‹ Voyage à PompéiChapitre 20 sur 31 · C. CVSPIO. C. F. PANS4E · texte numérisé non relu

C. CVSPIO. C. F. PANS4E

POATJFICI n TIR. I. D.

EX D. D. PEC. PVB.

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Dans ce lieu devait être aussi la statue de Scaurus , comme son inscription sépulcrale que nous avions lue l'indiquait 5 mais nous ne la trouvâmes pas.

Une preuve non équivoque que c'était ici une place publique de Pompéi, c'est que nous y trouvâmes une grande masse de pierre de tuf, qui a la figure d'un parallélogramme^ dans laquelle sont incrustées, dans autant de formes creuses et rondes, les mesures publiques des liquides et des solides. On en voit de cinq dimensions différentes , outre quatre qui sont chacune dans les angles sur le bord de la pierre. L'inscription suivante, aujourd'hui placée au Musée-Royal, se lit sur cette pierre :

A CLODIYS. A. F. FLACCVS NARCAEYS N. F.

ARELLIANUS CALEDYS ( i ) p. Y. I.D.MENSURASEXAEQVAOTASEXDEC. DECR-

C'est-à-dire q\iAuîus Claudius Flaccus ,Jils

. (1) Voilà un des monuments les plus célèbres de l'antiquité : le quartier de tuf est long de huit paliues et demi, et large de deux et demi; cbacune des profondeurs composant les cinq mesures est en ligne droite avec les autres dans le milieu du massif, et a son ouverture par dessous pour pouvoir retirer les graines sèches qui auraient été présentées au mesurage. Ce trou est gai'ni d'une pièce en bronze qui se tire quand on veut l'ouvrir, et qui se pousse quand on veut le fermer. Voilà bien la

d'Aulus, et Narceus Arellianus Caledus ,Jils de l^arceus , duumvirs préposés pour rendre la justice ^ furent chargés, par décret des Décurions , d'étalonner les mesures publiques.

On sait bien que dans les colonnies comme à Rome les poids et les mesures publiques étaient déposés dans \q forum sous la surveillance des «diles et des duumvirs.

Aujourd'hui toute l'activité des fouilles s'est I portée dans la partie orientale de ce forum. On 1 y découvre des voûtes en demi-cercle qui en bordent les contours-, des niches élevées et étroites -, des socles indiquant des piédestaux. Ily

preuve que les cinq formes concaves servaient pour les graines sèches ; les quatre petites profondeurs qui étaient aux quatre angles de la même niasse de tuf, ayant leurs ouvertures par le côté, servaient à jauger les liquides. 11 fautdir« aussi que les cinq profondeurs du milieu avaient chacune leur inscription qui paraissaient avoir été détruites par les Pompéiens même. Peut-être y aurait-on lu le nom de chaque mesure? Quelques fiches en bronze scellées avuc du plomb, ,i incrustées près des ouvertures, nous ont fait penser f[ue chacune d'elles avait eu son couvercle. Outre ce module de mesure publique, on avait encore découvert d'autres objets de la même utilité, tels que deux petites tables l'une sur l'autre, qui dan! leur surface laissaient voir aussi trois incavafions C3'lindriques de même nature que celles que nous avons décrites. De cesj deux petites tables , l'une a été transportée au Musée-Royal , l'autre a été laissée accotée à la muraille à la droite duforU0i|i au lieu même ou toutes lurent trouvées- "

*79 avait donc encore là des statues de marbre, outre celles qui ornaient le sol de la place -, et ces statues, placées dans l'encadrement des demi-cercles de l'architecture, devaient ajouter à la décoration du forum. En fouillant le terraui, on s'aperçoit qu'il a déjà été pratiqué; preuve certaine des visites antérieures, et qui expliquent comment on ne trouve plus que des fragments de statues antiques. Après avoir parcouru cette place publique eu diiférents sens, nous nous sommes réunis dans une rue qui sépare un temple, dont l'aspect est trésnoble, de la basilique pompéienne. Nous visitâmes dabord le temple à main droite de la rue, et nous nous arrêtâmes un moment à son aspect pour bien en comprendre l'ensemble. Boiiuci voulut bien complaisammènt nous accompagner; c'était lui qui venait de le faire décombrer. Par la grandeur de son entrée et de ses décorations extérieures , il nous sembla que c'était le plus noble et le plus élégant que Ton puisse voir à Pompéi. Cet architecte nous fit observer sa construction : elle se compose dabord d'un portique circulaire , appu3'^é d'un côté aux murs du temple , et de l'autre à dix-sept colonnes latérales, et à neuf sur la façade, en y comprenant celles des angles -, le péristyle s'étendait sur les

quatre côtés du temple, qui avait deux cent six palmes de long et cent vingt de large -, le compartiment du milieu était un hjpœthron , c'est-à-dire un intérieur découvert; et l'on y voj^ait encore les conduits dans le sol qui servaient à faire écouler les eaux de pluie qui tombaient de dessus le portique. Le chevalier remarqua dans ce temple le même caractère d'architecture qui régne dans presque tous les édifices^publics de Pompéi.

Au-delà de Xhypœthron est un sanctuaire isolé, composé d'une chambre carrée, petite et couverte, dont les murs latéraux subsistent encore, et plusieurs conduits pour les eaux en brique , terminés par des figures grotesques. Le pavé de cette chambre présente un beau travail en mosaïque de différentes couleurs, avec des bordures de marqueterie de même nature , mais dont les pièces sont plus petites encore. Au fond on voit le piédestal où était placée la divinité; quinze gradins conduisent à sa base-, ils sont en pierre de travertine (1)5 OR en voit encore d'entiers; le tremblement de terre a visiblement ébranlé les murs et dérangé ces gradins. Nous vîmes bien que ce sanctuaire

(i) Sorte de pierre blanche spongieuse.

iSi

se fermait par des portes, dont les traces sont encore empreintes sur le seuil en marbre, et dont on aperçoit les plombs qui servaient à les maintenir.

Trois autels, un grand de marbre au pied des gradins, et deux autres sur les côtés, sont les témoignages du culte qui se rendait dans ce lieu ; sur le plus grand autel nous lûmes sur deux faces :

M. PORCIVS M. F. L. SEXTILIYS L. F.

CN. CORKELIYS CN, F. A. CORAELIYS AF

un VIR. D. D. S. F. LOCAR.

Mardis Porcius y Jils de Marcus ^ Liicius Sextilius j fils de Liicius ; Cneius Cornélius , fils de Cneius ; Aulus Cornélius ,fils d'Aldus ,• élus (juartuumvirs j par décret des D é curions , pour les sacrifices y élevèrent ces autels.

De belles et élégantes peintures ont été faites autour des murs de ce sanctuaire : elles sont encore très- visibles, et nombre d'artistes se rendent dans ce lieu pour les copier. L'architecte Bonuci compare avec raison ce temple à celui d'Isis de Pompéi : même péristyle, même Hypètliron, avec un sanctuaire isolé et couvert ; au milieu ; même ornement de belles peintures,- \ "5.

toutefois il est rempli de ruines-, murs, colonnes, chapitaux, ornements en sont dispersés ou pillés. Dans cette partie de la ville d'anciennes introductions ont donné lieu à un saccage général. L'architecte expérimenté porte tous ses soins à recueillir les débris, à les replacer où ils devaient être, non seulement pour la restauration du temple , mais pour en mieux indiquer l'ensemble. Les colonnes, comme celles du temple que nous avons précédemment décrit, sont composées de tuf, recouvert d'un stuc très-dur, et l'on peut remarquer qu'auprès de chaque colonne, qui sont au nombre de quarante-huit, était placé un piédestal qui supportait la statue , soit d'un dieu , soit d'un héros ; une seule a été retrouvée à son poste : c'est une espèce d'Hermès , revêtu du manteau et couvert de la toge. Quelle foule de statues devait avoir décoré ce temple? Parmi les débris' trouvés , on y distingue une statue sans tête , dont les draperies de la toge sont bien faites ; une T^énus nue, mais mise en pièces, qu'on restaure à cette heure au Musée-Royal, et qui est d'un beau travail ; uu hermaphodite d'une ; sculpture achevée, et qui porte les oreilles d'uni faune , qui autrefois avaient été maladroitement 1 restaurées; une autre tête de Vénus avec des

fragments de sa statue, et un buste très-rare en bronze , dont les yeux sont de verre -, nous le prîmes pour celui de Diane , parce que ses mains semblent occupées à tendre nn arc, et qu'il a sur la tête un diadème en forme de croissant. Toutes ces raretés sont réunies au Musée- Royal de Bourbon. Ce fut aussi une heureuse découverte que celle d'une belle colonne de chipolin, avec uu chapiteau d'ordre ionique , qui présente dans un équarrissage au pied du fût , l'inscription suivante :

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