CHAPITRE CINQUIÈME
A deux heures, je fais mes adieux au R. P. Jërëmie et à M. Closta fils, qui reprennent la route de Bizerte; pour moi, je me dirige vers Mater.
A deux heures dix minutes, j'excunine en passant un henchir appelé Abd-el-Ouad, du nom de la zaouYa qu'il avoisine. Il consiste en un certain nombre de gros blocs rectangulaires épars sur un plateau aujourd'hui cultivé.
A deux heures trente-cinq minutes, un autre henchir m'est désigné sous la dénomination de Tabbah ; il se borne de même à quelques gros blocs entassés confusément sur un monticule. Le sentier où nous cheminons devient insensiblement moins montueux.
A trois heures trente minutes , nous faisons halte à Kasrel-Ahmar. Des ruines, les unes romaines, les autres d'une époque plus récente, y sont parsemées sur une colline où habite dans un bordj un riche propriétaire arabe. Sidi-el- Hadj-Hamida , tel est son nom , nous offre l'hospitalité jusqu'au lendemain matin.
1*' juin.
Départ à cinq heures du matin. Notre direction est d'abord celle de l'ouest- sud -ouest. A cinq heures trente minutes, nous laissons à notre gauche l'henchir Beni-Amer : ce sont les restes d'un village antique.
A cinq heures quarante-cinq minutes, l'henchir Aïn-el- Mellaha ne me présente que des débris peu importants épars dans la plaine, à notre droite.
Près de là, nous rencontrons le kasr Sidi-Bou-Hadid, enceinte à moitié renversée, sur une colline qu'entourent des toufiFes de vieux figuiers. Cette construction est bâtie en partie avec des blocs antiques, mais elle est postérieure aux Romains.
A six heures, j'aperçois à notre gauche le bordj Sargoun , d'origine musulmane probablement.
A six heures dix minutes, quelques tas de {jros blocs rectangulaires, (psant sur une colline, me sont désignés sous le nom d'Henchir-Djafer.
A six heures trente minutes, nous longeons un instant rOued-el-Gra.
A six heures quarante minutes, deux grandes constructions ruinées, s'élevant sur deux monticules distincts, attirent mon attention ; on les appelle l'une et l'autre Bordj.- Demenchara.
A huit heures trente minutes, nous faisons une courte halte à la zaouïa Sidi-Hassan ; elle est située sur les bords du lac de Mater ou Garaat-Echkheul. Il y avait en cet endroit un bourg antique, comme le prouvent les gros blocs plus ou moins mutilés qui y jonchent le sol.
Shaw * nomme cette localité Thimida , désignation que ne m'ont point indiquée les Arabes qui habitent cette zaouïa, mais qui peut très-bien s'être perdue depuis le voyage du savant anglais. Aujourd'hui , les ruines dont je parle sont connues sous le nom d'Henchir-Tindja ou d'Henchir-Sidi- Hassan. Shaw y voit les restes de l'ancienne Theudalis, mentionnée par Pline comme voisine d'Hippo-Diarrhytus; mais cette ville pourrait plutôt, à mon avis, être identifiée avec le bourg actuel de Menzel-Djemil, et il me semble que la dénomination de Thimida aurait dû, de préférence, rappeler à ce voyageur que l'un des évéques de la Province proconsulaire s'appelait epîscopus Thîmidensis,
A huit heures cinquante minutes, nous franchissons rOued-Tindja près de son embouchure dans la Garaat-Echkheul, en un point nommé Makta, ou le Gué. Nos chevaux ont de l'eau jusqu'au poitrail. Cet oued serpente et se replie plusieurs fois sur luinnéme; c'est une espèce de canal qui met en communication la Garaat-Echkheul, au sud-ouest, et
1 Shaw, t. I, p. 209.