‹ Voyage à PompéiChapitre 21 sur 31 · L. SEPVNIVS L. F · texte numérisé non relu

L. SEPVNIVS L. F

SANDILIANUS

M. HERENNIVS A. F.

EPIDIANVS

DYO YIR. I. D.

Lucius Sepunius Sandilianus ,Jils de Lucius^ Marous Herennius TLpidianus , fils d Aulus , duumvirs pour rendre la justice , ont été chargés du soin des sacrijices publics.

Nous la trouvâmes dans un quartier du forum avec la statue velue de la toge, et aussi avec un piédestal de marbre. Mais parmi tous ces objets, ce qui a été apprécié davantage, c'est

i84 une inscription trouvée au même endroit, et qui se voit maintenant au Musée-Royal, Il ^st fait mention, dans son contenu, des duumvirs M. Olconius Rufus , et C. lEgnatius Vostumus qui D. D. redemerunt JUS luminum obstruendoruin, et faciundum curarunt parietem privatum coUegii Veneris usque ad tegulas.

De cette inscription et des statues, trouvées dans ce lieu, nous tirâmes la conséquence que ce temple avait été dédié à Vénus, avec un collège de Vénéréeiis , dont parlent plusieurs affiches, sous l'indication de VENEREI ROG. V. F. ,• l'inscription est ainsi conçue :

M. HOLCOOTYS RYFVS D. V. I. D. TER C. EGNATIYS POSTYMVS. D. V. I. D. TER EX D. D. lYS LYMirsYM OBSTRYEKDORYM iîS co w co REDEMERY^T PARIETEM QYE PRIYATYM COL. YEN. COR.

YSQYE AD TEGYLAS FACIYND. COERARYNT. (i)

(i) Voilà la IradiU'tion : M. Olconius raifiis , 'diaum'îr pour Injustice, nommé pour la ti'oisiènieJbis.etC.Egnatius Posù/mus, duuinvir , pour la justice, / our la troisièmejois , par décret des décurions, rachetèrent le droit déformer les fonetres , elles portes pour^,ooo seste/'ses ( c'étaient les fenêtres et la porte de la Basilique, qui clait vis-à-vis le collège de Vénus, qui par des couventious précédentes, se devaient fermer, pour que ce coi-

Dans la partie postérieure de ce temple est uue petite chambre décorée des plus belles et des plus brillantes peintures, et qui mérite bien l'attention des curieux-, à gauche est uue représentation de Bacchus -, il tient son tirse d'une main et une coupe de l'autre, un vieux Silène est prés de lui, qui semble faire résonner une lyre; à droite est fabriquée dans le mur une petite niche, qui pouvait bien être un oratoire. C'était là le sanctuaire impénétrable sans doute.

lége n'en reçoive pas d'incommodité ; mais rachetant ce droit, I c'est à dire les fenêtres et les portes de la Basilique pouvant être rouvertes). //« eurent la charge défaire élever un mur jusqu'au toit , dans l'intérêt particulier du collège de Vénus, qui était silué dans le voisinage , afin de préserver ce collège de l'incommodité dos ouvertures. S'il y a difficulté dans ci-tle inscription, elle est seulement dans l'abréviation COL. VEN.COH. que nous avons traduit par collegii vencrei corporis , sur la foi des autres inscriptions de Pompéi, qui indiquent l'existence des Vénéréens à Pompéi ; et sur la foi d'une autre inscription de L. 'LICINIVS PRIMITIVVS, déposée sur une grande base dans la galerie découverte du Musée-Royal : on y lit augustales' corpor ob perpétua mérita ejus. Et enfin en parlant des distributions assignées au peuple, on y lit et vétéran corp. US. VI : voilà donc la dénomination de la corporation des Augustaux et des Vétérans. Comme à Pompéi , il y avait la corporation des Vénéréens, Simmaquc, liv. IX. cap io3, parle de ces collèges ou corps, ou corporations. Totis virihus adjuvandi sunt communis patr-iœ co?'porali precipuè mancipes sa'inarum qui exercent lavacra : On doit aidcrbeaucoup les corporations de notre commune patrie, surtout celle des fermiers des salines, chargés de la préparation des sels. Je pourais encore produire d'autres citations.

Après être sortis du tempie de Vénus, uous entrâmes dans la basilique de Pompéi, qui est vis-à-vis : son aspect présente la belle forme d'un carré long de deux cent cinquante palmes et large de cent, avec un grand péristyle ou portique couvert qui régne tout autour. Il était soutenu dans toute sa longueur par douze colonnes en brique de chaque côté et par quatre sur la façade et autant sur sa partie postérieure , en y comprenant les colonnes angulaires. Ce grand portique eu inclinant du côté de l'intérieur du temple, s'appuyait sur autant de demi colonnes qui n'en sont pas encore disjointes -, les colonnes ont environ quatre palmes de diamètre , et sont ornées de chapiteaux corinthiens. La base de ces colonnes est de la même composition -, à présent il n'en existe plus qu'une partie brisée ou renversée qu'on a rajustée dans son lieu. Les chapiteaux et une grande partie des corniches sont amoncelées dans les angles du bâtiment. Presque tous les murs étaient écroulés, et l'on peut croire que cette ruine a été Veiïet du tremblement de terre qui précéda l'explosion volcanique.

Une tribune est apparente dans la partie supérieure du côté de l'occident, elle est décorée de six petites colonnes en stuc cannelées-.

ne pouvait bien être la place destinée à la magistrature. Nous ne trouvantes ni la porte de cette tribune, ni les gradins par lesquels on y montait ; seulement deux petits escaliers conduisent de là à une cbambre très-basse , et la communication s'y établit par deux ouvertures circulaires dans la voûte. Nous jugeâmes que ce souterrain était une prison, car les murs eu sont d'une grande épaisseur -, les soupiraux sont garnis de barreaux de fer, et cette petite chambre est bien de vingt palmes en terre.

Vis-à-vis de cette tribune , au milieu des quatre colonnes du péristyle, est érigé un grand piédestal recouvert de marbre blanc, ce piédestal devait certainement supporter une statue équestre.

Le corps de la basilique était entièrement découvert, c'est pourquoi, sur ces côtés audessous de5 gouttières du portique, le pavé est garni de tuyaux de conduite pour les eaux de pluie j on voit encore dans cet intérieur ouvert quelques puits. Les anciens aimaient beaucoup cette architecture, hypœthron , ou découverte que nous avons déjà remarquée dans toutes les maisons et dans tous les temples. C'est dans cette place que devaient se tenir les assemblées et se faire les délibérations des habitants de

Pompéi-, là, ils créaient leurs magistrats, pourvoyaient aux frais de Yannojie ( c'est-à-dire aux subsistances pendant une année ) , et délibéraient sur la paix ou sur la guerre. Le nom de basilique , que nous donnons à cet édifice , nous a été suggéré par V^itnwe , qui, en par» lant d'une basilique, décrit tovit ce que nous voyons ici j et aussi par deux inscriptions sculptées sur son mur extérieur du côté de la maison dite de Championet , assez grossièrement taillées au ciseau, qui portent répété le mot de BASSILICA ( ainsi écrit. )

On sort de ce superbe édifice par quatre gradins de pierre du Vésuve placés sous un vestibule soutenu par deux colonnes et par deux pilastres -, cette sortie regarde l'orient. Du côté du midi on voit qu'il y a eu une entrée pratiquée, et on en induit que sur la voûte du vestibule et du péristile il devait y avoir eu un grand espace qui servait de promenoir.

On entre du vestibule au forum civil que nous avons décrit, par cinq ouvertures j la manière dont ces ouvertures se fermaient est curieuse a remarquer-, entre l'un et l'autre pilastre-, au nombre de six (les deux derniers de chaque côté tenant au mur de l'édifice ) , tombaient cinq portes qui suivaient le trait des

ramures qui étaient taillées daus chaque pilastre. Celle fermeture s'appelle présentement parmi nous sarrazine , parce que dans le temps du Bas-Empire , toutes les citadelles usaient de ce rao3''en de clôture -, c'était aussi comme cela que se fermaient les portes publiques et extérieures de Pompéi.

Nous sortîmes de la basilique par ces ouvertures pour parcourir de nouveau le forum, et aller visiter du côté droit des édifices fort curieux qui sont presqu'intacts. C'étaient trois autres petits temples, ou plutôt trois chapelles. D'après leurs formes, quelques antiquaires prétendent même que ces chambres étaient dépendantes de la basilique. Elles sont Construites en briques avec une grande intelligepce -, la longueur de chacune ( car toutes les trois sont de la même étendue ) est de soixante et dix palmes, sur ''environ quarante de largeur- chacune de ces chambres ou chapelles est composée d'une seule nef; dans le fond on voit distinctement la niche ou devait être placée la divinité; on voit aussi plusieurs autres niches sur les côtés. La beauté du pavé répond à celle de l'édifice -, il n'y manque que le toit. Nous n'avons pu deviner à quelles divinités ces trois temples étaient consacrés, parce que lors de leurs décombrements

on les a trouvés dépouilles de tout ce qui pouvait servir à les caractériser. Entre l'un et l'autre sont pratiqués de petits passages étroits qui conduisaient à quelques chambres destinées peutc être à l'usage des prêtres; de ce côté est un chemin public qui, passant derrière \q forum et la basilique du côté du midi, conduit à une maison distinguée placée sur le haut de la colline.

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Maison découverte par Championnet.

Dans le milieu du chemin dont nous veuous de parler , à gauche, on passe devant une habitation qui a été très belle,, et fut découverte 60US la direction de l'abbé Zarillo , par ordre du général Championnet^ dont elle a retenu le nom. On y déterra plusieurs squelettes de femmes ayant des anneaux, des bracelets et des colliers d'or. Cn 3' trouva aussi quantité de pièces de monnaie.

Cette belle maison, outte le rez-de-chaussée, avait des caves qui ont été également décombrées et dans lesquelles on peut pénétrer. Nous remarquâmes ces voûtes érigées sous terre comme une chose peu ordinaire à Pompéi ; les étages supérieurs au rez-de-chaussée ne sont pas moins rares. Quand nous observâmes la maison de campagne de Cicéron , dans le faubourg d'Augustus Félix , ce fut pour nous un objet d'étonnement de voir un escalier en tuf que l'habitude du passage avait usé dans le mi-

Keu, et qui conduisait à un premier étage ou uous trouvâmes d'agréables logements avec de beaux pavés.

Entrant dans cette maison dite de Championnet, qui est derrière la basilique, nous trouvâmes premièrement l'atrium, orné d'un beau pavé avec le bassin carré ordinaire, en marbre blanc , placé au milieu pour recevoir l'eau de pluie qui tombait des toits.

Cet atrium est décoré de quatre colonnes dans ses angles qui devaient soutenir une espèce de petit toit. Dans les chambres qui sont sur les côtés, les peintures et les pavés en mosaïque imitant différents dessins , sont également admirables : au fond de l'habitation on peut voir encore un second atrium avec des puits.

Cette maison dût beaucoup souffrir de l'ancien tremblement de terre ; nous le remarquâmes facilement à la vue de différentes réparations , et aussi parce que quelques parties de peintures à fresque avaient été détachées de dessus les murs par suite de la commotion.

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Continuation de l'exploration de plusieurs maisons ruinées sur les côtés de la grande rue de Pompéi.

Revenus à ce chemin même qui conduit de la basilique aujbrum, nous le suivîmes dans sa direction orientale après avoir dépassé les trois petits temples dont j'ai déjà parlé. Ce chemin, ou rue, est tout découvert jusqu'aux bords du Théâtre. A sou origine est une fontaine j il présente encore dans toàte son étendue un beau pavage de laves du Vésuye eu bon état. C'est une chose digne de remarque que ce chemin était interrompu par la fermeture des portes du forum. A l'entrée de cette place on voit trèsbien les traces du passage des portes, et les plomJDs qui servaient à fixer les gonds dans les travées qui contribuaient à leur clôture. Il paraît que les richesses des ornements renfermés dans les temples qui ouvraient «ur cette place, et le grand nombre de statues qu'elle contenait, avaient nécessité cette précaution. D'un côté et de l'autre de ce chemin nous ne

vîmes que maisons ruinées avec des restes de quelques pavés en mosaïque , et de quelques peintures. Nous rencontrâmes ensuite une seconde fontaine, et vers le milieu , à droite, un petit temple avec son autel de marbre blanc : vis-à-vis, une maison considérable avec son péristyle et des peintures dans les chambres. Dans une autre maison voisine nous remarquâmes de beaux pavés en marbre grec et en alhâtre fleuri. Dans la suite de la rue nous vîmes deux fontaines très-rapprochées l'une de l'autre; leur composition est comme celle des précédentes, d'un grand bassin carré fait avec quatre pierres égales du Vésuve, jointes ensemble par des lames de fer et acellées avec du plomb. Chaque fontaine a sa colonne, ou pilastre, sur un de ses côtés, d'où sortait l'eau qui remplissait le bassin. Toutes ces fontaines de Pompéi recevaient l'eau par un canal tiré de la rivière de Sarno. Sur ces maisons en ruine nous pûmes lire les noms suivants écrits sur leurs façades :

L POPIDIVM SECVNDYM-C. HOLCONIVM SER- C: CYSPIVM PANSAM.

Nous avions atteint la terminaison de cette grande rue , près le portique du théâtre ,

lorsque le chevalier nous raconta que dans ce lieu même avait été découvert, en i8i:î, un cadavre qui offrait , sous sa poitrine , un trésor d'antiquité : il était étendu sous dix palmes de pierrailles, dont trois, les plus rapprochés du corps , étaient une espèce de poussière volcanique qui le couvrait, il avait un amas de monnaie, trois cent soixante pièces d'argent, quarante-deux en bronze, huit d'or; quelques-unes étaient au type des grandjes familles romaines -, d'autres avaient été frappées dans le temps que l'empereur Domitien était encore César. Ces pièces étaient enveloppées dans une toile forte, qu'on trouva encore entière , et qui avait résisté à dix-huit siècles. On déterra aussi, avec ce squelette, beaucoup de vases d'argent, dont quelques-uns étaient particuliers pour les sacrifices : des figures dilsis V y étaient sculptées; ou en voyait une avec un casque, surmonté d'une oie, ayant eu main un autel avec un crocodile, dans l'attitude d'une personne qui adore un serpent étendu sur un autre autel. Sur un des vases était sculptée une espèce de tour , surmontée d'un cénotaphe ; un bouc paraissait placé sur un autre autel. On recueillit encore, en faisant cette découverte, des petites cuillers d'argent , des boucles , des

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coupes et des lasses d'argent et d'or-, un trèsrare ca/né de pierre onix ^ qui représentait un Satyre soufflant dans une syringue , ou flûte de roseau-, des anneaux avec des pierres en êmeraude ; des Scarabées ; quelques bas-reliefs en argent, qui représentaient Bacchus et YAhondance-y et enfin des vases en cuivre et en bronze, du travail le plus exquis, eyant de larges ouvertures, et pour la plus grande partie façonnés en grotesques, ou dans leurs anses ou dans leur contour. On ne peut douter que c'était là le squelette d'un prêtre à'Isis , dont le temple était dans le voisinage : il s'était enfui pendant l'éruption volcanique, emportant avec lui tous ces bijoux qui, sans contredit, appartenaient au temple dé sa déesse-, mais étoujïe

par la pluie de cendres il avait luccombé

Nous avions atteint la dernière fontaine , lorsque la dame demanda où conduisait ce che- "^ min , et comment s'appelaient ces grands édifices qui apparaissaient dans le voisinage. I-a rue, lui répondit le chevalier, prend ici la forme d'une croix : elle a quatre directions diverses. Celle que nous venons de parcourir est, comme vous l'avez vu , toute découverte j l'autre , près de nous, est encore à décombrer : l'une et l'autre viennent du forum qui est à l'occident ;

Ï97 mais ce ne sont pas des grandes rues-, la troisième, large, spacieuse, et qui va au septentrion, devait se réunir à la voie consulaire qui traverse Pompéi. De celle-là on n'a découvert qu'une partie, n'offrant à droite et à gauche que des maisons en ruine avec de beaux frontispices en stuc, dressés à l'équerre et encore debout. Ou y lit les noms suivants des habitaus : L. POPIDIUM RUFUM AED. T. CINIVM C.

, LICINIVM, C. IVLIVM AED, et autres aussi peu explicatifs ,• il se rencontre dans cette rue lïne fontaine dont le bassin est en pierre du VésQve , et que quelques observateurs ont pensé être une dépendance d'une boutique de pharmacie qui était auprès. La quatrième rue au midi, qui est la consula^,re, mène à différents temples , aux tribunaux , aai théâtres , à la réunion enfin des principaux "édifices publics de iJPompéi. Puisque c'est là notre -direction, reprit

I la dame , nous devons redoubler d'attention et ne pas ménager nos recherches 5 car il s'agit de visiter des établissements publics de la plus grande utilité et du plus grand intérêt —

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Grand portique avec un atrium découvert.

En parlant ainsi, nous tournâmes à droite, sous un petit atrium découvert, composé de six colonnes de tuf, avec leurs élégants chapiteaux, et nous entrâmes sous une longue colonnade, d'une architecture très-noble.

Nous étions là sur le plateau d'une colline élevée, d'où on décou//re, par un point de vue admirable , la mer ,ét les villes voisines. A droite , en eutraiit , était une cour en carré long, entourée d^ colonnes de tuf, qui formaient un périsfcHe ou portique couvert, con-.» venable pour fdBfccirculer ou promener autour de cette cour. Une conque en marbre blanc, avec une fontaine , eu occupaient le centre. L'eau arrivait par une demi- colonne, dans laquelle on aperçoit encore le conduit j vis-â-vis" est un piédestal, sur lequel on n'a pas trouvé de statue : elle devait cependant y avoir été placée et représenter Marcus Claudius Mar-

cellus , fils de Cajus, patron de la colonie poinpëieuue, suivant l'inscription qu'on y lit :

M. CLAVDIO C. F. MARCELLO PATRONO.

Ayant pénétré plus avant, nous punies admirer l'ordre sj^métrique et complet de la colonnade dont nous avons parlé précédemment. Les colonnes étaient au nombre de cinquante-six en tuf, placées en ligne droite, occupant un espace de deux cents pas du septentrion au midi : elles existent toutes, réduites à la moitié ou au tiers. Les chapiteaux et les architraves qui en sont tombés, sont à terre, ré.^nis aux autres débris. c'est là que régnait un loiig portique , soutenu d'un côté sur ce rang de colonnes , au travers desquelles lui arrivait la lumière, et d'autre part s'appuyant sur le mur latéral du théâtre tragique. Cette consrt^ruction , d'une utilité si grande pour le public, était particulière à toutes les villes des anciens : il y avait à Rome le portique de Pompée , celui de Livie, de Claude , de Catide , de Corinthe et d'autres encore. C'était là le lieu de rendez-vous des citoyens; c'était là qu'ils s'entretenaient, qu'ils se promenaient à couvert par un temps de

pluie ,• c'est pourquoi, suivant Vitruve^ le portique était toujours réuni au théâtre. Il pouvait également servir pour les exercices dugjmnase, de la palestre et de xyste , comme les Grecs l'appelaient pour désigner un lieu orné de portiques et de jardins, où s'exerçaient les jeunes gens et les athlètes, soit à la course, soit au disque, soit au ceste, soit au saut , soit à la lutte à toute feinte, nommée par les latins pancratium.

Là auprès avaient existé sans doute le frigidariurti et le caldarium y bains chauds et froids-, \eleotesiuin, salie où l'on s'enduisait d'huile ; le conisterium j lieu où les lutteurs se couvraient de poussière'-, le propnigeu?7i , qù on entretenait du feu..î 11 n'y avait pas une ville , dit l'étranger , de celles qui tiraient leur origine de la Grèce (et Pompéi doit être comptée parmi elles ), qui n'eût sa palestre ; les jeux auxquels' ou s'y exerçait, servaient de décoration et de spectacle à leurs fêtes : on sait de combien de précautions, de quels préparatifs s'entouraient les athlètes pour mériter la victoire ; combien ils étaient avides des applaudissements du peuple, qui s'assemblait pour juger ceux qui remportaient les prix. Quel désir de gloire animait tous ces concurrents.... vos anciennes cités ne

manquaient pas de ces lieux d'exercices. Il y en avait à Ta rente , à Crotone , à Locre. ^ à Naples j et dans'd'autres villes encore. Auguste , suivant ce que Suétone en a écrit dans sa vie , lorsqu'il visita l'isle de Caprée , fut très-satisfait d'y voir établie la palestre , et prit la récréation de faire concourir pour des prix qu'il y distribua. Ces prix étaient des toges , des manteaux qu'il donnait en abondance...

Restes d'un temple grec , cimetière et puits.

Tout en conversant de la sorte , nous arrivâmes à la dernière colonne du portique, et alors nous vîmes à droite les ruines du temple, le plus antique et le plus majestueux qui ait été construit à Pompéi. A peine peut-on discerner entièrement son étendue, qui était un carré long de quatre-vingt-onze pieds, et de ciu- I quante-trois de large -, la façade ou le frontispice de ce temple était j?!:écoré de huit colonnes de tuf, d'ordre dorique, avec architrave et corniche : c'était l'introduction au péristyle, pavé en mosaïque et formant le pronamn , ou place du temple. Les trois autres côtés de ce temple étaient chacun décorés de onze colonnes, de quatre pieds de dia;mètre, avec leurs socles ^ leurs chapiteaux et cymèses ; on y voyait des espèces de masques ei terre cuite , faisant saillies, dont la bouche était destinée à l'écou lement des eaux. La grande entrée regardait le midi; on y montait par neuf* larges degrés del''

iuf, aujourd'hui presque con<5umés-, et ce qui devra paraître plus singulier, les autres côtés du temple étaient environnés de cinq marches également spacieuses, qui toutefois sont mieuj conservées, excepté du côté où était la porte, qui ne laisse plus apercevoir que des vestiges. Au milieu du temple était le sanctuaire, fermé et séparé, au-devant duquel était un grand autel carré, destiné aux sacrifices et aux offrandes.

W Nous nous accordâmes à reconnaître dans ce temple la plus noble construction du style grec et particulièrement le même ordre de ptérypthéron , qui se remarque dans les temples de Pestum. Je ne crois pas être loin de la vérité, eu signalant ces différents temples comme l'ouvrage solide des Etrusques, ainsi que je l'établirai ailleurs. Ce temple de Pompéi paraît avoir été dédié à Hercule. Vitruve dit que sa position était non loin des théâtres. Qu'il est douloureux de le voir dans une telle ruine ? Quelques antiquaires ont pensé que c'était le résultat du tremblement de terre qui renversa aussi le temple ^Isis-, mais d'autres ont remarqué que ce temple, situé dans le lieu le plus élevé de Pompéi , ayant été moins accablé de la poussière volcanique, et conséquemment mis à découvert

par le temps , depuis longues années , aura été exposé à la rapacité des hommes qui en ont emporté les colonnes et les marbres , et qui , profitant de cette facilité plus grande pour s'introduire dans cette partie de la ville, y ont pillé davantage, particulièrement les théâtres.

M. Renard, dans son voyage pittoresque , nous a donné le dessin de ce temple, tel qu'il devait avoir été, et tel qu'il est présentement.

A gauche de ce temple, sur le même plan et eu regard de la mer qui n'est pas éloignée, nous vîmes une banquette en demi-cercle, avec un gradin terminé de chaque côté par deux pattes de lion en pierre volcanique ; cette banquette est semblable aux dejix que nous avions observées eu dehors de là porte d'Herculanum, par laquelle nous étions entrés dans la cité , et que nous avons désignées comme un lieu d'arrêt et de passe-temps, où se réunissaient les oisifs de la ville. Qui peut douter que celle-ci n'ait été construite pour le même objet? la position, le bon air, la perspective, la liberté de la vue, tout invite en effet à se reposer ici, et à jouir du plus bel aspect. Une inscription, dont la trace est empreinte sur le milieu du banc, mais qui a été enlevée pour être transportée au Musée-Royal, désignait sans doute le nom de iffi

cet édifice. Prés de là, on avait trouvé un cadran solaire, fixé à rez-de- terre sur une base ; c'était une pierre carrée , un peu concave, qui avait dans la partie supérieure son gnomon en fer 5 les lignes solaires étaient marquées pour désigner le passage de l'ombre -, mais nous n'y avons pas yu de chiffres correspondants. On disait que ces cadrans solaires venaient d'Alexandrie, et n'étaient pas tracés convenablement pour le méridien de Ponipéi. (>e cadran lÉe voit maintenant au Musée-Royal parmi les raretés du même genre.

Au pied des gradins du temple, on voit un cimetière, contenant un corps de bâtiments, avec deux divisions dans les côtés. Ce champ est semblable an champ mortuaire que nous avions vu avant d'entrer dans la ville : on y avait trouvé beaucoup de restes de cadavres qui y avaient été ensevelis. Dès que l'étranger eut fait cette remarque, il paraît, nous dit-il, qu'on a fait ici la même différence, parmi les dignités du tombeau, qu'en Grèce et à Rome. Les champs céramiques , si fameux en Grèce, étaient destinés aux personnages illustres, et les hypogées, ou caveaux souterrains, étaient le lieu de sépulture du vulgaire. Les Romains avaient aussi leur champ de Mars pour les plus

notables de leur ville et les puticuH , où chriptes , hors la porte esquiliue pour les autres; à Pompéi on faisait de même : le terrain situé en avant de la porte d'Herculanum, était le lieu de sépulture publique des premiers de l'état Vous vous rappelez quelle était la beauté de ces tombeaux ? 11 fallait pour la grandeur de la cérémonie que les corps fussent brûlés avec pompe , et les os séparés ; que les cendres fussent déposées dans des urnes funéraires, dont nous avons trouvé une si grande quan4 tité dans les caveaux. Le vulgaire , au contraire, était rendu à la terre, à cette mère commune, avec une obole dans la bouche : on le transportait, d'après ce que prescrivaient les lois, dans un lieu écarté, loin des habitations, dans le plus.... Mais peut-être, dit la dame qui nous accompagnait, la dépense pour brûler les corps et pour les autres cérémonies décrites, étaitelle au-dessus des facultés pécuniaires du peuple ? Oh! lisez-en le rituel funéraire, vous

aurez certes de quoi vous divertir. Virgile, dans son VI^ Liv. de l'Enéide , en a fait une description complète -, il en a fait connaître tout l'apparat; et Kirchmaiiii et Nicolai (i) nous

fi (») Kirdimann , dans son ouvrage sur les funérailles des l

en ont retracé les particularités les plus inté-

[ressantes; lisez-les; vous y apprendrez avec

combien de formalités on élevait le bûcher, et

combien de cérémonies dispendieuses accompa-

Ignaieut et suivaient l'incendie des corps....

Au-delà du cimetière , nous découvrîmes trois autels, de grandes pierres du Vésuve, et un puits construit de mêmes pierres en forme cylindrique , creusé au-dedans et élégamment travaillé -, il a environ quatre palmes de diamètre; il était entouré de huit colonnes d'ordre dorique , formant une décoration agréable , avec une large architrave qui en faisait le tour; ses débris sont présentement couchés sur la ;terre. La forme de ce puits est la même que celle que nous avait offerte chaque puits servant de déchargeoir aux eaux des citernes que nous avions remarquées à Pompéi; mais il était double en grandeur, et sa destination u'était pas la même. La dame, eu admirant son architecture, nous demanda de quel genre d'utilité pouvait être cet édifice... C'était sans contredit, lui répondis-je , un lieu qui avait été frappé de la foudre ( fulminatus ), que les anciens et spé-

Rooiains. Nicolai , dans son Traite sur le deuil et les rites funèbres des Grecs.

cialemeut les Elrusçiies fermaient religieuscv meut, et tenaient pour un lieu sacré! c'est pour cette raison que sur beaucoup de marbres on rappelle cet événement : FVLGVR CON- DÏTVivT. Jjucain décrit ainsi ce monument : ( Pharsale, Liv. 1er, yers 606. )

. . . Arnus, disperses fulminis ignés Colligit, et terrae mœsto cum murmure condit.

Arnus rassemble les débris encore fumants qui viennent d'être frappés par la foudre , et les enfouit dans la terre^ en prononçant des prier es funèbres.

On donnait le nom du puteal ( puits ) à ce lieu, parce qu'il était entouré de murs ou de marbres en forme de puits. A Rome, le puits de Scrihonius Libou, prés la curie, sur lequel juraient les plaideurs, était fameux. H^orâ'ce en parle. *

.... Forum, puteal que Libonis.

Le forum et le puits de Libon.

Morelli fait mention d'une médaille qui lui appartient, ayant l'effigie du puits, semblable à celui de Pompéi, avec la légende PUTEAL SCRTB. LIE. Horace appelle aussi ce lieu : bidentaly parce que les lieux funestes se puri-

fiaient par le sacrifice d'une pièce de bétail de deux ans.

.... Aut triste bidental Moverit incestus.

Ces contrées abondaient en monuments de cette espèce j un marbre chargé d'une inscription, qui fut trouvé parmi les débris d'uu édifice renversé sur les confins de Stable et ànNucérie , fait mention de deux bidentals à Nucérie , et du temple du Génie à Stable, réparés par M. Cœsius Daphnus.

M. CÂESIVS DAPHNYS DYO BIDENTAL. NVCERIAE ET VETVSTAM AED. GENI STABIAE LABAATIB. MiVRMORlB. YEXATA PROYIDE RESTITVIT.

Par décret des Dé curions y Marcus Cœsius Daphnus a réparé à propos deux bidentals à Nucérie ; et à Stabie , Tancien temple du Génie y dont les marbi^es étaient près de s'écrouler.

Sur Xépistjlium circulaire ( l'architrave ), posé sur les huit petites colonnes, dont nous avons parlé, s'est trouvée une inscription en langue

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