‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 22 sur 284 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

le lac de Bizerte, au nord-est. Ces deux lacs, comme cela résulte d'un passag[e de Ptolémée y s'appelaient jadis , le premier Sisara et le second Hipponitis; celui-ci est beaucoup plus profond que l'autre. La superficie des deux bassins est, du reste , à peu près la même ; néanmoins , le lac de Bizerte est un peu plus g[rand» Un Arabe de la zaouïa m'affirme que, pendant plusieurs mois de l'année, à l'époque des pluies d'automne et d'hiver, les eaux de la Garaat-Echkheul sont douces et déversent leur trop plein , par le moyen de l'Oued- Tindja, dans le lac de Bizerte; pendant l'été, au contraire, elles deviennent légèrement salées, celles de ce dernier lac, qui sont amères, refluant alors dans son sein.

Nous côtoyons , dans la direction du sud , les bords orientaux de la Garaat-Echkbeul , ou lac de Mater; ces bords sont ornés , dans l'espace de trois kilomètres et demi environ , de {gigantesques lauriers-roses dont les touffes de fleurs offrent l'aspect le plus agréable.

A neuf heures , nous laissons à notre gauche une assez grande construction moderne qui avoisine un beau bois d'oliviers; on l'appelle, à cause de sa destination et de son possesseur, Macera-el-Bey (pressoir du bey ).

A dix heures, nous voyons se dresser à notre droite le Djebel-Echkheul , qui s'avance vers le nord-est dans le lac comme une sorte de presqu'île montagneuse; le gibier y abonde, dit-on, singulièrement. C'est le mont Kirna de Ptolémée.

A onze heures, nous avons fini de côtoyer le lac.

A onze heures trente minutes, nous traversons l'Oued- Djoumin, nommé aussi Oued-Mater. Il est profondément encaissé; au gué, nos chevaux ont de l'eau jusqu'au poitrail.

A midi , enfin , nous entrons dans la ville de Mater.

Cette ville est située sur une colline dont elle occupe tout le plateau et une partie des pentes. Environnée d'un mur d'enceinte, elle est percée de trois portes. Sa population est

de deux mille huit cents musulmans, auxquels il faut joindre un certain nombre de familles juives et quelques Maltais.

Mater a succédé à une ville antique dont les matériaux ont servi à sa construction. De tous^côtés, en effets dans des bâtisses modernes assez grossières, on remarque de belles pierres de taille, et même çà et là quelques tronçons de colonnes mutilés enlevés à d'anciens édifices.

Deux seules inscriptions ont attiré mon attention : l'une est le monogramme du Christ, ainsi figuré, sous l'entrée voûtée d'un fondouk :

L'autre consiste dans les mots suivants, gravés sur un bloc servant a former l'un des montants de la porte d'une habitation :

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