CHAPITRE SIXIÈME
l'henchir Botria, qu'on m'avait indiqué comme important. Le sentier que nous suivons serpente à travers une khanga montueuse et hérissée soit de broussailles, soit de petits pins.
A onze heures trente minutes, nous passons l'oued Botria.
A midi dix minutes, nous parvenons au grand henchir du même nom, et je commence aussitôt l'examen des ruines qui y sollicitent mon attention.
Ces ruines couvrent un espace dont le pourtour peut être évalué à trois kilomètres. Çà et là s'élèvent quelques vieux caroubiers d'un développement gigantesque, et de hautes broussailles ont pris racine de toutes parts. Les divers monuments, soit sacrés, soit profanes, que possédait cette petite ville sont détruits presque tous jusque dans leurs fondements, et le sol est confusément jonché de matériaux de toutes sortes qui sont la plupart d'un grand appareil.
Au milieu du chaos de décombres qui se présente aux regards, on distingue néanmoins :
P Une enceinte située sur un monticule d'où la vue embrasse toute l'étendue de l'henchir. Cette enceinte, longue de trente-deux pas sur vingt-cinq de large, a été construite, à l'époque byzantine probablement, avec de gros blocs enlevés à des monuments plus anciens.
2" Les débris d'une grande construction bâtie de même avec des pierres d'un puissant appareil , mêlées à d'autres plus petites, et qui semble également dater de l'époque byzantine. J'y ai remarqué, gravé sur un bloc, le monogramme du Christ ainsi figuré :
Je ferai toutefois observer que' le cercle ici représenté est
en réaUté une couronne élégamment sculptée.