CHAPITRE SEIZIÈME
Henchir Sidi-Naouï. — Henchir Bîr-Magra, sa vaste étendue; découverte de deux inscriptions qui me révèlent le nom antique de cet henclur, jadis civitas Thibica.
26 août.
A cinq heures quinze minutes du matin , nous saluons le scheik qui nous avait offert l'hospitalité, et nous atteignons bientôt la vallée de l'Oued-el-Kebir. Nous longeons quelque
temps cet oued sur sa rive droite dans la direction du nord. La vallée qu'il arrose est très-fertile ; mais dans cette saison de l'année ) les moissons étant faites depuis trois mois, la terre est nue et toute crevassée par la chaleur. A.u printemps, lors de ma première exploration, elle m'avait présenté au contraire le spectacle d'une fécondité merveilleuse, et le sol disparaissait partout sous les blés, les orges ou de hautes herbes.
A cinq heures vingt-cinq minutes, nous franchissons l'oued ; l'eau en est presque entièrement tarie. Notre direction est alors celle de l'ouest-nord-ouest.
A six heures, nous faisons halte à l'henchir Sidi-Naouï, près duquel j'avais déjà passé quelques mois auparavant, mais sans: Je savoir, et, partant, sans m'y arrêter.
Cet henchir occupe un plateau peu élevé qui a dix-huit cents mètres environ de pourtour; il tire son nom d'une zaouïa consacrée en ce lieu à Sidi-Nàouï. La petite ville qu'il remplace est renversée de fond en comble. Quelques enceintes rectangulaires ^ attestant une époque bien postérieure aux Romains, sont seules encore debout, du nioins dans leurs assises inférieures, lesquelles consistent en gros blocs agencés confusément ensemble et enlevés à des édifices plus anciens.
Près de l'une de ces enceintes , qui mesure vingt-cinq pas de long sur quinze de large, et dont l'intérieur renferme cinq ou six tronçons de colonnes mutilées, j'ai déchiffré sur quatre blocs difilérents plus ou moins brisés les caractères que voici :
Sur un premier bloc :
PRO SALVTE
Sur un second :
QVA