CHAPITRE PREMIER
nous une grande sebbala ou fontaine , qui m'est désignée sous le nom de Sebbala-Soultan. La route est bordée en cet endroit d'un bois d'oliviers.
Quelques pas plus loin , nous traversons un pont à trois arches jeté sur l'Oued-Soultan , petit torrent dont le lit est à sec en été.
A cinq heures quarante-cinq minutes, nous parvenons à Soliman.
14 juillet.
Le khalife me fait lui-même très-courtoisement les honneurs de cette ville, dont il me montre tous les quartiers. Elle n'est plus maintenant que l'ombre d'elle-même. Fondée ou plutôt rebâtie en 1611 par des Maures chassés d'Andalousie sur l'emplacement d'une cité antique, elle a compté une population d'au moins dix mille habitants. Aujourd'hui ^ par suite d'une grande peste qui l'a ravagée, et aussi des exactions , autre fléau dont elle a plus d'une fois ressenti les effets désastreux, elle est réduite au chiffre de sept cents musulmans, auxquels il faut joindre quelques juifs et sept ou huit chrétiens. Les trois quarts des maisons sont détruites, et presque toutes les rues offrent le triste spectacle de la ruine et de la désolation.
Trois mosquées sont encore debout. Surmontées de minarets élancés, elles renferment, dit-on , intérieurement d'assez belles colonnes enlevées à d'anciens monuments. Du reste, dans un bon nombre de constructions modernes, la plupart renversées, les matériaux antiques apparaissent de toutes parts. Je n'y ai découvert néanmoins qu'une seule inscription ; elle est gravée sur un beau bloc de marbre long de deux mètres treize centimètres et large de trente-trois centimètres , qui gît sur le sol parmi d'autres débris , dans la cour d'une maison abandonnée.