‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 5 sur 145 · VIII PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET

Le général voulait réunir Médine au Niger par trois postes. On en attend toujours la création (i), et sans doute on l'attendrait longtemps encore si l'on ne m'avait confié une nouvelle mission dont le but principal était :

1° De reconnaître la route commerciale de nos possessiofis de la côte occidentale au Niger ;

2° De faire une enquête minutieuse, dans l'empire de Ségou, sur les productions et la consommation du Soudan de l'Ouest,

Cette enquête, je viens de la terminer ; en voici les principaux résultats :

1° Les souverains du Soudan, et spécialement le sultan de Ségou, ne voient de progrès possibles pour leurs pays que dans des relations de commerce avec les Blancs.

2° Sauf la population Toucouleur, qui perd chaque jour de son importance, les diverses peuplades du pays sont laborieuses et industrieuses. Les Bambaras furent justement et ingénieusement comparés, par le général Faidherbe, à nos Auvergnats. Les Soninké ou Sarrakolets, établis au Séfiégal depuis des siècles, sont connus de nos colons pour leur habileté exceptionnelle comme mariniers, pour leur intelligence comme employés de commerce, pour leur facilité à s'assimiler les langues, pour leur honnêteté comme marchands, pour leur adresse comme ouvriers, pour leurs connaissances en agriculture.

y fai trouvé comme productions naturelles du sol de l'or et du fer magnétique d'une qualité supérieure, valant les meilleurs échantillons de la Norvège.

4° Dans les forêts du Soudan, on trouve des arbres de toute essence pouvant être employés à tout usage : construction, ébénis-

(i) Ils sont aujourd'hui construits à Bafoulabé, Kiia et Bammakou.

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