‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 4 sur 145 · PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET VII

direction sud-nord, traverse, jusqu'à Bammakou, une région montagneuse, et donne accès aux riches placers duBouré. Il coule ensuite au milieu de terrains d'alluvion qu'il a créés, puis se partage en branches nombreuses, comme s'il en voulait rendre l'exploitation plus facile. Coulant toujours du sud au nord, il touche au territoire de Timbouhtou, tête de ligne des caravanes du Sahara occidental. A trois degrés à l'est de Timbouktou, il tourne au sud-est et va se jeter dans le golfe de Guinée,

Ce fleuve serait parfait sans les rapides de Boussa qui, jusqu'à présent, far ent pour le commerce une barrière infranchissable.

Le Niger forme ainsi deux bassins distincts : l'un, en aval de Boussa, accessible par l'Océan ; l'autre, en amont de Boussa, accessible par le Sénégal.

De Médine, point où le Sénégal cesse d'être navigable, à Bammakou, point où le Niger le devient jusqu'aux chutes de Boussa, il n'y a pas 200 lieues, tandis que de Bammakou à Boussa il y en a plus de joo, et que de Médine à Saint-Louis, par le Sénégal, il y en a 240. Une route de terre entre Médine et Bammakou nous ouvrirait donc une voie navigable dejoo lieues.

Si l'on veut bien observer que les cataractes du Fellou et de la Gouina, qui interrompent la navigation du Sénégal, ne sont pas des obstacles insurmontables, on reconnaîtra que ce fleuve pourrait être ouvert jusqu'à Bafoulabé, et même plus loin dans la direction du Niger. De plus, entre ces points encore indéterminés et le Niger, il serait facile, en utilisant les eaux des lacs et des marigots, qui sont nombreux, de faire communiquer, par un canal, le fleuve français avec le fleuve soudanien.

Ce projet n'est pas nouveau. Il était le but principal de la mission donnée à Mage, en 1 86 j-66, par le gouverneur Faidberbe.

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