‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 7 sur 145 · X PREFACE DE PAUL SOLEILLET · texte numérisé non relu

X PREFACE DE PAUL SOLEILLET

7« fai trouvé le Soudan bien peuplé, Sifai traversé plusieurs villages abandonnés, fai pu constater, dans les régions vues par Mage et Quintin, une augmentation notable dépopulation. C'est une preuve que, le jour où nous pénétrerons dans ces régiœis, le capital homme, l'élément le plus certain de production et de consommation, ne fera pas défaut.

On n'a jamais douté, je crois, de la richesse du Soudan, mais on s'est beaucoup préoccupé de la consommation de popidations qui ne demandent presque rien, en ce moment, à l'industrie européenne.

En se posant cette question, on n'a pas tenu compte des difficultés qui s'opposent aux transactions entre le Soudan et les postes occupés par les Européens, Ces difficultés sont d'une seule espèce. Dans le Sahara, un homme conduit cinq chameaux portant 200 kilogrammes chacun, tandis qu'au Soudan, où le chameau ne vit pas, les transports se font à dos d'hommes, d'dnes ou de bceufs. Quand on se sert des ânes ou des bœufs, il faut à chaque bête un conducteur pour la traversée des marécages et des torrents, car dans ces parages difficiles il est nécessaire de soutenir la charge, souvent même de la porter sur la tête. Dans ces conditions, le trafic est nécessairement borné aux objets qui représentent une grande valeur sous un petit volume, c'est-à-dire à l'or, à l'ivoire et aux plumes. Les captifs servent pour ces transports. Les difficultés étant les mêmes au retour, les Sondaniens ne peuvent introduire dam leur pays qu'une très petite quantité de Jios produits manufacturés. Par le fait même de leur rareté, ces produits atteignent, sur les marchés du Soudan, des prix excessifs, et sont inaccessibles à la masse des consommateurs. Il en serait tout autrement si des transports faciles et économiques permettaient au

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