‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 137 sur 284 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

De Rrich-el-Oued à Tunis. — Henchir Snaidia. — Henchir-el-Hamira. — Henchir Sidl-ALmed. — Henchir Tungar. — Arrivée à Tebourba; description de cette yille, 1 ancienne Thuburbo Minus. — Henchir Bou-Djadi, jadis Ucris. — Retour à Tunis ; fin de ma deuxième exploration.

2 juillet.

Nous quittons Kridi-el-Oued à dix heures trente minutes du matin pour gagner Tebourba, en suivant la riye gauche . de la Medjerdah , le long de laquelle plusieurs ruines méritaient mon attention. Traversant le fleuve à gué, nous nous dirigeons d'abord vers Touest.

A onze heures trente minutes, nous atteignons Thenchir Smidia. On y remarque une dizaine de citernes, un puits antique, et çà et là quelques amas de gros blocs; on y distingue aussi les vestiges d'une voie romaine.

A onze heures quarante-cinq minutes, nous nous remettons en marche dans la direction du nord.

A midi quarante-cinq minutes, nous foulons les débris de THenchir-el-Hamira. C'est un village musulman, aujourd'hui détruit et abandonné, mais qui parait avoir été bâti sur l'emplacement et avec les matériaux d'un petit bourg antique. Pour la distance, cet endroit correspond à l'ancienne Gluacaria mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin comme se trouvant à XY milles avant d'arriver à Tuburbo Minus, sur l'une des routes qui conduisaient d'Hippo-Regius à Garthage. La Table de Peutinger signale la même localité sous le nom de Glucar, et la place à XYI milles de Thuburbi Minus.

A une heure trente minutes, nous laissons à notre droite Bordj-Toumi, ferme solitaire au milieu de beaux champs de blé.

A notre gauche s'élève une chaîne de montagnes qui m'est

désignée sous la dénomination de Djebel- Ansarin, et qui succède au DjebeUHaïdous.

A deux heures, nous rencontrons Thenchir Sidi-Ahmed; là existait un village antique, complètement rasé.

A trois heures, nous faisons halte sur les ruines d'un henchir plus considérable , appelé Tungar ou Tangar. EUes couvrent le sommet et les pentes d'une colline non loin de la Medjerdah. L'emplacement qu'elles occupent est maintenant cultivé ou envahi par des broussailles et par un épais fourré de cactus. De vastes citernes, les vestiges d'une enceinte demi-circulaire qui semble avoir été un théâtre, un gros pan de mur encore debout appartenant à un grand édifice démoli , de nombreux blocs épars çà et là , tels sont les seuls restes qui aient survécu à cette petite ville, où je n'ai trouvé aucune inscription qui m'en ait révélé le nom primitif.

A quatre heures, nous continuons à côtoyer la Medjerdah,

A cinq heures vingt minutes, nous entrons dans un bois de magnifiques oliviers plantés trè&-régulièrement, auxquels se mêlent des figuiers et des tamariniers.

A six heures, nous parvenons à Tebourba. Le khaUfe nous offre l'hospitalité à Dar-el-Bey.

3 juillet.

Tebourba est une petite ville un peu moins délabrée que la plupart de celles de la Tunisie. Elle renferme trois mosquées et plusieurs zaouïas. Sa population est de deux mille cinq cents habitants. Bâtie sur la rive gauche de la Medjerdah , elle a remplacé la ville appelée Thuburbi Minus dans la Table de Peutinger, et Tuburbo Minus dans l'Itinéraire d'Antonin; elle a donc conservé presque intact son nom primitif, mais tous ses anciens monuments sont détruits. Il ne subsiste plus que la forme encore reconnaissable de son amphithéâtre, dont tous les gradins ont été enlevés, et dont l'arène est actuellement hérissée de broussailles et de cactus.

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