CHAPITRE QUINZIÈME
sa sœur, qui, par leurs largesses, contribuèrent à rcmbellissement de cet arc triomphal ; enfin , ce qu'il nous est encore phis important de connaître, le nom du municipe qui, aux frais publics, surmonta Tëdifice du quadrige dont j'ai déjà parlé. Ce municipe s'appelait Seressita. Il est tout à fait inconnu, bien qu'il ait laissé des ruines considérables qu'aucun Toyageur n'a encore signalées.
Ces ruines, pour ne mentionner ici que les principales, sont, indépendamment de l'arc de triomphe que je viens de décrire :
V Une seconde porte triomphale vis-à-vis la précédente. Située à l'autre extrémité de la ville, c'est-à-dire à l'extrémité méridionale, elle mesure dans son développement total dix mètres trois centimètres; l'ouverture de l'arcade est de cinq mètres cinq centimètres ; les pieds-droits sont ornés chacun de deux pilastres non cannelés, dont les chapiteaux n'existent plus, à l'exception d'un seul qui est encore en place; ce dernier est corinthien. Le couronnement de l'édifice est détruit. Une niche a été pratiquée dans l'un des piedsdroits.
2" Une troisième porte triomphale à l'ouest de la ville. Moins monumentale que les deux premières, elle est presque entièrement renversée ; les soubassements seuls sont encore debout.
3° Une quatrième porte triomphale du côté de l'est. Elle avait à peu près les mêmes dimensions que la dernière, c'est-à-dire un développement total de huit mètres quinze centimètres. L'ouverture de l'arcade était de trois mètres quatre-vingt-dix centimètres. Sauf les soubassements, elle est également détruite. Ce sont ces quatre portes qui ont fiiit donner à cet henchir le nom d'Oum-el-Abouab (la mère des portes, ou, en d'autres termes, la ville aux portes).
V Une enceinte qui paraît avoir été la cella d'un temple. Construite avec des pierres de taille bien appareillées, elle
mesure quinze mètres de long sur onze de large ; les assises inférieures sont seules en place.
5** Un amphithéâtre. La forme en est encore reconnaissable; mais le monument en lui-même est presque entièrement détruit; Tarène mesurait trente-huit pas de long sur trente et un de large.
6® Un théâtre. Le diamètre de l'hémicycle qu'il décrivait ne dépassait guère vingt-huit pas; trois rangs de gradins susbistent en partie, les autres ont disparu.
7® Une citadelle. Assise sur une colline qui commande la ville, elle se composait de deux enceintes rectangulaires, construites avec des blocs d'un puissant appareil, l'une mesurant cinquante-deux pas de long sur trente de large, l'autre plus petite et renfermée dans la première sur le point culminant de la colline.
8® Une construction rectangulaire longue de trente pas et large de quatorze; elle me parait avoir eu également une destination militaire, et avoisine les bords d'un oued qui partageait la ville en deux parties h peu près égales.
Cet oued , qu'alimentaient deux sources et dont le lit est actuellement rempli de touffes de lauriers-roses mêlées à des roseaux gigantesques, était autrefois bordé de quais et de plusieurs édifices aujourd'hui démolis.
9® Un mausolée mesurant quatre mètres vingt et un centimètres de long sur trois mètres quatre-vingt-cinq centimètres de large. Bâti en belles pierres de taille appareillées avec soin, il est à moitié renversé. On pénètre dans la chambre sépulcrale par une porte haute de un mètre treize centimètres et large de soixante-huit centimètres.
Ces divers monuments et d'autres encore que je ne décris point, parce qu'ils n'offrent plus que des ruines trop indistinctes, prouvent l'importance de cet ancien municipe. J'évalue le pourtour de la ville à quatre kilomètres au moins. Quoiqu'elle eût quatre grandes portes, tournées chacune vers