A MADAME
ELEONORE DE LABOUISSE
Paris, 19 juin i8o5.
Dans cette immense capitale, Où l'on est tout surpris d'entendre un troubadour
Chanter le légitime amour
Et la tendresse conjugale , Oh! comme loin de toi, je regrette mes pas!
Lutèce est un séjour qui ne me convient pas.
Ce qu'on nomme plaisir n'est pour moi qu'un supplice: Biyales du bouton par zéphir caressé , Je vois briller AmUde ou sourire Circé; Et quand je puis voler de délice en délice,
Des regrets les plus vifs mon cœur est oppressé... Pourvoi faut-il , nouvel Ulysse , Que sur ces mers mon vaisseau soit lancé ?
Eléonore, ah! quand te rejoindrai-je P
G*«st le seul cri, le seul voeu de mou cœur !
Je cherche Ithaque et le bonheur ;
Mais Ithaque est pour moi sur les bords de TArriége ( i ).
* Cependant j'emploie mon exil du mieux qu'il
m'est possible. Tout voir, tout décrire dans les momens de loisir que nos afTaires me laissent , telles sont mes constantes occupations. En peutil être pour moi de plus douces, que de chercher à te distraire, en trompant les ennuis de l'absence? — Je t'ai décrit précédemment les divers édifices qui ont mérité mon attention.
Ma Muse osa chanter les pompeux monumens, Du moderne Paris superbes ornemens^ Qu'un grand homme éleva dans les jours de sa gloire, rai peint ces lieux, si dignes de mémoire,
(i) Q%s vers ont fait partie d'une' élégie intitulée les Begrets : je FaTais composée de quelques fragmens empmn* tés à mes Voyages ^ qne j'avais cm alors ne pas conserver. En les publiant, j'ai dû les rétablir à leur première place, ayant surtout le projet'de supprimer cette élégie dans la nouvelle édition qne je prépare des Amours à Éléonot^,
Que Le Nôtre embellit pour charmer nos regards^ Ces lieux, où la sculpture^ étalant sa richesse, Des chefs-d œuvre de Rome et de Vantique Grèce Entoura ce palais où régnaient nos Césars ; Et ce dôme élégant, où les enfans de Mars Reposent leur vaillance et leur mâle vieillesse, Sous les nobles débris de ces drapeaux épar»,
Dont la conquête illustra leur jeunesse !
Mais je vous quitte, intrépides vieillards ,
Ainsi que vous, pépinière chérie
De ces héros, espoir de la patrie.
Et vous, jardins, auguste^ boulevards ;
Je vais laisser vos él«gans remparts
Pour accourir vers ces douces retraites.
Où vit paisiblement, entouié des beaux-arts, Le plus aimable des poètes.
Pavais promis d'aller à Saint-^Léger.he projet qui m'y attirait, la société que je devais y trouver, tout me faisait un devoir d'être exact au rendezvous.
Boufflers la dit: La vie est un voyage.
Mais malgré moi je voyage toujours^ Heureux qui peut, au printemps de son âge , Ne voyager qu'auprès de ses amours !
Tu sais que M. deBoufflers a l'intention de me confier l'édition de ses joliis opuscules (i). Je lui en ai montré plusieurs qu'il croyait perdus ; madame de Boufflers a été bien aise de les retrouver. Un billet d'invitation nous avait annoncé, à M. Guillaume et à moi , que nous étions attendus à la campagne : je me munis aussitôt de mes manuscrits , et nous partons.
Monsieur Guillaume est un rival d*£tienne,
De cet habile et fameux imprimeur
A qui jadis certain joyeux rimeur
Dans ses rondeaux répétsdt cette antienne :
Monsieur Etienne ^^ ah! ne m* imprimez pas!
Vœu que partout il rétractait tout bas.
Je ne le désapprouve point : ne ressemblonsnous pas tous à peu près au P . du Cerceau ?
Le prédicateur en rabat, Qui fait bâiller son paisible auditoire, Maint Zoîle envieux, dont le caustique ébat Est d'insulter aux filles de Mémoire, Le procureur, le juge, l'avocat.
(i) Quelques circonstances empêchèrent rexécutlon de ce projet.
Sottement fiers de leur fatal grimoire, Et le poète lauréat , Qui chante une hymne à la Victoire; Comme les plus grands de l'État, Nous prétendons tous à la gloire.
Même les philosophes , qui traitent du mépris de la gloire , dit Cicéron , ne mettent leur nom à leurs écrits que pour rechercher ses feveurs. Ce M. Guillaume, dont il vient d'être question, tient chez lui des livres de toutes sortes.
Avec une franchise entière, Il me dit : « J'aime les bons vers; » Et je donnerais tout Lemière » Pour une page de Boufflers. »
Peut-être l'éloge est un peu excessif; mais c'est un libraire qui parle, et ces gens-là n'aiment que ce qui se vend.
Bien mieux que tant décrits profonds, Les bons mots qui courent la ville , L'fspigramme, le vaudeville, Yoilà les bons livres de fonds.
Pendant qu'il me faisait cette confidence , nous
sortions de Paris par la belle allée des Champs- Elysées. Autrefois,
Ce paradis portait le nom de cours.
Là, s'assemblaient des prudes très-humaines, . Et des amans dont les tendres discours N'étaient qu ardeurs, transports, soupirs et cJiaînes; Là, se perdaient ces doux et vains propos Qui font toujours le charme du jeune âge^ Souvent aussi, sous cet épais feuillage. L'amour goûta les fruits de Tà-propos, Et protégea quelqu amante volage....
Tant le cruel s€i joue avec nos maux!
Cette légère peinture pourrait aussi convenir au bois de Boulogne y qu'on laisse siir la gauche , et dont j'ai fait mention dans ma Promenade à Longchamps. On n'en est séparé que par un mur de clôture.
C'est là que le dieu du mystère ,
Dans mainte route Solitaire,
Des amanà égare les pas.
C'est là que les Amours.... Mais non : je dois me taire ^ Ah! les Amours, pcfur moi, sont-ils où tu n'es pas?
C'eS^t ce que je disais à M. Guillaume, qui n'a-
vait pas lu cela dans ses livres , mais qui admirait comme moi un charmant ermitage que nous dé^ couvrîmes non loin de la route. Habitation simple et modeste , elle ressemblait au chalet que décrit J.J. Rousseau dans sa Nouvelle Héloïse; aussi je ne pus m'empêcher de lui adresser ces paroles :
Quel champêtre réduit, aux portes de Paris , Vient étonner mes yeux et flatter mes esprits! Ces entours si rians , ce rustique rivage , . Ce chêne et ce tilleul mariant leur ombrage, Ce modeste jardin et ce fertile enclos, Ou croissent le platane et le hêtre sauvage, Retraite des plaisirs, de la paix, du repos !.... Quel touchant souvenir se retrace à mon âme ! Dans un pareil asile, où régnait le bonheur, Des plus chastes ti^ansports , de la plus vive flamme , Naguère j'enivrais et mes sens et mon cœur; Naguère aux rives de la Laitre, Dans ce chalet, où les Amours Venaient en souriant auprès d*£léonore, De la plus douce vie embellir Theureux cours, réprouvais, dans les bras de cette enchanteresfiye , Tout ce qu'on peut goûter, en ces aimables lieux, De voluptés et de charme et d'ivresse ;
Et je navais plus rien à demander aux dieux Quand je pouvais jouir de toute sa tendresse.
Sans nous en apercevoir , nous voilà rendus à Neuilly , village considérable , où l'on m'a fait remarquer un beau pont^ qui doit son origine à un
événement dont les suites pouvaient être infiniment funestes pour la France.
Ten sais Tanecdote certaine :
Le riche financier et Thomme au havresac Traversaient. alors dans un bac Les eaux bleuâtres de la Seine.
C'était une circonstance assez fâcheuse pour ceux qui étaient pressés; aussi , un beau jour,
Ce héros béarnais, qua célébré Voltaire, Dans les murs de Paris s'en revenait joyeux, Quand ses lestes coursiers, galoppant ventre à terre. Précipitent dans Teau ce roi victorieux.
A Ce triste accident, plus prompts que le tonnerre. Postillons, bateliers^ comtes, ducs et barons. Aspirent à l'honneur de sauver du naufrage Le meilleur de nos rois, l'exemple des Bourbons, Mais tandis qu'on s'empresse et l'entoure à la Dage> Les Nayades, sortant de ces humides fonds,.
Le portèrent sur le rivage.
On ne tarda pas à faire construire un pont qui précéda celui qui existe : il était en bois ; mais en ce temps-là, on ne se piquait pas de luxe , et Sully était économe. Henri IV lui-même n'eut jamais les goûts splendides de son petit-fils ^ Louis XIV, de glorieuse mémoire.
Le bon Henri, d'ailleurs, aimait trop ses sujets Pour leur faire payer d'innombrables budgets! Peut-être trop volage, il eut trop de maîtresses... Mais quel homme est exempt de toutes les faiblesses? Et combien de ses torts expiés par ce mot :
Je Deux que mes sujets aient tous la poule au pot ! *
Non loin du pont, j'aperçus une jolie riiaison qui appartenait à M. de Saint-Foix. C'est sans doute dans cette retraite qu'il composa le Sylphe^ V Oracle y les Grâces. Au milieu de ces riantes perspectives 5 il ne pouvait avoir que de riantes idées.
Mais qu'aperçois -je à l'en tour de ces rives , Et quelles sont ces ombres fugitives?...
Serait-ce vous, ô Lafare! ô Ghaulieu!
Vous, si chéris des nymphes du Permesse, Et venez- vous retrouver en ce lieu Les souvenirs d'une folle jeunesse ?'
ih VOYAGE
Y venez-vous rêver aux jolis vers, Brillans d'esprit, gracieux de mollesse, Que vous dictaient les plaisirs, la paresse, Et cet enfant que Tunivers caresse Gomme le Roi de ce vaste univers ?
Redites-les , ces vives chansonnettes :
En admirant vos ouvrages heureux, Qui n'aimerait tant de peines secrètes , Charme et tourment des cœurs bien amoureux ?
Venez, venez, ingénieux poètes, Vous dont j'aimai le naturel charmant; * Enseignez-moi cet art plein d'agrément Qui sait mêler à la philosophie Les doux attraits d'un tendre sentiment, Et les trésors qu'offre la poésie.
La route est toute bordée de vignes. On y découvre presque autant de rosiers que de souches; ce qui présente un beau coup-d'œîl et un spectacle très-pittoresquç.
La fleur brillante de Vénus Unit son incarnat au pampre de Bacchus;
Et cet agréable mélange Fait doublement chérir le dieu de la vendange.
J'aperçus dans une prairie des vaches tigrées qui paissaient fort tranquillement sous la conduite d'un pâtre jouant, à ce que je crois , de la flûte. Cette situation me rappela une églogue de Virgile,, et je dis au berger :
Heureux Tityre, à lombre de ces hêtres, Vous essayez sur vos pipeaux champêtres De doux accords pour votre Amaryllis ; Tandis que moi, loin de ma jeune épouse, Errant au gré d'une étoile jalouse, • Je ne vois plus les champs et la pelouse, Ni les bosquets par sa grâce embellis.
Tityre ne me répondit rien... Et nous voici à Nanterre. Ses gâteaux sont célèbres, je ne sais trop pourquoi ; mais ce fut à Nanterre que naquit la patronne de Paris.
La pastourelle^ au printemps de sa vie, N*eut que des goûts toujours simples et purs; A ses devoirs avec joie asservie, Elle coula des jours long-temps obscurs.
On voyait sous ses doigts, exercés à Touvrage, Rapidement rouler un docile fuseau, Tandis que dans les champs qui bordent le rivage Errait un paisible troupeau.
Mais qu'entreprends-je ? quelle folle audace! Est-ce à moi à refaire les cantiques de mon grandoncle (i)?
Ma voix et profane et légère Exprimerait trop mal de pieuses leçons \ Tai trop d*Ovide écouté les doux sons, Et pour louer cette sainte bergère J'ai trop chanté d'amoureuses chansons.
Sous les dômes touffus de Tombre bocagère, Hélas! comme elle il n'en est plus, dit-on; Cette simplicité nous est trop étrangère; Innocentes amours ne sont plus du bon ton !
S'abandonnant aux molles rêveries, j!| On n'en voit plus errer dans les prairies,
), • * Comme autrefois aux rives du Lignon.
En vain la »ose et son joli bouton • Chaque printemps nous offrent leur parure,
On n'en voit plus dans ce petit canton, De ces bergers rivaux de Céladon ; \ On n'en voit plus... si ce n'est en peinture.
Mais me voilà bien loin, ce me semble, de cette
(i) Le p. de Latour, jésuite, auteur du seul recueil de cantiques qui ait mérité quelque réputation.
A SAINT-LÉGER. l3
yierge à qui Ton a élevé une chapelle dans ces mêmes champs où elle gardait les brebis de son père. Nous courons toujours ; la Seine nous suit , ou , si tu préfères , nous suivons la Seine.
Nos généreux coiu'siers , qu'un postillon criard Presse du fouet et de sa voix altière , Couverts d'écume et de poussière, Font presque voler notre char.
Mais silence!!!
Respect aux morts ! Oui y repose , ombre auguste, ^
O toi que le pouvoir rendit souvent injuste, Toi qui fis cependant admirer tes travaux!
Mais réponds-moi : fallait-il , pour ta gloire , Au triomphe de la victoire Mêler le deuil des échafauds?
'Repose cependant, honneur de ma patrie, *m
Rep^e en paix, toi qui par ton génie 'i
Te fis absoudre de nos maux. ^
Tu dois reconnaître à cette simple apostrophe le personnage, ce cardinal de Richelieu si célèbre dans l'histoire. Puissent ses mânes ne pas s'indîgner de ne voir désormais à Ruel que les vestiges de l'immense château qu'il y fit construire !
l4 VOYAGE
L'œil au loin recherche la trace De ces murs, qui jadis cachant tant de secrets,
Enfermaient dans leur sombre masse Dodieuses amours et de sanglans forfaits.
Un désert à présent occupe tout Tespace
Où régnait Torgueilleux palais.
Il a jadis servi d'asile à un certain Zaga , qui se disait roi d'Ethiopie. Il était venu se réfugier en France ; le cardinal de Richelieu lui assigna cette demeure. Et quand ce pauvre roi mourut en avril 16685 on grava sur sa tombe cette épitaphe bouffonne :
« Ci-gît le roi d'Ethiopie , » Soit original, soit copie; » La mort a fini les débats, » S*il le fut ou ne le fut pas. »
Il ne reste plus dans ces lieux que des débris de ce grand monument , où des soldats frrent comme des ombres.
Pipe à la bouche, larme au bras, Parés de leurs neuves gibernes.
Et toMt fiers de l^irs vieux combats, On les voit franchir à grands pas Les décombres de leurs casernes.
A SAINT -LÉGER. l5
Ils ont remplacé (et ils ne s'ep doutent point), les satellites qui servaient de gardes , et quelque fois de bourreaux à ce cardinale-ministre , à qui succéda un autre ministpe-cardinal.
Moins hardi, moins cruel, mais plus adroit peut-être,
II fut aussi le tyran de son maître.
Richelieu foudroya ses nombreux ennemis,
£t sous. ses lois il fit trembler la terre; Tandis que Mazarin , plus souple et moins sévère^
Sut tromper jusqu'à ses amis.
Mais ils ont fui ces jours de deuil et de vengeance; Du livre des vivans leur nom est effacé , Leur pouvoir est détruit, leur triomphe est |>assé. Et sur leurs froids tombeaux règne un morne silence.
Quoi qu'il en soit, ne nous arrêtons point ; Mai" maison se présente. C'est là que les Normands parurent en 1:^44) ^t comme ils répandirent partout la terreur et la mort^ on appela cette grange Malus parties p mala mansio. Ce n'est plus aujourd'hui une vilaine baraque malsaine ^ sauvage et humide.
Qu'ils sont nombreux les changemens Que produis su^ je globe et le temps et h force ! ^
Ces lieux où dominaient d'intraitables Normands Sont soumis de nos jours à l'intraitable Corse !...<
l6 VOYAGE
Quelle suite dç contrastes ! Cette retraite appartenait à madame de B... quand le plus brillant et le plus harmonieux de nos poètes célébra ces ondes pures qui arrosent ^ en bondissant sur des cailloux , la belle allée de marroniers , dont l'étendue et l'épais ombrage se font également remarquer.
Dans ce beau parc chéri de la nature , Le myrte de Vénus et Famoureux rosier Confondent leur parfum , et mêlent leur verdure Au feuillage éclatant de l'orgueilleux laurier.
Le traducteur, l'émule de Virgile, A chanté le Ruisseau qui coule à Malmaison.
Mais qui pelit égaler les beaux vers de Delille,
Et s'exposer à la comparaison?
C'était alors l'asile des grâces; aujourd'hui cette pompe militaire j ces mouvemens, ces sentinelles, annoncent...
O Destin rigoiyeux, toi que chacun encense, Quand tu veux déployer ta suprême puissance,. Pourquoi ne pas verser la coupe des bienfaits , Saris y mêler encor des maux ou des forfaits .^..
Taisons-noûs cependant, la prudence en fait une loi!... d'ailleurs, nous voilà àMarly. Quelle superbe position ! •
À SAÏNT-LÉGER. ^ I^
Oh! commfe ici les rimeurs descrqf^jfs
Embelliraient ce frivole voyage
Dés agrément Jun vaste paysageJ
Ils te peindraient d'innonibrdbles massifs
D'acacias, et de frênes et d'ifs;
Hs te peindraient im odorant treillage
Toujours propice au ten4re badinage ,
Et ces transports et si doux et si vifs)
D un tendre amant délicieux partage;
Ils te peindraient quelques bergers pensifs ^
Soir et matin errant sur cette plage,
Ou la bergère au svelle et beau corsage
Sait attirer leurs hoAimage$ cfaintifs ;
Us te peindraient cette fille peu sage
Allant parfois se caeher sous l'ombragé
De c^ ormeaux qui couvrent le rivage,
Pour €idh%pper aux Ffcgards attentifs
Des curieux qui^peiiplent son village;
£t ces oiseauQ^ au superbe plumage
Qu'en s^s filets }'ois^€iir tient p^ti£||[^
Et ces coursiers «t fring'ans et rétifs^ * * * ««,
Qta font rouler ce ballant équipage^.,, ''t
Us p^gnent tout messieurs les duscriptifs. ' '
Pour moi ^ je te dirai tout ftimpïement qo*âu
« il
VOTAGK
bas d'une casc^ magnifique , élevée sur les jardins les plus somptueux 9 s'olfre uae Chartreuse isolée ^qui domine une e^l^ade 1j^è&-étendue , ornée de terrasses, de parterrei et de bosquets. Plus haut, sur la cime de h, eoUine, on voyait des arcades de verdure, et douze jolis bàtimtns faisant allusion Mx douze figures du zodiaque. Le pahds du Solett était placé au milieu... Hélas! que de regrets ! il ne reste que les mues de ees anciens édifices. C^s beU«^ çréatiojos du géme de Louis Xiy ont presque eiitié;rei^en^ disparq.
Us régnaient sans rivaux sw le coteau fertile, Ces poRipenx mcmum^, oe riche péri^fylç; Ils ne sent plus ! quel diei| les a sitôt brisés f Le temps n a fait qu'un pas, jç Iqi^^vçHi^. écrasés*
NwLs nous arrêtâmes à ^pntëmpler cette superbe machine dç Vtktlfjf dont Rannequjn est l'ipventeur. Il n^ savait pas Ure V A cette époque les arts nN^taient pa$ Siussi perfectioniiés qu'ils le soqt aujourd'kui» La multiplicité «des rouages qui feisaîfnt îk<)miralion des ijjiiaraâis, était précisémeitt le |Aus grand dtfauA d# eet euinrage. On va le démcyitçr ppurie remplaf^fa^pei^UB plus sinaple ; les réparations qu'il ^ut y faire $opt si considérab)j^ qi|^ ce aei^ prosque une êoonoQue. La moi-»
tié du jeu dé cette machine est arrêtée et rongée par la rouille ; Pautre moitié a besoin du secours de plusieurs bras polir mettre en mouvenient ses innombrables ressorts. .
Qftelle est donc l'audace infinie ' l)e cet atome et faible et limité?...
En voyant ses travaux, on admire, on s'écrie : Que l'homme est grand l quelle fécondité
Et de puissahce et de génie!
Comme cette réflexion m^échapj^a toutkàùt^.
u A tnerv eille ! me dit mon compagnon de.voyage ; il me semble que tous étiez en train de faire une ode pindarique. —«Une od^vaçt ! M •. GuiMaudie ^ une ode! Je m'e^ieraiâ''â suivre les traces^ de Pindare^ quand j'ai Uen de la peine k me^^iner sur celles ftè iTibuRe ttàt Prdperc^ ! Que ne qpt'ar*riyerait-il pâs^e fiineste,* sî j'osais teAtér tfUe si folle entreprise } Ne^yea^xpns pas qu'il a ^^tî à peu pi^s •insU^4t;<ëin^raîr^e#iqui p#urr^ent l'éiH* treprendre: -. ^ ' - .
^ tj'audacieux.quii^eu>suitr6»l^h4are., ' ,^
Se«iibkble»Vimpniâ«»it Icare, .< ,
De sa <diffife eél^ra fHlistréra Its mers. ^ . *
TèYqiitm fiédveolrgueâleux qui tombé des mÀhtagiies^
Et fuit en mugissant à travers les campagnes^ Grossi.par le tribut des monts et des hivers ;
Tal'Pindare, enfant de la gloire ^ Précipite à grands flots les torrcns de sa voix. Soit qu'il élève aux. cieux les héros et les ^ois, Soit que des dieux vengeurs il chante la vietoire,
Toujours fertile en prod4ges nouveaux, Sa lyre triomphante écUpse ses rivaux.
Si dune épouse en pleurs il veut sécher les larmes ^
n redonne la vie aux morts,
Et pour le prix de ses accords Il ne voit pas en vain renaître tant de charmes^.
., ÇSe^X Horace qui fa dit, et pour couronner l'éloge 5 il déclare que les grand»^ sujets l'effraient , et il se èomparc Lui7méme à l'abeille qui voltige sur les fleurs etles^rbres qui embellissent les rivages de Tivoli. Ainsi faisons mieux qil'une ode^ M. Guillaigne^ observons et nendom, justice à cette singulière et jnerveilleose tnachiiij^. Quel délire extatiaue n'éprouve-t-on pa« à l'aspect de ces leviers énorotes qui 1^ meuvent majestueusement et jettent Une partie de la Seine à six cents pieds. de haut; petit voyage q^ui doit étonner beaucoup les Mayades de ces ondes paisible»;* elles partent avec qnç fxtréme, vitesse j et ^ conduites dans de$ ré-
servoirs à Saint-Claud, Marly", Versailles, elles y jaillissent pour le besoin des pauvres et pour let plaisir des riches. . . *
Mais est-ce que vous connaissez Pindare? disje à M. Guillaume^ ce n'est pas cependant un chansonnier du Vaudeville*', — C'est égal, me répondit-il y j'en ai entendp parler j au reste , ajouta-t-il, si vous ne voulez pas faire des odes, faites desyhdles pour la jeunesse, je les. imprimerai, cela se vend bien , les fables sont à la mode. — La mode ne suffit pas, lui répliquai-je , pour assurer le succès d'une belle entreprise; et le souvenir de La Fontaine... — Vous épouvante , reprit-il aus-^ sitôt : cependant Lamotte d'abord, et une foule d'autres ensuite, ont-ils été arrêtés par cette modeste frayeur? — Je le sais ; mais ,
Rival heurëyx, du moins en espérance,
Ihkjablier par excellence ,
LamotC^se jnontra jaloux * D'essayer tous les tons, de plaire à tous les goûts, Et s'emparant du masque de la fable,
Sur les pas de \ inimitable^ U fit la guerre au vice et s'amusa des fous;
Des fous, hélas ! dont parmi nous
L'espèce est, dit-on, innombrable !
Quarriva-t-il? Qu'en son orgueil,
Sa muse, volage et coqpieU^i.
, Fit échouer contre recueil
T!e beau caprice de sa tête.
Moi, par prudence ou par pudeur., Je fais bien d'éviter une telle folie.
Chez lui, chaque pensée a moins de profondeur Que le moindre bon mot, que la moindre saillie Du bonhomme y chantant les belle» et les ]B.ois, !plt chez quf , sans effort, par |[oùt comme par choix,
Raison à la grâce ^'allie.
Et vous voulez que moi , chétif , Qui pour un rien, pour une bagatelle, Sens mon esprit; à bout et Pégase rétif.
Taille à mes chants d'amour devenir iniidèlfS ! Non, non : mon faible luth totqours résonnera Pour la beauté que je rendis sensible ;«
Et corrigera qui voudra Ce pauvre genre humain toujours incorrigible.
Mais au moins^ me dit- il compjaisaniment , fjiîtes quelque poémef — ^ Un poëm^iJ grapd Dieu ! ce serait bien encore là une trop audacieuse entreprise et une plus grande faute.
C'est à Virgile, 9k VégaL de& Homère, De partager un laurier gloiâeux.
De Yêigle altier Véksôr anibitieox
Ira sonder les ptailiès an tbmterre ;
Mais presses eaux, &ous des bosquets. ombreux,
Doit voltiger le ramier de G jthère.
Anacréon, si constamment cité^
A-t-il redit la guerre et la vietoke^
Il préférait une plus douce gloire. ^ «
Cbantre brillant de la Beauté,
Poète heureux, convire aimable, «
L jcoris et la volupté ,
Les jeux, les ris, le vin, la table,
In6|>iraient son luth enchanté ;
Tibulle en caressant Délie,
Catulle en flattant sa Lesbie, Horace de Glycère apaisant ]a fierté , ]Properce redisant les Ëivenrs de Gyntfaie,
Calvus nous vantant Quintilie,
Volaient à l'immortalité ,
Comme Boufflers en chantant la folie.
Cela dit , pour apaiser Pardeur imprimante de M. Guillaume, ne, tfatersons pas le Village de Marly , sans remarquer lé siornihet dé cette liiértic colline, où se trouve Taqueduc composé de trente- Wt arcades. --^ y oi^-tfi k preu dé distance, ma chère
Éléonore j ce joli pavillon ? U fut bâti en trois mois pour madame la comtesse Dubarry.
C'est le pavillon de Luciennes, Quelle situation! que k construction en est belle! Il était enrichi de tout ce que Iqs arts avaient pu fournir de fdus agréable à la maîtresse d'un roi puissant. Ah ! lorsque des Françaîfe-Vandales dégradèrent brutalement ses corniches , ses entablemens^ ses basreliefs^ ne conservant rien de tant de chefs-d'œuvre enfant^ par les arts^ de jaloux étrangers se saisirent des marbres , des bronzes , des peintures (jui en faisaient l'ornement. La main'de l'anai^chie a passé par-^là.
B&tk est beau, mais détruire est sublime,
A écrit Voltaire, Nos modernes Brutus ont bien connu cet étrange sublime; aussi l'intérieur de Luciennes est à présent tout en ruines.
En ce temps-là, c était le temple
Des Arts, des Grâces, de T Amour ; Celle qui remplaça la belle Pompadour
Du pl^sir y donnait l'exemple, Et nombre de beautés Timitaient à leur tour.
ie ne ferai cei^tainement pasM'éloge de cette
Favorite , vantée par les uns y dépréciée par les autres.
Je sais fort bien tout ce que Ton publie •
Contre ses goûts et ses faciles mœurs ^ Elle était à la fois jeune, belle, jolie, Et Ton sut r entourer d'aimables séducteurs !•••
Âh! par pitié pour ses longues douleurs, Bornons-nous à gémir des écarts de sa vie.
C'est, je crois, dans l'un de ces délicieux vallons que devait être
Ce tranijuille et riant séjour
Où, loin des rives de l'Afrique ,
Dans un loisir tout poétique, Pamy, Bertin, Bonnard , cbantèrent tour à tour
Sou^ les bosquets de Feuillancour^ La gaîté, les plaisirs et la liqueur bachique.
Et les malices de l'Amour.
C'est aussi non loin de là que Gabrielle d'Estrées avait une habitation que les dévastateurs révolutionnaires n'ont pas songé à détruire. Mais je n'ai pu la découvrir , ni M' Guillaume me la montrer.
<]e gros librairie y assez rempli de sèle
Pour mettre au jour force abnanachs nouveaux,
S'informe peu si, près de ces coteaux.
Subsiste eneor le toit de Gabrtelle;
Quelle ait vécu plus tendre que fidèle ,
Par sa beauté subjuguant tous les cœurs,
Cueillant partout des plaisirs et des fleurs ,
]St des Amours se faisant une escorte;
Que Bellegarde eût part à ses faveurs,
Qu'il la trouvât aussi vive qu'accorte !...
Très-gravement, il me dit : « Que m'importe!
« Je ne fais cas que de nos bons auteurs,
» Et ne connais que ce qui me rapporte. »
Nous voyons toujours la Seine. Elle est bordée de corbeilles flottantes qui ressemblent beaucoup à celle où Moîae fut déposé sur le Nil. Elles sont arrêtées à des poteaux et cachent la richesse d'un grand nombre de pécheurs. Ik y conservent les poissons qu'ils ont pris dans leurs filets.
Mais, à propos de filets, nous voilà à Saint-^ Germaiû^n^^e y où madame Campsn tient une maison d'éducation^ pour liss demc^eHes.
14 peut-être un Achille en un repos honteiix Si^éloigne des combats pour suivre son amie,
Et trompant un cœur Tortueux, *
D une feinte amitié flatte Dâdaiii)ie.
Puisse cette crainte n'être qu'une erreur de mon imagination ! ! ! Que n'ai-je eu assez de temps pour m'arrêter, je serais allé voir
L'aimable et jeune Félicie Qui doit briDer au milieu de ces fleurs, Gomme une marguerite, au sein de là prairie, Du modeste bluet efface les couleurs.
Mais nous sommes si pi^essés ! nous allons si vite! Cependant, quoique nous courions beau?
coup , il y aurait de la maladresse à négliger de parler d'Henri lY, tput^ les fois q^e l'occasion s^en présente. Le président Faucher alla lui faire, ^ sa cour à $aint-6ermain : il espérait en obtenir quelque grâce. — Quand il arriva, on venait de poser un bas-relief dans une niche du château neuf, que le roi faisait construire sur la croupe de la montagne (i)^. Ce basT!relief présentait une. empreinte qui , psff ua hasard singulier, ressemblait à Faucher. Ce prince lui dit : Monsieur le^ président ^ j' ai fait mettre là vojtre ejjvgie pour
n^m^l^^.^«**««iip«4^^iiMMrwMMwa.Éw«i^papmwniwpi
(i) II a été démoU.
perpétuelle mémoire, Gebadinage excita la verve du magistrat^ qui fit à ce sujet les vers suivans :
« fai trouvé dedans Saint-Germain » De mes longs travaux le salaire ; » Le roi de pierre m'a fait faire, » Tant il est courtois et Aumain :
» S'il pouvait aussi bien de faim » Me garantir que mon image ,
V Ah! que j'aurais fait bon voyage!
» J'y retournerais dès demain.
» Viens Tacite , Salluste, et toi % -Qui as tant honore Padoue,
V Venez ici faire la moue
T» En quelque coin ainsi que moi. »
Quelqu'une de ces bonnes âmes , * dont le nombre foisonne dans les cours , se hâta de montrer au roi cette épigramme. Qu'en arriva-t-il ? L'auteur fut-îl exilé? Sa disgrâce fut-ellë com- • plète? Perdit-il sa charge? L'enferma-t-on à la
Bastille? C'est le sort qu'il aurait eu sous
Louis XI ou de nos jours : mais Henri IV , ce bon roi , à qui le franc d'Aubigué répliquait par cqtte singulière saillie : Dormez ^ Sire , nous en as^ons bien d'autres à dire ! Henri IV sourit ^ il
trouva cette boutade aussi piquante que vive , et
il condamna Fauteur à recevoir dix-huit cents
francs de pension , et le nomma en même temps son historiographe.
Il voulait laisser à Thistoire
Sa franche et ferme austérité ^
Car, qui jamais eut plus de gloire
Et craignit moins la vérité ?
• L'origine de Saint-Germain remonte au règne
du roi Robert. Tu vois que cette jolie ville est assez antique. Il y a un château royal bâti par Louis VI , que Charles Vy dit Christine de Pisan^ fit moult notablement réédifier. François I" Faugpienta considérablement ; He#rî IV s'y plaisait beaucoup , et Louis XIV y naquit ! Avec quel plaisir je serais allé visiter ce vaste édifice que d'illustres monarques habitèrent si long-temps ^ et tette terrasse de 1:200 toises de long sur i5 de large , ouvrage de Le Nostre , une des merveilles créées dans le grand siècle y d^où Fœil découvre un lointsâit sans* bornes ^ qui forme \ dit-on , un tableau que rien n'égale ; et cette immense forêt qui renferme une abbaye , fondée en i Ç^^^ ^ par Anne d,'Autriche (i), où de pieux solitaires éle-
(i) L'abbtye des Loges. Cette reine, que le factieux car-
3o VOYAGE
vaient constamment leurs prières vers le ciel pour la prospérité de la France, de cette belle France^ si heureuse alors et si bien gouvernée !... ainsi que ce modeste asile où Du Breuil, médecin, et Pechméja, homme de lettres, habitèrent et mourureht ensemble ; nobles amis dont le nom doit vivre à côté des noms révérés d'Oreste et dePylade, d'Ëuriale et de Nisus ; sans oublier la retraite des vertus, des gr&ces, de Pesprit, cet hôtel où le prince de Beauvau et son ainoiable compagne sont venus se réfugier après nos orages révolutionnaires , et y oublier tous leurs malheurs et toutes leurs pertes , en faisant des heureux^ par les charités et les consolations qu'ils ne cessent de ré-^ pandré autour d'eux. •
Ici Jacques second ^ détrône par Guillaume , (Non pair cdui qui voyage atec ihoi^ Car pour jamais devenir Roi Franchement il est trop bon homme) ; Jacques^ pour oublier les ruses du démon, Et la perte de son royaume^ Allait souvent s'endormir au sermon.
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dinal de Retz a calomniée» avait fait bâtir on pavitton dans une partie du jardin, où die venait souvent passer plusienrs jours , loin du tumulte et de la pompe de la coui) dans le stlenee e( îe recueillement.
A SAINT- LÉGER. * 3l
Cependant les torts de l'usurpateur Guillaume envers son infof tun^ beau-père ne m'eussent pas ^tièrement occupef. J'avais à rappeler des choses plus agréables.
Eléonore de Modène^ Epouse du roi détrôné, Dans cette cour où Sévigné De l'esprit était souveraine, Par ce charme qui nous entraîne Auprès d'un héros couronné.
Vint, contre le sort obstiné, Éédamer ses secours en reine.
Louis Xiy, n'écoutant que la gloire d'être utile à une illustre princesse, arma une flotte pour défendre ses justes droits; et ce grand roi,
Pour la soustraire à son malheur.
Prodigua, dans sa bienfaisance.
Tout cç qae peuvent la puissance.
Et les trésors et la valeur.
Malheureusement les vents furent contraires y. la tempête s'en mêla et Tusurpatiorf fut accomplie!... C'âsrt encore dans cet asile hospitalier^
id * VOYAGE
Qu'émule heureux de Bachaumont, flje confident de Gnide et de Gjthère, Près de Chaulieu, du vieux Saint-Evremont ^ Admis aux jeux du double mont, Aux échos de ces bois , racontait sans mystère
Tous les hauts faits du volage Grammont, Du Bélier^ mon ami y transcrivait les sornettes, JjC faisait commencer par le commencement ^ Et se moquait très-joliment Des romanciers et des poètes Qui n'avaient pas son agrément.
J'aurais bien voulu aller parcourir la forêt où il dut être tant de fois inspiré; mais, attendu par un autre Hamilton , je me voyais forcé de saluer Saint-Germain au plus vite. Toutefois,
Au souvenir de Philibert y
En m'éloignant , mon œil avide ,
Vers ce beau lieu d'arbres couvert,
Cherchait l'énorme pyramide y
La fafttaine au cristal limpide^
Le yH pinçon , le berceau Tjert^
£t cette beauté si timide,
Mais fière et fraîche comme Armide,
A SAINT- LâGER. 33
Fille du fameux Parabert^ Qui descendsij: de Dagobert^ Et n était qu'un simple druide^ En art nia^llquejort expert;
Suivant la chroni^e embellie
Que traça , tQiiaat dans sa main
Tous Us grelots de la Folie, >
Le poète de Saint-Germain ,
£i de l'aimable nymphe Alie^
Et de Moulineau Finhumain,
"Et de Fleur-d' Epine diCcom^Me;
Quand sur ces rivages çbarn)^ns, • . i
Léger et gai comme Pétrone , . . , ^
Il écrivait ces beaux romans
Où de Tauteur dé la MâfroAZé ^ ' ' '
Il rappelait les agrémens .
Et la muse vive et bouffonhe.
Mais jamais ^/{'é à mi^s jeiïx
N'ocrait sa figure angeline, •
Son air doux, son port gracieux;
Lorsqu'un citadin'curieux,
En s'approcbant de ma berline, .
Me dit d'un ton fort sérieux :
« Là-bas, au fond de la colline^ Dans ce séjour délicieux, '