‹ Voyage à MadagascarChapitre 20 sur 91 · I.MEHINA · texte numérisé non relu

I.MEHINA

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rare, la paille serl de c bustible. Le li a déposé par les eaux el les détritus organiques amenés des

hauteurs par les pluies de l'hivernage enlretiennenl suffisamment la fécondité des rizières.

Dans l'Imerina, les principaux centres de production du riz sont dans les environs de Tananarive, la plaine de Betsimitatatra el les vallées de l'Andromba el du Fisaona, et, dans les environs de Betafo et d'Antsirabe, les vallons arrosés par les eaux de l'Andrantsay el de l'Ambavàlo. Ces trois régions pâraissenl les mieux cultivées de la province; le poids de la récolte est, dans les meilleures années, de cinquante l'ois celui de la semence. L'Imerina produit le ri/ nécessaire à la consommation de ses habitants, qui n'ulilisenl d'ailleurs qu'une partie des terrains propices à ce genre de culture; En effel les Antimerina ne peuvent songer à exporter celle marchandise de peu de valeur el qui es! incapable de supporter jusqu'à la côte un onéreux transport à dos d'hommes

Antsirabe doit son nom à des dépôts que laissent 'les eaux thermales. C'est à l'ouest du village, dans

i lénivellati lu terrain, que jaillissent les sources. Les premières que l'on rencontre à la naissance

de ce petit vallon sont à une température de 37° centigrades; elles ont été captées et dirigées dans une maisonnette pour y être utilisées. Ce sont les missionnaires norvégiens établis à Antsirabe qui ont fait avec beaucoup de soins ces modestes travaux, premiers essais peut-être d'une station balnéaire à Madagascar. Oui sail ce que l'avenir nous réserve! Plus loin, on voit sourdre d'autres sources froides ou chaudes; parmi ces dernières quelques-unes, qui dépassent 16° centigrades, alimentent deux ou trois réservoirs où viennent se baigner les infirmes <lu voisinage. Les eaux thermales d'Antsirabe. 1res riches en sels alcalins, sont surtout bicarbonatées sodiques ; elles ont formé dans la vallée une couche assez épaisse de dépôts calcaires. Les indigènes reliraient autrefois par l'évaporation de ces eaux des sels de soude et de potasse; cette industrie esl abandonnée aujourd'hui; à ce mélange salin peu agréable au goût, ils

préfèrent le sel commun qui leur vienl d'Europe, lui revanche, l'extracti les pierres à chaux continue;

les travertins el les tufs calcaires qui environnent les sources fournissent de lions matériaux.

La chaux n'est pas commune à Madagascar et il esl très difficile de s'y procurer surtoul dans l'intérieur cet élément essentiel de toute construction solide et durable. Je n'ai rencontré de [lierres à chaux de formation sédimentaire .pie dans les environs de Mojanga, entre les villages d'Ambatolampy et de Morompa; partout ailleurs, il faut avoir recours à des depuis marins ou à des noyaux calcaires que l'on trouve dans les roches massives. C'est ainsi que sur les celles orientales, mieux partagées sous ce rapport, on utilise les roches coralliennes qui forment partout des récifs étendus, tandis que dans le centre de

l'île il faut se contenter des cipolins qui existent par exemple dans le sud-est de Tananarive ou des tufs calcaires d'Antsirabe. Pour faire la chaux, les Anlimerina se servent de fours en briques; le combustible employé est généralement la tourbe que l'on trouve en abondance dans certains vallons marécageux, surtout à l'est de l'Imerina. C'est avec la même matière que l'on cuit les briques nécessaires pour les constructions modernes de la capitale et des agglomérations importantes de la province. Les Anlimerina fabriquaient autrefois des briques et des tuiles de qualité inférieure, ils leur donnaient souvent des dimensions fort variables, ce qui rendait impossible tout travail régulier. Aujourd'hui, ils ont appris à se servir de moules où ils compriment l'argile ramollie, de sorte que leurs produits sont devenus plus uniformes et plus solides.

11 v a dans le village d'Antsirabe un certain nombre de prisonniers. Les condamnés aux fers que j'avais déjà vus à Ivondrona où ils cultivent les plantations de cannes à sucre du premier ministre, et à Tananarive où ils entretiennent tant bien que mal' les voies publiques, sont employés ici à l'extraction des pierres à chaux. La peine des fers punit dans l'Imerina les crimes et les délits; sous l'influence des Révérends, on l'a même appliquée pour réprimer l'ivresse publique. Voici en quoi elle consiste. Le condamné, homme ou femme, porte au cou et aux chevilles des anneaux de fer rivés, un maillon ou une barre allongée part de chacun d'eux cl va se fixer sur une maille unique à mi-hauteur du corps. C'est la grande chaîne. Le patient ne peut se mouvoir qu'avec peine, il marche à petits pas et doit toujours soutenir ces fers d'un poids considérable; malgré les chiffons ou les bracelets de cuir dont il entoure ses chevilles, il est blessé constamment par les anneaux inférieurs. Quelquefois pour une faute moins grave ou moyennant rançon, les barres sont supprimées; les anneaux du cou cl des chevilles restent seuls, c'est la petite chaîne. Enfin, chez les condamnés de caste noble, les attaches rigides sont remplacées par des ficelles de chanvre; pour eux le fer est fady. Comme tout fonctionnaire du gouvernement antimerina — et l'on me pardonnera ce rapprochement, il n'est peut-être pas inexact dans certains cas, — le condamné aux fersdnil subvenir lui-même à tous ses besoins. Aussi ces malheureux emploient le temps dont ils peuvent disposer à faire dans le village quelques petits travaux pour gagner leur nourriture ou à implorer la charité publique.

Le 19 mai, je quittais Antsirabeel descendais la vallée de l'Amboavalo. Avant de continuer vers l'ouest mon itinéraire à travers les pays volcaniques, je voulais visiter Ambohiponana, dernier village important du sud de l'Imerina. La roule est fort belle ; nous sommes dans une vallée ou plutôt dans une vaste plaine allongée du nord au sud et bornée au levant et au couchant par de hautes montagnes. La

terre est noirâtre et semble fertile,

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