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OBSERVATIONS DE TRADUCTEUR

Il est indispensable, pour bien faire apprécier la portée et l’actualité de cette publication, ainsi que les circwn stances qui y ont donné lieu, de rapporter quelques extraits du compte rendu des séances de la Société impériale et centrale d’agriculture.

Le 21 juillet 1852, M. Liautaud, chirurgien de la marine, communique des notes sur la culture du Thé au Brésil et sur les résultats qu’on en obtient.

M. Pépin, chargé d’en rendre compte au nom de la section des cultures spéciales, s’exprime ainsi dans son rapport : « La Société verrait avec intérêt un traité composé de tous les éléments théoriques et pratiques sur la préparation et sur la culture de l’arbre à Thé. Ce serait un ouvrage souvent consulté pour la culture de cet arbre, et surtout pour la manipulation et la torréfaction de ses feuilles. »

M. le rapporteur exprime ensuite l’avis qu’il pourrait être utile de faire, seulement à titre d’essai, quelques tentatives de cette culture dans les départements du Yar, des Pyrénées-Orientales et dans l’ouest de la France.

M. Chevreul fait remarquer que ces conclusions sont très-modérées, puisqu’on limite à deux départements et à la région de l’Ouest les expériences proposées, et encore à titre de simple essai. « Il y a, d’ailleurs, ajoutet-il, une autre observation à faire. Il résulte, du rapport de M. Pépin, qu’en 1839, à la suite de la mission de M. ( juillemin au Brésil, des pieds de Thé ont été envoyés dans plusieurs départements méridionaux et dans l’Ouest. Il ne s’agirait donc ici que d’essais à continuer, et qui peuvent être considérés comme la suite d’une expérience qui n’est pas achevée. »

Suivant M. Robinet, cette question du Thé présente deux parties distinctes. « Jusqu’ici, dit-il, il ne paraît pas qu’on ait pu produire du Thé en dehors des GlVvnois. » On ne sait pas bien encore ce que c’est que le Thé préparé en Chine. Il y a donc d’abord une expérience scientifique à tenter, c’est de savoir si on peut faire du Thé; ensuite de savoir si ce produit obtenu deviendra une industrie plus ou moins lucrative : c’est une seconde question subordonnée à la première. En résumé, M. Robinet est d’avis qu’il serait utile de se livrer à des expériences, mais sur une petite échelle.

M. Chevreul croit que, dans certaines possessions anglaises, on est parvenu à préparer du Thé, et fait observer que les manipulations les [dus essentielles sont celles qui ont pour objet de développer baronne.

M. Payen dit que l’insuccès des tentatives faites par

plusieurs expérimentateurs a pu dépendre de deux circonstances. En premier lieu , le climat sous lequel on avait cultivé le Thé n’était, sans doute, pas aussi favorable au développement des principes immédiats qui, sous l’influence d’une sorte de torréfaction légère, produisent l’arome spécial. Dans l’examen auquel il s’est livré avec M. de Mirbel relativement à l’anatomie des feuilles du Thea viridis, il a trouvé un grand nombre de glandes qui sécrètent une huile essentielle spéciale. Il est probable qu’il existe une relation entre la production de l’huile essentielle, qui peut contribuer à l’arome, et les conditions climatériques auxquelles la plante est soumise. Il en résulte qu’il est important, comme dit le rapport, de satisfaire à cette première condition en cultivant l’arbre à Thé sous un climat qui puisse produire les principes d’où dépend l’arome, et notamment l'huile essentielle. En second lieu, il faut trouver une préparation propre à développer cet arôme, dont les éléments se sont formés dans la plante sous l’influence du climat. M. Payen croit donc qu’il serait intéressant de faire des expériences sous ces deux points de vue.

Le 24 novembre suivant, M. Liautaud lit un second mémoire sur des essais de culture de Thé qu’il a commencés, en Algérie, près de Blidali.

Renvoi à la section des cultures spéciales.

M. Seguier fait observer, à cette occasion, que ce qui importerait surtout dans la question du Thé , ce serait de connaître le mode de préparation à l’aide duquel les Chinois lui donnent cet arôme si apprécié. « On a déjà « pu, ajoute-t-il, faire réussir des pieds de Thé et en ré- .« coïter la feuille dans plusieurs localités; mais le Thé

<]u’on a obtenu avec ces feuilles n était pas bon, faute « d’avoir reçu les préparations convenables (1). «

L’honorable M. de Jussieu, dont la Société ressent encore si vivement la perte, dit qu’il a paru récemment, en Angleterre, un ouvrage qui fournirait, sans aucun loute, des données intéressantes sur cette question des procédés chinois pour la préparation du Thé. C’est un voyage fait, en Chine, par un horticulteur nommé Robert Fortune. Son livre, intitulé les Contrées à Thé de I Inde et de la Chine, contient un chapitre spécial sur cette préparation.

Le l'J décembre, M. Pépin lit un rapport, toujours au nom de sa section , sur la nouvelle communication de M. Liautaud. Ce rapport contient, entre autres, les passages suivants, qui fixent d’une manière particulière ü’attèntion de la Société :

« C’est dans les gorges profondes des montagnes du petit Atlas, entre les villages de Souma et de Dalmatie, près de Blidab, que M. Liautaud s’est livré, cette année, à des expériences sur la culture de l’arbre à Thé.

« En arrivant dans ces contrées, M. Liautaud fit l’acquisition d’un jardin qu’il soumit immédiatement au défonçage; après quoi il le divisa en plates-bandes de 1 mètre de large, afin d’y planter les jeunes pieds d’arbre à. Thé rapportés du Brésil par ses soins, et ce fut vers la fin d’octobre dernier qu’il sema les graines en lignes parallèles à la longueur des plates-bandes. M. Liautaud avait choisi l’époque des pluies automnales pour faire cette opération, et, quoique ces pluies eussent

(1) Bvlleün ( le* séances , 'tome vm , ir i , page '15

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