CHAPITRE DIX-HUITIÈME
Derrière ce pressoir, quelques maisons à moitiés démolies composaient un petrt village qui est abandonné, m'n-t-on dit, depuis soixante^dix ans, la peste en ayant alors décimé les habitants, et ceux qui avaient échappé au fléau étant allés porter leurs pénates ailleurs.
Néanmoins, le sol de cette localité est très-fertile, comme le prouve la végétation luxuriante et désordonnée qu'on y voit. A l'époque romaine , il devait y avoir un bourg en ce même endroit; car, en dehors du village moderne, on heurte à chaque pas des vestiges de constructions antiques au milieu de gigantesques plantations de cactus.
À neuf heures, nous nous remettons en marche; notre direction est celle du nord-ouest.
A neuf heures trente-cinq minutes, nous laissons à notre gauche le village de Belad-Tourki.
A dix heures cinq minutes, nous faisons halte à Groumbélia , village dont j'ai déjà parlé et qui , de même que le précédent, parait avoir succédé à un bourg antique.
A onze heures, nous remontons à cheval.
A onze heures trente minutes, nous rencontrons quelques ruines sans nom.
A midi, d'autres ruines, également peu importantes, s'offrent a ma vue sur le bord de la route.
A deux heures, j'examine pendant vingt-cinq minutes un henchir plus considérable connu sous le nom d'Henchir- Sebbalet-el-Bey, à cause de son voisinage d'une fontaine ainsi appelée. Les débris qu'on y observe sont ceux d'un ancien bourg qui était adossé aux derniers contre-forts du Djebel-bou-Kourneïn. L'emplacement qu'il occupait est aujourd'hui envahi par un bois d'oliviers, au milieu duquel de nombreux tas de décombres jonchent çà et là le sol. J'y découvre sur un petit autel en marbre blanc l'inscription que voici :