ACADÉMIES
Rien ne fait vivre plus longtemps que le ridicule. Ce qui manque aujourd'hui h l'Académie française , ce n'est ni Lamennais , ni Déranger, ni la phalange radieuse des jeunes esprits; ce sont les épigrammes de Piron.
A l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'esprit ne vit que de ce qui n'est plus. On admire beaucoup les tableaux d'Apelles et de Zeuxis, parce qu'on ne les a jamais vus. Aussi, sur la tombe de tous les membres de cette Académie, on grave toujours ces vers de Piron :
Ci-glt un antiquaire opiniâti'e et brusque :
Il est esprit et corps dans une cruche étrusque.
SUR l'esprit du peuple.
Tout l'esprit dû monde est à Paris. Les Parisiens sont le peuple le plus spirituel du globe; mais, comme a dit Alonlaigne, il faut à toute heure lui désenseigner la sottise.
Il y a le Parisien qui naît à Paris, le Parisien par excellence; celui-là voit le monde par un trou ; il étudie le cœur humain , le sien et celui de sa voisine aux théâtres des boulevards. Il croit à tout : on lui cria un matin d'ouvrir sa fenêtre jwnr voir passer lérjuinoxe porte sur un nuafje ; — il ouvrit sa fenêtre. — -