CHAPITRE SEIZIÈME
de verdoyants et fertiles jardins, plantes de figuiers, d'amandiers, d'orangers, de citronniers et de grenadiers.
À cinq heures dix-huit minutes, nous traversons TOuedel-Hadjar; puis, à cinq heurestrente minutes, FOued-Grous- Djedid.
À cinq heures cinquante minutes, nous rencontrons un quatrième oued plus important que les précédents; il s'appelle Oued-Aïn-el-Faouera. Nous le remontons jusqu'à l'une de ses sources, en nous frayant un chemin à travers les touffes gigantesques de lauriers-roses qui croissent dans son lit. Du milieu de ce fourré épais se lèvent sans cesse et fuient devant nous de nombreuses compagnies de perdrix. Une eau abondante court et murmure en un limpide .et frais ruisseau. Après une demi-heure de marche le long des rives sinueuses de l'oued, dont les berges, d'un aspect à la fois gracieux et sauvage, deviennent de plus en plus escarpées, nous atteignons la source principale. Ce torrent, en effet, à son origine, se partage en trois lits distincts où coulent séparément, pour se réunir ensuite, trois sources différentes. Chemin faisant, nous avions observé les débris d'un ancien aqueduc écroulé. Cet aqiieduc conduisait jadis aux deux villes de Siagis et de Putput les eaux de l'Aïn-el-Faouera. Le canal voûté qui les amenait était large de soixante-dix centimètres et haut de un mètre trente-cinq centimètres : tantôt il était porté sur des arcades, tantôt, au contraire, il s'enfonçait sous teire pour reparaître plus loin sur d'autres arcades, selon les ondulations du sol.
- Nous gagnons ensuite le plateau de Kasr-ez-Zit. A sept heures trente mijiutes, nous faisons halte au milieu de cet henchir. Nous y retrouvons les traces de l'aqueduc que je viens de signaler. Un vaste réservoir rectangulaire, long de soixante-trois pas et large de trente, y recevait une partie des eaux que le canal apportait. L'intérieur de ce bassin est aujourd'hui à moitié comblé et livré à la culture.
La ruine la plus considérable est celle d'un grand château encore en partie debout et auquel les Arabes, pour une raison que j'ignore, ont donné le nom de Kasr-ez-Zit (le château de rhuile). Ce château, qui date soit de la fin de Tépoque byzantine, soit des premiers temps de Tépoque arabe, a été bâti avec des matériaux plus anciens. J'y déchiffre péniblement sur un gros bloc mutilé une inscription incomplète et à moitié effacée ; la voici :
...RISTVDI
OMNIBVS ANNIS DIS
. . . DANTVR OB DEDICAT . . .
LVDI TRIDVO . . DANTVR
ON DEROGARI VOT