurs, et le propriétaire réalise parfois jusqu’à 20,000 livres sterling par année, comme aussi il peut sc ruiner en peu de tems, si la vogue vient à l’abandonner, danger qu’il s’efforce de prévenir, en renouvelant fréquemment ses marchand ses, qu’il ne garde pas souvent au-delà de quinze jours.
Ces renoLivellemens perpétuels et frécjuens ont surtout lieu chez les tailleurs. S’ils ont un habit passé de mode, ils l’envoient vite à des boutiques de détail, où ces habits que, dans l’origine, on vendait six guinéesoii i56 francs, n’est plus côté que
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pour un tiers de celte valeur. A une autre boutique, ce même habit, après avoir vêtu un second propriétaire, sera réduit au pnx de 20 schellings ou 24 francs, et reprendra encore quelque apparence sur le dos d’un jeune parvenu fashionable qui le portera Juscju’à ce que les coutures se montrent et que son lustre ait disparu. Alors le même habit s’en ira chez un juif ou colporteur qui l’aura obtenu pour 6 ou 8 schellings, et après l’avoir retourné, le métamorphosera pour un apprenti en frac moderne avec collet de velours et nouveaux boutons^ enfin, revenu encore dans la friperie israélile, au prix de 2 ou 3 schellings, il sera converti en une veste garnie de boutons de métal, et reparaîtra pour terminer son existence sur le dos d’un jockey, d’où peut-être, apres avoir été jeté dans le gouffre de l’oubli, il en sera, comme un revenant ou fantôme, retiré un instant pour une mascarade ou un épouvantail. Un seul article d’industrie mercantile aura donc ainsi passé par les mains d’une douzaine de maîtres qui tour-à-tour l’auront usé, chacun suivant le degré de sa fortune dans une grande ville, lorsque partout ailleurs, comme le remarque avec raison une revue anglaise (1), il n’eùt servi qu’à deux personnes au plus.
(1) Chamher’ s Edimbourg Journal, i854.
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Terminons cet article des bazars et l30utiques par un mot sur les marchés de Londres, car ils sont encore un mode de vente des denrées ou marchandises.
Les principaux marchés de Londres sont conçus d’une manière ingénieuse et grandiose. En général chaque corporation a son hôtel à part, un heu de réunion accoutumé, un grand marché à elle, un calé, des bureaux, un petit ministère particulier. Les marchands de blé ont lait construire une double galerie couverte, soutenue par des colonnes surmontées de gerbes de blé, et entourées de petits bureaux sur chacun desquels est écrit le nom du locataire. Trois fois par semaine le marché est ouvert, et chaque négociant arrive à cette espèce de halle, analogue à notre halle au blé de Paris, avec 5 ou 6 sacs d’échantillon de blé qu’il expose sur un comptoir. Les acheteurs qui se présentent traitent de chaque sorte sur la seule inspection de ces échantillons, qu’ils emportent comme garantie, après le marché conclu. De longues sondes terminées par un entonnoir à ressort pénètrent dans les couches de blé qui se trouvent à bord des navires et vérifient la bonté de la marchandise. Les marchands ont une salle de réunion renfermant tous les journaux concernant les grains et les mercuriales des principaux marchés de l’Europe. Des cartes étalées sur des tables indiquent
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les positions géographiques des lieux à céréales, les prix courans d’assurances sont affichés, et un cadran, qui, du plafond, communique avec la girouette du toit de l’édifice, annonce le vent qui règne; de manière que le marchand peut en moins d’une demi-heure acheter une cargaison, la faire assurer, et l’expédier avec la certitude qu’elle ne sera point retardée par un vent contraire.
Comme les marchands de blé, les marchands de charbon, réunis dans un local à eux, font leurs marchés au moyen de connaissances ou certificats légalisés par des experts jurés des lieux de provenance, indiquant la quantité et la qualité du charbon de terre expédié, le navire qui le porte et le jour probable de l’arrivée.
Les sucres, les cafés, le rhum, le riz et les épices se vendent de la même manière dans des magasins particuliers, situés près des bureaux des courtiers, et les courtiers de chaque marchandise habitent le même quartier, la même rue, afin que le vendeur puisse les trouver promptement et traiter de même, à l’inspection des échantillons étiquetés et placés sur des tables où chacun a le droit de les goûter. De semblables échantillons sont exposés dans des magasins plus en grand autour des docks dont nous avons parlé.
Un dernier article que nous pouvons encore comprendre dans le chapitre de l’industrie bri-