‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 197 sur 284 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

De l'Henchir-el-Meden à Tunis. — Hencbir Dzira. — Belad-Belli. — Belad- Djedeïda. — Belad-Tourki. — Groumhélia. — Henchir Sebbalet-el-Bey. — Retour à Tunis; fin de ma troisième exploration.

A quatre heures trente minutes de l'après-midi, nous poursuivons notre route vers Bir-el-Arbaïn , et bientôt nous traversons ce cimetière vénéré des musuhuans, comme renfermant les tombes de quarante martyrs de leur foi.

A cinq heures, nous rencontrons quelques ruines romaines appelées Henchir-Dzira. Sauf une porte en pierres dé taille dont l'arcade est encore debout, tout le reste est détruit de fond en comble.

A six heures, nous arrivons à Belad-Belli, où nous passons la nuit. Ce village est éloigné d'un kilomètre au nord de la route qui conduit à Tunis. Il a succédé à un bourg antique, comme le prouvent les nombreux blocs rectangulaires que l'on y remarque; toutes les maisons sont bâties avec d'anciens matériaux, et la mosquée renferme, dit-on, une dizaine de colonnes provenant soit d'un temple païen, soit d'une église chrétienne.

^ Rninart, Historia persec, VandaL, p. 368.

On me montre dans la cour d'une habitation particulière un fragment d'inscription.

Sur une pierre tumulaire brisée :

V I N C E N T I A VIXITA LXXVIIII .... IN PAGE

1er août.

. A six heures trente minutes du matin, nous nous dirigeons au sud-ouest vers Belad-Djedeïda, village aux trois quarts renversé et entièrement désert, bien que de fondation assez récente, comme son nom l'indique.

A sept heures quinze minutes, nous parvenons à un fourré épais de cactus mêlés à d'autres arbustes épineux qui environne les ruines d'une grande mosquée. Celle-ci s'élevait sur un monticule. Son minaret est encore debout, ainsi qu'une partie de ses murs d'enceinte. Les colonnes qui soutenaient les voûtes ont été enlevées, et celles-ci se sont écroulées sur le sol, qu'elles couvrent de leurs débris.

A côté de cette mosquée et sur la plate-forme qui la précède, gisent quelques tronçons de colonnes ayant appartenu probablement à ce monument, mais d'origine antique, ainsi que la plupart des matériaux qui ont servi à le construire. Les assises inférieures de la tour du minaret, par exemple, consistent toutes en beaux blocs rectangulaires.

Une macéra ou pressoir h huile avoisine la mosquée. J'y copie sur un long bloc qui sert de linteau à la porte d'entrée le fragment suivant :

AVIA INCHOAVITALBIA MF-

La seconde ligne a été martelée.

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