‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 39 sur 145 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

MÈDINE

Les Européens dans le Haut-Sénégal. — Les chutes du Fellou. — Village de Sambala. — Paul HoUe. — Duranton. — La famille Duranton.

D est reçu par le docteur Chevrier, qui était de Rochefort ou des environs. C'était un homme très aimable et fort gai. Il était Tun des rares Européens qui supportent sans fatigue le redoutable climat du Haut-Sénégal, ce qui tient, d'après Soleillet, à ce qu'il ne craignait pas d'aller au soleil. U a été l'une des victimes de la fièvre jaune.

Presque tous les Européens qui sont à Saint-Louis ont le teint pâle des prisonniers. Ds redoutent le soleil et s'enferment dans des pièces bien closes pour éviter les insolations, dont on peut fecilement se garantir, et se privent de la chaleur du soleil qui est la source de la vie animale aussi bien que de la vie végétale.

Cette crainte du soleil a pour cause les innombrables insolations qui firent jadis tant de victimes. Et comment en aurait-il été autrement? Les soldats qui débarquèrent au Sénégal en 1817, avec le colonel Schmatz, portaient, les uns le shako, les autres le bonnet à poil, coiffures anti-hygiéniques qui devaient causer et qui causèrent de nombreux accidents. Avec des chapeaux de feutre ou de paille garnis d'une coiffe blanche extérieure, ces accidents ne sont pas à craindre.

Mercredi 19 juin. Dès le matin, Soleillet va visiter les chutes du Fellou. Les eaux sont basses et l'on ne voit pas de cataractes,

mais les roches sont très curieuses et, dans plusieurs d'entre elles, Teau a creusé des cuves. Dans les rochers nichent de nombreux pigeons, d'une belle espèce, très grands, au plumage d'un gris ardoisé.

Là se trouvent des soldats de Sambala. Us font le guet, car on craint, à tout instant, une attaque de Niamodi.

Le soir, Soleillet visite, avec le commandant, le village de Sambala. Au milieu de ce village, grand et sale, s'élève le tata, qui est clos par une enceinte de terre sèche assez élevée.

Les traitants de Médine payent les coutumes au sultan de Ségou.

Le poste de Médine marque la limite de notre occupation sur le Sénégal. Comme centre commercial il a peu d'importance, mais il en sera tout autrement le jour où nous entrerons en relations suivies avec l'empire du Ségou.

Il est célèbre dans nos annales sénégalaises par le siège qu'il soutint, en 1855, contre El Hadji Omar. Le commandant français montra une énergie, un courage, un dévoûment au-dessus de tout éloge. Ce commandant était Paul Holle, un simple civil, un mulâtre né à Saint-Louis.

D est mort commandant du poste de Médine et a été inhumé dans l'angle sud-ouest du cimetière. Il repose sous une large dalle qui porte cette inscription :

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