‹ Voyage à VeniseChapitre 4 sur 27 · DE VICENCE A PADOUE · texte numérisé non relu

DE VICENCE A PADOUE

Près de Padoue, au sein de ce riche pays

Où le pampre s'étend sur le blé de maïs

(Que n'ai-je vos pinceaux, Titien ou Véronèse, *

Pour ce divin tableau digne de la Genèse!),

Une femme était là, caressant de la main

Un bambino couché sur l'herbe du chemin :

Plus souples et plus longs que les rameaux du saule,

Ses cheveux abondants tombaient sur son épaule ;

Elle était presque nue, à peine un peu de lin

Lui glissait au genou ; plus d'un regard malin *

Courait comme le feu de sa jambe hardie

A sa gorge orgueilleuse en plein marbre arrondie.

Elle se laissait voir naïve en sa beauté

Sans songer à voiler sa chaste nudité ;

Dieu Pavait faite ainsi, comme il avait fait Eve ,

Un matin qu'il voulait réaliser un rêve :

Pourquoi cacher au jour ce chef-d'œuvre charmant

Créé pour être vu, di\ in enchantement !

A la fin, devinant qu'on la trouvait trop bille, Elle voulut voiler cette gorge rebelle - y

Elle étendit la main, mais le voile flottait. Son front avait rougi ; de femme qu'elle était Elle redevint mère : — avec an doux sourire , Un sourire plus doux que je ne saurais dire , A son petit enfant elle donna son sein , sublime aotion ! Les anges par essaim , Chantant Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes L'altière volupté de ces saintes mamelles.

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