Partie sont rangés des espèces d’établis où l’on dé
colle la morue, Rien ne peut donner une idée de l'odeur infecte du Chauffaut. C’est le Charnier le plus horrible à voir, Une atmosphère chargée de vapeurs ammoniacales Y règne constamment. Les débris de poisson à moitié pourris ou en décomposition complète accumulés dans l’eau, finissent Pal Sagner l’intérieur du lieu et Com viers ne sont pas gens délicats, guère à se débarrasser de dices.
me Îles grails ne songent ces horribles immon-
Is sont là, le couteau à la m cadavres, tranchant les chairs, üins, déchirant les vertèbres, pas se piquer eux-mêmes; çar c’est le plus réel danger qu’ils aient à Courir. La moindre lésion de leur épiderme suffit Pour donner entrée dans le Sang au virus dans lequel ils se plongent toute la journée et Pour empoisonner leurs veines. Les maux d'aventure sont fréquents parmi eux et enlraînent de graves conséquences qui aboutissent quelquefois à la nécessité de l’amputation. Mais ceci mis à part et l'habitude contractée » le gravicr vit sans le moindre dommage pour sa santé, ni même pour son bien-être au milieu d’une odeur
Dropre à asphyxier les Sens qui n’y sont pas faits de longue main.
ain, dépeçant leurs arrachant les inteset prenant soin de ne
Puisque j'en suis sur ce genre de description, Je
ferai aussi bien de lépuiser tout d’un coup en parlant des cageots.
Un cageot est une installation en planches qui peut avoir deux à trois mètres de côté et la forme d'un cône renversé. Le fond est à claire-voie et domine une large cuve enfoncée dans la terre. On monte au cageot par un sentier tournant. C’est là qu'on verse les foies de morue afin de les faire fermenter. L'huile découle par la claire-voie dans la cuve où on la recueille ensuite afin de l’enfermer dans des barils. Pour un esprit observateur il y a lieu de se demander ce qui est le plus repoussant de l’aspect du chauffaut ou de celui du cageot. Je laisse la solution de ce point à de plus habiles, et me sens heureux de pouvoir désormais éloigner précipitamment jusqu'à ma pensée de l’un aussi bien que de l’autre.
Jusqu'à ces dernières années, la manière dont nos gens s’y prenaient pour saler la morue donnait lieu à des critiques universelles ; bien que dans plusieurs pays on la préférât pour certains motifs et surtout à cause de son bon marché à la morue anglaise, il est certain toutefois qu’elle était préparée avec moins de soins, qu'on y prodiguait trop le sel et qu’elle se conservait moins bien. Ce qu’on ne sait pas en général, c’est qu’au dix-septième siècle et un peu plus tard, la façon appelée aujourd’hui anglaise était la nôtre. Nos concurrents
up CH par-
lanches qui et la forme -voie et doà terre. On nt. C'est là le les faire voie dans la fermer dans | ya lieu de ant de l’as- )t. Je laisse biles, et me gner précissi bien que
anière dont rue donnait 1 que dans ains motifs à la morue tait prépaliguait trop n. Ce qu’on ix-septième
appelée au-
concurrents
usaient de celle que nous avons depuis adoptée pour aller plus vite.
Mais, parmi nos Capitaines gens actifs et de bon sens pas à imiter les Anglais, m ciens us, Au lieu de couvr de pelletées de sel, ils e
que ce préservatif soit
, il Se trouve des qui commencent, non ais à revenir à nos anir au hasard le poisson xigent de leurs hommes appliqué en plus petite quantité et avec plus de Soin, principalement le long de l’'épine dorsale. Ils Soumellent le poisson à une dessiccation plus longue: ils l’emballent dans des caisses plus petites, où à l'aide de presses ils en font entrer davantage, et ils obtiennent ainsi des résullats ;que l'expérience des dernières années à fait reconnaître très-supérieurs à ceux que l’on avail atteints jusqu'ici.
Il est très-désirable, dans l'intérêt français, que ce relour aux bonnes méthodes continue, et que de pareilles habitudes s'étendent.
Tout établissement de pêche, à l'île Rouge comme
ailleurs, a surtout besoin, outre les chauffauts et les cageots, de ce qu'on appelle les graves, puisque c'est là qu'on sèche le poisson. Sans les graves, il n'y aurail point d'exploitation possible, et c’est pour ce motif que nous jouissons du droit d'occuper la côle pendant la saison de la pêche.
Les graves n'étaient dans l’origine que les grèves
même, dont le nom est ici prononcé à la normande.
Les pêcheurs étendaient leurs captures sur les galets et n'en savaient pas plus long. Avec le temps, on à perfectionné et l'opération et les moyens de l'accomplir, de sorte que, ne se contentant plus de ce que pouvait offrir la nature, on construit maintenant en pierres et dans tous les lieux bien découverts, particulièrement exposés à l’action du soleil et surtout du vent, des graves artificielles. Le soleil dit-on, ne sèche pas, il brûle; le vent au contraire, remplit merveilleusement l'office, et afin d'évite l’un et de favoriser l’autre, on a aussi inventé; ce qui s'appelle des vigneaux. Ce sont de longues tables de branchages mobiles que l’on peut incliner dans tous les sens, suivant que l'on veut soumettre directement la morue à l’influence du vent ou la soustraire à celle des rayons solaires, ce qui, du reste, est rarement redoutable. |
Et voilà la moisson de Terre-Neuve. Qu'on se figure des côtes stériles, un ciel gris, la campagne couverte de séries de vigneaux et de graves de pierres ou même de bois sur lesquels s’étalent et se racorissent à mesure qu’elles sèchent des milliers de morues. (à et là, de vastes meules de poissons attendent un arrangement symétrique et le moment d’être mises en caisses ou en tonneaux. Cette opération terminée, il ne reste plus qu’à tout expédier sur les pays catholiques de l’ancien et du nouveau monde,
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VOYAGE A TERRE-NEUVE. 191 sur les pays à nègres, principalement, où s'en fait la plus grande consommation.
Je n'ai pas dû peindre un établissement de pêche sous des couleurs bien séduisantes, parce que la vérité s'y oppose complétement, mais il ne s'agit là que du côté matériel des choses el on ne verrait pas la réalité telle qu'elle est si on ne considérait aussi la question d'une autre manière.
Il y à un charme très-positif à considérer ces petites sociétés d'hommes laborieux que chaque printemps voit revenir sur la côte toujours à peu près les mêmes, Le gravier, le pêcheur, le Capitaine, le docteur sont des physionomies curieuses à observer et qui ne manquent assurément ni d'originalité ni de puissance. La patience de l’un dans sa misère, l’activité insouciante de l’autre, les nuances infinies de caractère, d'intelligence, de sagacité, quelquefois, malheureusement , d'ineptie que l’on remarque chez le troisième, le rôle un peu trop élevé, rarement bien rempli que devrait jouer le quatrième, présentent une suite d'observations extrêmement
curieuses. L'existence n’est ni vide, ni fastidieuse,
ni accessible à l'ennui au milieu d'intérêts trèsprésents. Les plaisirs sociaux n'existent pas et rie
Sont pas trop regrettés. Tout au plus, le soir, le
Capitaine et le docteur, en fumant leur pipe, trou-
vent-ils un vieux jeu de cartes pour faire leur par-
tie; tout au plus quelques livres égarés dans Ja
malle du dernier apportent-ils sur ces plages comme un parfum de belle littérature, Je me souviens d'avoir vu, à l'ile Rouge, dans la cabane du jeune docteur, entre un fusil de chasse et un flacon de pharmacie, deux ou trois volumes parmi les-
quels se trouvaient les poésies d'Alfred de Musset.
Mais chacun a l'imagination fortement tendue vers le résullat de la pèche du jour, et la fin probable des efforts de la campagne; on compare les chances existantes à celles des années antérieures. Les souvenirs sont inépuisables sur ce chapitre ; les ‘necdotes pour être tout à fait techniques n’en sont .pas moins pleines d'intérêt au sens de ceux qui les rapportent comme de ceux qui savent comprendre. Une barque qui passe apporte des nouvelles des autres établissements. On sait quel navire est dans le voisinage à dix lieues à la ronde et ce qu’il vient y faire. Enfin, on attend surtout le passage des bàtiments de la division navale, et le moment où le commandant en chef entre dans la cabane d’un capitaine est un grand moment, On ne manque pas dans une circonstance aussi solennelle d'offrir avec empressement ce qu'on à de meilleur. Pauvres gens! Ils ne sont pas gâtés. Quand ils possèdent quelques bouteilles de cidre de Normandie, ils se considèrent comme des Sardanapales.
En somme, et la meilleure preuve à donner que celle existence en vaut bien une autre, c'est la pro-
ces plages
Je me soucabane du t'un flacon parmi les-
de Musset.
nt tendue la fin proinpare Îles ntérieures.
apitre ; les n'en sont °ux qui les mprendre.
velles des e est dans qu'il vient ve des bànent où Île e d’un caanque pas offrir avec Pauvres possèdent lie, ils se
onner que st là pro-
fonde indifférence nouvelles d'Europe, qui ont un rapport direct avec soucie de rien savoir des grands événements du globe, on n’en demande rien ct quand on en entend quelque chose, on en parle avec le même dé-
lachement que s'il s'agissait du Japon. Ce qui
intéresse véritablement à l'ile Rouge, ce sont les nouvelles de la Tête à ta }
‘ache ou de Port-à-Port, et réciproquement.
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