CHAPITRE QUATORZIÈME
montagne dont le massif comprend comme une sorte d'annexé le Djebel-Bent-SaYdan. Cette ville doit être la même que * Ptolémée appelle Zougar (Zotîyap), désignation qui se rapproche* encore davantage du nom moderne Djougar, ou plutôt qui se confond presque avec lui.
Pour en revenir à l'inscription vue par Shaw, elle a disparu avec la frise sur laquelle elle était gravée. J'ai seulement copié près de cette enceinte sacrée, sur un bloc qui peut-être faisait partie de la frise, les mots que voici :
POTPP DIVI MANTON
A cent cinquante pas de là, dans un bois d'oliviers, j'ai aperçu un autre bloc qui provient également du sanctuaire d'Aïn-Djougar et sur lequel j'ai lu :
RO SALVTE
CIFDIVINERVAE
NTIFC^MAXIM
SVIS IMPENSIS (f {Estampage,)
A sept heures du soir, je suis de retour au village de Bent- Saïdan, où je passe la nuit.
A cinq heures du matin , nous nous mettons en marche , sous la conduite d'un habitant du village , pour aller visiter deux henchirs assez rapprochés qui m'ont été signalés par le scheik comme étant situés l'un au nord-est et l'autre à l'est.
Après avoir gpravi par un sentier escarpé et pénible le Djebel-Bent-Seù'dan pendant près d'une heure, nous arrivons au premier de ces benchirs; il s'appelle Merbatta. Les ruines qui y sont éparses au milieu d'un fourré de bautes et épaisses broussailles, occupent un emplacement dont le pourtour est d'environ un kilomètre. Plusieurs constructions bâties avec de gros blocs sont les unes complètement renversées, les autres encore en partie debout, du moins dans leurs assises inférieures. Je n'y découvre aucune inscription. Ce bourg détruit et abandonné n'est plus babité maintenant que par de nombreuses compagnies de perdrfx, que nous troublons dans leur solitude et qui s'enfuient à notre approche.
A six heures quarante-cinq minutes, nous poursuivons notre marche; notre direction est celle de l'est, puis du sud-est.
A sept heures cinquante minutes, nous parvenons au second henchir, qui était le but principal de mon excursion. Cet henchir, en effet, est beaucoup plus considérable que le précédent. Mon guide me le désigne sous le nom d'Es-Souar (les remparts). Nous y faisons halte jusqu'à quatre heures du soir, et j'étudie avec soin toutes les ruines qui s'offrent à mon attention.
La plus remarquable est celle d'un petit temple dont la cella est encore en partie debout ; elle repose sur un soubassement et mesure treize pas de long sur dix de large. La porte en était très-ornée. Cette cella était précédée d'un portique aujourd'hui renversé, et que soutenaient jadis quatre colonnes corinthiennes. J'y trouve sur un bloc brisé le fragment épigraphique que voici :