‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 24 sur 284 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Bordj-Bou-Taleb. — HenGhir-Bahïa , ruines d*iine ville antiqne, vastes carrières, tombeaux phéuiciens. — Hencliir Aïn-SicU-el-Moedjel. — Hcnchir Aïn-Guemad. — Tebent. — Oued-Zerrou. — Henchir Aïn-Djalou. — Oued-Béja. — Arrivée à Béja.

Au bas de la ville de Mater, nous passons près d'un puits appelé Bir-BoutaYa, qui paraît antique.

A huit heures dix minutes, nous ftiisons halte une demiheure au Bordj-bou-Taleb. C'est une grande construction carrée, de fabrique musulmane, mais bâtie en partie avec d'anciens matériaux. En pénétrant dans l'intérieur de cette enceinte, j'y remarque également un certain nombre de beaux blocs antiques; ont-ils été trouvés sur place, ou, au contraire, proviennent-ils de la ville de Mater, c'est ce que j'ignore et sur quoi je consulte inutilement le scheik qui habite ce bordj.

A onze heures, sur un plateau élevé, des ruines assez étendues s'offrent à nos regards; elles sont parsemées au milieu d'un champ de blé. On ne peut m'indiquer le nom <le cet henchir.

Vingt minutes plus loin, d'autres ruines beaucoup plus considérables me sont désignées sous la dénomination d'Henchir-Bahïa.

Je consacre trois heures à les examiner, sans découvrir

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nulle part le moindre fragment épigraphique qui puisse m'éclairer sur le nom antique de cette localité.

Bahïa possède deux sources dont l'eau est excellente. Celle-ci est recueillie dans des réservoirs formés avec de gros blocs appartenant à des monuments anciens , et dont quelques-uns > élégamment sculptés, paraissent provenir d'un temple.

Une foule d'autres débris sont épars sur le plateau d'une colline et en recouvrent les pentes. Dix à douze huttes habitées par une cinquantaine d'Arabes remplacent maintenant les maisons et les édifices de cette petite ville qui est renversée de fond en comble.

A quelque distance de là, dans les flancs d'une chaîne de monticules rocheux , s'étendent de belles carrières pratiquées à ciel ouvert, et exploitées probablement dès la plus haute antiquité.

Un peu plus loin , j'aperçois trois tombeaux creusés dans le roc; ils consistent chacun en une chambre sépulcrale précédée d'un petit vestibule. A côté, d'autres tombeaux plus simples, ayant la forme d'auges longues et étroites, sont également taillés dans le roc; les couvercles qui les fermaient ont disparu ou sont brisés.

Sont-ce là des sépultures datant de l'époque romaine? Je ne le pense pas, et j'incline plutôt à les faire remonter à l'époque carthaginoise; elles semblent en effet phéniciennes.

A trois heures quarante minutes, nous nous remettons en marche dans la direction du sud-ouest.

A quatre heures trente minutes , nous rencontrons l'henchir Gennaba ; il est peu considérable , et se réduit à quelques gros blocs antiques dispersés sur le haut d'une coUine.

A cinq heures trente minutes, im autre henchir appelé Féja, et situé de même sur une colline, ne me présente rien qui vaille la peine d'être signalé.

Vers six heures trente-cinq minutes, nous abreuvons nos

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