‹ Voyage à Saint-Léger, campagne de m. le chevalier de Boufflers, suivi duChapitre 2 sur 23 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Dbsmahis, qui^ dans plusieurs épîtres, marche avec succès, quoique d^un peu loin, sur les traces de Voltaire ; Desmahis a écrit le Voyage d'Eponne, digne, par la facilite qui y règne, de servir de pendant au gracieux modèle que Chapelle et Bachaumont nous ont laisse dans un genre très-agrëablcu «

De Paris à Saint-Germain- en-Laye, j'ai parcouru la même route que Desmahis ; mais je n'ai pas cru cette raison suffisante pour m'empecher de peindre encore des lieux qtii ont tant change de face. D'ailleurs , dans ces sortes de badinages , chacun ayant des sou- *

venirs diffërens et une autre manière de '^ *

sentir, on peut s'exposer sans craiitef aiix périls de la concurrence. ;, ".: ,

\J /VEIITISSEMENT.

Et pourquoi ne FavoUierais-je pas sans détour î T^r^ue j'eerivis cette bagatelle , occupe du soin de rendre mon absence utile à une épouse dont j'étais sépare, j'oubliai Desmahis et son charmant voyage, et les grâces de son pinceau. Je décrivis cette isourse, con)me j'en avais déjà' décrit quelques autre^, pour Mtisfaire mon cœur, et faire partager mes distractions et mes plaisirs à celle dont la présence les eût rendus parfaits.

De tous mes Voyages^ peut-être celuitci est-il le plus gai. Si cela est, il doit se ressentir sans doute de l'iniBuence du poëte que j'alkis visiter. Sans m'en apercevoir, ma muse avait pris un peu 4e ce tCMti leste et dflya:lier qui le caractérise. £Ue avait essa^ié de réunir, suivant rex{MpesBio|i d'un ^odvain moderne (^ ) , 'quelques inidges poétiques et les senûmens au plus tendre amour a une

'(i) yabbé S«abatLer,de Castres.

AVERTISSEMENT. vij

morale utile sans êtte austère, ^voluptueuse sans être libertine , et philosophique sam être hardie ni indécente. Montaigne disait d'après Socrate : O Dieu/ que ces gaillardes escapades, que cette variatiou a de beauté!

U ftmt avoir un pe^^ de Jolie qui ne veut ai^oir plus da sottise. Ne trouvwa?*t-6è pas Fexcuse bonne , et ne me sew^Je pas assez avantageusement placé, en me mettant^ous l'égide de Socrate et de Montaigne ? ,

Quant à ceux qui renouvelleraient le vieux reproche , que je chante toujours le même objet , que leur répondrai-je ? Faiteà attention, leur dîrai-je,a la date de l'ouvrage, et modérez- vous. Il y a long-tèmps que la saison des petits vers est passée pour moi. Si aujourcf hui j'avais à raconter une semblable promenade , il est probable que je l'écrirais différemment, que j'y mettrais d'autres peintures , que j'y ferais d'autres observations. Mes sentimens n'ont point changé ; ils sont ^

viij AVERTISSEMENT.

toujours les mêmes; toujours je répète avec Voltq^re:

Je hais bien tout mauvais rimeur

De qui le bel esprit baptise ,

Du nom d^ennui la paix du cœur, .

Et la constance de sottiéifi. *■'

Heureux ijui voit couler ses jours

Dans la mollesse et l'incurie,

Sans intriguas, sans faux détours ^

Près de lobjet de ses amours,

Et loin de la coquetterie !

Mais, je l'ai déjà dit; il y a plus de vingt ans que cet opuscule existe, et je ne le laisse paraître que comme un hommage à la mémoire de l'aimable poëte qui y figure, et qui daigna Qi'honorer de son amitié.

 SÀ]tH^>]LÉ(&ll

i W^%mMM*MVHtM^M*n^ WU«M«M VW^^<W^%» l ^4%»^<M^MfW^^(l^l%%WM^%l»MWIW«»W(l)mi(WII^

Page 1