‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 141 sur 284 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Troisième départ de Tunis. — Rades, autrefois probablement Adis. — Hammam -cl- Lif, jadis Mazula. — Halte i Soliman, peut-être Tancienne Megalopolis.

13 juillet.

La grande presqu'île du cap Bon méritait de ma part un examen tout particulier. Aussi , après quelques jours de repos passés à Tunis, je ne tardai pas à me remettre en route pour explorer cette péninsule. Les indigènes la désignent sous le nom de Dakhelat-el-Maouin. A Tépoque d'El- Bekri, comme nous l'apprend ce géographe', elle était connue sous celui de Gherîk-el-Abci , qui en avait été gouverneur lorsqu'elle eut été conquise par les Arabes.

Le 13 juillet. donc, à sept heures du matin, nous quittons pour la troisième fois Tunis; notre direction est d'abord celle de l'est-sud-est.

A sept heures trente-sept minutes , nous laissons à notre droite la zaou'îa et le village de Sidi-Fetalla.

A huit heures trente minutes , nous atteignons Rades. Ce village, de huit cents habitants au plus, est situé sur une colline qui s'élève entre le lac de Tunis d'un côté , et la mer de l'autre. Nous rencontrons quelques citernes antiques au milieu des plantations d'oUviers qui environnent la colline. Quant au village, s'il ne renferme aucune ruine, il parait bâti en partie avec des matériaux provenant d'anciennes constructions. Aussi la position importante qu'il occupe au point de vue stratégique, son voisinage de Tunis, le nom même qu'il porte, tout confirme la conjecture de Shaw ', qui l'identifie avec la ville d'Adis', assiégée et prise par Régulus, et où

* EI-Bekri, Descript, de l'Afrique septentrionale , p. 109.

2 Shaw, t. I,p. 197.

3 Polyb., Uist.,l^Z^.

ce général défit Tarmée carthaginoise, qui s'était postée là pour arrêter sa marche sur Carthage, et d'abord sur Tunis.

Dans El-Bekri ', le lac de Tunis est appelé également lac de Rades.

A neuf heures , nous franchissons l'oued Melian sur un beau pont en pierre ; cet oued , comme je crois l'avoir déjà dit, est évidemment le fleuve Gatada, dont les embouchures sont placées par Ptolémée entre la ville de Garthage et celle de Mazula, la Maxula des Itinéraires.

A neuf heures quinze minutes, nous passons près d'un petit pont musulman en très-mauvais état; il a été jeté sur un oued appelé Oued-el-Maïzat (oued des chèvres), et qui actuellement est à sec.

A dix heures, sortant de la plaine et nous rapprochant des montagnes, nous regagnons la grande route qui de Tunis conduit à Sousa. Cette plaine est extrêmement fangeuse à l'époque des pluies ; pendant l'été , elle est profondément crevassée par la chaleur, et dans les deux cas elle oppose à la marche de nombreuses difficultés.

A dix heures trois minutes , nous passons devant l'entaille connue parmi les indigènes sous le nom de Darbet-m'ta- Sidna-Aly. J'en ai déjà parlé précédemment.

A dix heures quinze minutes , nous faisons halte à Hammam-el-Lif ou Hammam-el-Enf , localité que j'ai décrite en racontant ma première exploration , et qui ni'a paru devoir être identifiée avec la Mazula de Ptolémée , la Maxula Prates de l'Itinéraire d'Antonin , la Maxula de la Table de Peutinger, et la Maxulla de Pline.

A trois heures, poursuivant notre route, nous dépassons bientôt le Djebel-bou-Koumelin , couronné de ses deux cimes conune de deux cornes qui ornent sa tête altière.

A quatre heures trente-six minutes, nous laissons derrière

1 El-Bekri, DescripU de l* Afrique septentrionale y p. 01.

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