‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 219 sur 284 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Départ de la ville de Zaghouan. — Henchir-ech-Cherif. — Henchir-el-Ham-

mam. — Henchir Botria, jadis probablement Botrianense oppidum. —

Arrivée à Djerad.

9 août.

A cinq heures quinze minutes du matin, nous disons adieu à la ville de Zaghouan et à ses verdoyants jardins, et nous nous dirigeons vers l'est, puis vers l'est-sud-est.

A six heures douze minutes, nous parvenons à l'henchir ech-Cherif. Sur un monticule hérissé de broussailles et couvert de gros blocs, soit debout, soit renversés, j'aperçois un pan de mur encore intact, reste d'une petite enceinte détruite. Les pierres de taille en grand appareil qui le composent sont bien équames et agencées entre elles très-régulièrement; près de là gisent deux tronçons de colonnes.

Un monticule voisin m'offre les débris d'une puissante construction en blocage, et à côté, sur un bloc mutilé, je remarque une figure triangulaire semblable à un grand A et identique à celle que j'ai signalée sur la porte romaine de Zaghouan.

A huit heures, nous laissons à notre droite un henchir appelé Douamis (les souterrains), à cause de plusieurs citernes antiques qui s'y trouvent.

A huit heures trente minutes, nous faisons halte à l'hencliir el-Hammam; il est situé dans une gorge âpre et sévère. Un oued dont l'eau est saumàtre y est bordé de roches taillées à pic, et là où les roches cessent existent encore les traces d'une forte maçonnerie destinée à l'endiguer. Les pentes des deux coUines qui s'élèvent à droite et à gauche de l'oued sont couvertes des ruines de diverses constructions romaines, étagées les unes au-dessus des autres. Ces ruines abondent principalement sur la rive droite. Sur cette rive, en effet, on observe les vestiges d'un édifice orné jadis d'arcades et actuellement aux trois quarts démoli; plus loin, indépendamment d'autres débris, on rencontre ceux d'un vaste bâtiment voûté, divisé en dix compartiments parallèles; un peu plus loin encore, un bain moderne renferme sous une coupole un bassin antique construit en belles pierres de taille. Ce réservoir, de forme carrée, recueille les eaux d'une source chaude dont la température est de trente-huit degrés centigrades. Les Maures et les Arabes des environs viennent s'y baigner et y chercher la guérison de plusieurs maladies, notamment de celles qui affectent la peau. Cette source précieuse a déterminé autrefois la fondation et, depuis, le maintien dans cette localité d'un établissement thermal.

A dix heures trente -cinq minutes, nous franchissons l'oued el-Hammum, et, guidés par un Arabe d'un hameau voisin, nous prenons vers le nord-nord-est le chemin de

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