LE FAUBOURG SAINT-AXTOIXE
Le faubourg Saint-Antoine est aux antipodes des Tuileries. Les laborieux habitants de celte contrée ne descendent à Paris que les jours de révolution et les jours de feux d'artifice.
LA CHAI'SSÉE-d'aXTIN.
Dans la Chaussée-d'Anlin , on fait sa fortune ou on la défait; dans le faubourg Saint-Germain on la conserve. Là-bas, c'est l'arislocratie de la Bourse, comme ici c'est l'aristocratie de la naissance. La Chaussée-d'Antin renferme deux églises curieuses , celle des madeleines et celle des lorettes. On y va beaucoup ; mais on va encore davantage à l'Opéra, qui est a. peu de distance. Cela se comprend : dans les églises, il y a des prêtres; à l'Opéra, il y a des prêtresses.
Toutefois, l'opéra des gueux, c'est toujours l'église.
LE marais.
Le Marais , comme l'ile Saint-Louis , esl une province perdue , un monde d'un autre âge , qui ne croit pas à l'obélisque ni aux chemins de fer. Il n'y a pas cent ans que, selon Mercier, les naturels du pays n'apercevaient que de loin la lumière des aris. « Le Alercure de France était mis sur la dépense avec les ba-
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lais; et ce compte regardait le portier. " Le Mercure ayant cessé de paraître , il faut en tirer un augure favorable aux habitants du Marais.
Il a dans ce merveilleux pays diverses manières de voyager par terre et par eau ; il y a même des ciieniins de fer, mais seulement établis pour les relations extérieures. Le voyage par eau se fait tantôt en nacelles, tantôt en ])aleaux à vapeur : ce voyage n'est guère utile, excepté pour aller du Jardin des Plantes aux Tuileries. Le voyage par terre est Irès-facile ; on trouve à chaque pas de grandes voilures qui vont partout, mais qui ne vous couduiseni jamais où vous voulez aller. Il est vrai que l'on peut aller à pied , mais en disant, comme le spirituel Louis XV : Si j'étais lieutenant de police, je défendrais les cabriolets. En effet, cette manière de voyager devient presque impossible : les voilures ayant le milieu du pavé et défilant sans cesse , le piéton ressemble beaucoup à ce paysan de la fable attendant, pour passer la rivière, que l'eau ait fini de couler '.
LITTÉRATURE XATIOXALE.
La litléralure nationale du pays doit frap])er bien vivement les étrangers, car elle s'étale sans vergogne sur toutes les murailles; ce sont des pages de papier où tout le monde veut signer son œuvre, depuis le gamin qui va à l'école jusqu'au plus grave réformateur. L'écrivain le plus connu , c'est Charles-Albert.
CHANSOXS.
Ma/arin disait : « Ils cantent ! eh bien ! laissez-les canler ; s'ils cantent, ils payeront; » aujourd'hui on ne chante plus, mais on paye encore.
' Jcnn-Jiu(iui's Roussoau fui n'iivci'sé en 1756 par nu (■norme tliicn qnl préccdail une hcrline. !,(■ inaîlrc de l'équipage pa.ssa sans sourciller, ne rouant jjuère (pie le chapeau (In philosophe. Le lendemain , ayant appris qu'il avait failli tuer le citoyen de Genève, il envoya son laquais demander au hless(< ce qu'il pouvait faire pour lui. i. Tenir d(-sorniais son chien à l'allache, t rcpondil Jean-.lac(pies lioussean.
VOYAGE A MA FEXKTRE.
LES CHEMINEES.
Pays de gloire et de fumée ! Les cheminées y sont en trop grand nombre — non pas les jours d'hiver, mais les jours d'orage.