C. CAVIVM RVFVM II. YIR
PHOEBUS CYM EMPTOIIIBYS SYIS ROG.
PJiœbiis et sa société , supplient Olconius Vriscus •, et C. Coi^ius Rii/us , duumçii\
Je n'en disconviens pas, plusieurs inscriptions
étaient véritablement tracées pour cet objet ;
mais que répondra-t-on, si je démontre que
d'autres maisons ne portaient que le nom du
propriétaire au nominatif, comme
Q. HIL. SABINUS.... FORTYNATA.... C. 1. P. H. YIR. AEQYANUS
et tant d'autres encore? et s'il n'y a pas une seule maison qui n'ait son inscription? pouvonsnous croire que, dans toutes les halîitations, il y avait des motifs de réjouissances ou de félicitations qui se manifestaient par des inscriptions ?
Elles servaient donc sans contredit à faire connaître le nombre des maisons, à dénommer leurs habitants, comme nous l'avons exprimé d'abord , et les épigraphes faites en faveur de certains particuliers sur d'autres maisons que les leurs , pouvaient avoir pour motif de les proclamer et de les désigner à la reconnaissance publique.
Arrivé à l'entrée de la ville, et un peu fatigués de notre course, nous nous assîmes sur quelques degrés de marbre , qui sont en avant des bains prés la porte de la ville, à main gauche. De là, fixant mes regards sur une de ces inscriptions qui me paraissaient si merveilleuses, je me tournai vers le chevalier et lui dis : Ces » caractères rouges, formés avec le pinceau, » que nous voyons sur le frontispice des mai- M sons, doivent étre^mis au nombre des monu- » ments les plus curieux de Pompéi. Dans » quelle autre ville du monde trouverait-on des » inscriptions du même genre, et d'une aussi » haute antiquité? nous avons bien les manus- » crits de Papyrus , que l'on déchiffre de jour » en jour avec un art admirable (i) -, ils sont
( I ) Les volumes de Papyrus trouvés au nombre de plus de 800, nous mettent dans l'attente des plus utiles découvertes. Qui en effet ne serait pas rempli du désir de se procurer, par ce moyen , les ouvrages des anciens dont il ne nous est
» composés de l'écriture la plus antique qui soit » parvenue jusqu'à nos jours. Le recueil le plus » rare, contenu dans quelque bibliothèque que » ce soit, ne peut leur être comparé sous le » rapport de l'antiquité, car nous n'avons pas » de manuscrit qui remonte au-delà du deu- » xiéme siècle de l'ère vulgaire; c'est la date » qu'attribuent les plus savants bibliographes
rien resté ou de compléter ceux dont nous n'avons que des fragments. Jusqu'iciil est vrai, nous nepossédons encore qu'un lio.ité de musique de P/ii/odeiiues, traduit du grec en latin, par les académiciens d'Herculanuni, enrichi de notes fort longues: tel est le premier tome publié. Le second contient un ouvrage d'Epicure, sur la Nature , en grec , mais que l'on a traduit et commenté , el un fragment d'un poëme latin sur l'Expédilion de César en Egypte y que l'on attribue au ce èbre poëte Varias. Outre ces ouvrages il y en a encore un grand nombre d'autres provenant également de Papyrus, déroulés et traduits, mais dont la publication n'a pas encore eu lieu.
11 ont été trouvés dans une maison de campagne d'Herculanuni , qui correspond sous le jardin du couvent des Augustins, à Portici.Ces manuscrits n'ont pas plus d'un palme de hauteur, et plus il sont en charbon, pi a s il est aisé de 1. s dérouler. La machine ingénieuse de l'invention du père Piaggi, dont on se sert pour opérer cet effet, et que JFinkehnann et Lalande ont décrite a été offerte à nos regards au Musée-Pioyal.
Chaque feuille de Papyrus est collée à une autre, et celle-ci à une autre encore, jusqu'à treize palnus de longueur; ou en voit au reste de toute dimension L'écriture divisée en quantité de colonnes comme seraient nos volumes in-douze eu feuilles , est sur une seule face du Papyrus; entre chaque volume les séparations sont marquées par des lignes. Chaque volume était replié sur un tube en os, en sens opposé à celui qui lit. Au dedans de ce tube jouait un cylindre pour tourner et retourner le volume sans toucher les pages.
» au manuscrit /««rew^m de ^i ?gile , qui ipasse M aux 3'^eux de beaucoup d'érudits^ et particulié- » rement de Bunnann pour le plus ancien de » tous, et cependant ces inscriptions que nous » lisons sur les murs de Pompéi, ont un mérite » que n'ont pas les Papyrus si justement célèbres; » c'est d'être tracées avec des caractères très- » grands et cubiques, de telle sorte, qu'on » aperçoit le profil, le clair obscur dies lettres, » et enfin toutes leurs formations particulières, M que l'on ne peut apprécier dans les écritures » des Papyrus, et dont nous ne nous serions pas » doutés sans cette nouvelle découverte : Et » nous apprenons également par elle, l'emploi M que les Latins faisaient indistinctement des ca- » ractères osçues. 11 est certain que des ins- » criptions en caractèrgs latins, osques ou sarti- » ni te s , sont communes parmi les monuments » que nous possédions déjà; mais ces inscriptions » sont gravées au ciseau et non pas écrites. La M sculpture ne nous apprend pas comment on » savait écrire alors, quels étaient les traits des »" lettres, la diversité de leur grandeur, les » abréviations, les chiffres, l'entrelacement » d'une lettre dans une autre... tout cela n'est » pas de grande importance -, mais c'est de ces » minuties pourtant que se compose l'histoire
» des beaux arts. Remarquez cet M, comme » il se termine par deux angles étroits et » aigus, tandis qu'il est large dans sa base. L > La lettre E est composée d'une ligne perpen- » diculaire , et les trois petites bgues qui la tra- » versent, sont à peine apparentes. Voyez cet » 0, ce G , cet N, dans lesquels on remarque » les mêmes profils que ceux que nos tachigra- » pbes leur donnent^ le trait tantôt forme un » délié, et tantôt un plein. Il serait trop long n d'analyser chaque lettre. Ces inscriptions sont » à mon avis un monument fort curieux. » Le chevalier se leva alors, et, voulant accroître mou admiration, venez, me dit-il, et occuponsnous entièrement de cet objet, .puisqu'il vous intéresse si fort. Je ne vûus montrerai pas les inscriptions qui reposent sur le frontispice des portes de chaque maison -, elles sont sous vos yeux, et d'ailleurs nous aurons occasion, plus tard , de les vérifier en détail -, mais ce que je veux vous faire voir, et qui vous surprendra davantage , ce sont les manifestes , les affiches , les avis au public , qui sont écrits sur les murailles avec ce même caractère rouge. Ce sont des annonces de fêtes, de chasses, de jeux scéniques, ou de gladiateurs-, des programmes de vente ou de location, dont le magistrat de Pom-
péi ou le particulier donnait avis au public , indiquant le jour, l'heure, et spécifiant toutes les particularités pour fixer la résolution des lecteurs. En nous entretenant de tous ces objets, Philottette me conduisit par différents chemins, dun côté et d'un' autre, en présence d'affiches tout-à-fait semblables à celles dont nous nous servons pour attirer le public -, et certes je ne me doutais guère d'eu trouver de la sorte appliquées aux murailles des anciens.
Au côté gauche de la porte de la ville , en entrant, on en lit une ou plutôt deux qui concern-ent les combats de gladiateurs, la chasse * et les voiles que l'on place au-dessus du théâtre. Ces affiches ne sont pas complètes, mais ce que le temps n'a pas détr-uit suffit bien pour en faire connaître le motif.
PYGNA MALA Y. NON. APRIL. VENATIO.
Combat et chasse pour le 5 des nones d'à- h rril^les mâts seront dressés.