CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Tous les gradins ont disparu, ainsi que les voûtes qui les soutenaient.
10** Une vaste piscine longue de soixante pas sur vingtneuf de large; sa profondeur était d'environ six mètres. A ciel ouvert, elle était environnée d'une galerie voûtée, dont un quart existe encore.
W Je dois signaler enfin çà et là quelques citernes à moitié comblées, et une, entre autres, assez profonde, qui inspire aux Arabes des environs une sorte de terreur superstitieuse : ils l'appellent Damous^r-Rouah (le souterrain des âmes), et, pour expliquer cette dénomination , ils prétendent qu'on y a jeté les cadavres de plusieurs hommes assassinés , et que les âmes de ces malheureux voltigent sans cesse autour de l'orifice de la citerne, pour réclamer vengeance.
Après avoir consacré la journée entière à errer au milieu de cet henchir, je reviens vers le soir au fondouk. Malaspina m'apprend que dans la chambre voisine de celle que nous occupons nous-mêmes est un petit cippe en forme d'autel. La face principale contient dans une sorte de couronne élégamment sculptée l'inscription que voici :
D • M • S R C I V i A CASTA PV- ANXXH-SE
Les trois autres faces sont ornées, l'une d'un oiseau, la seconde de deux cornes d'où s'échappent des fleurs , la troisième d'une corbeille. Ces divers emblèmes, exécutés avec soin, sont, comme on le voit, très-heureusement appropriés au personnage dont ce cippe gracieux décorait la tombe. La défunte, en effet, était une jeune fille morte à vingt ans, et
dont les passe-temps sont représentés ici par un oiseau , par des fleurs et par^une corbeille à ouvrage.
L'Henchir-el-Kasbah renfermait, il y a quelques années à peine, un plus grand nombre d'inscriptions; mais quand on a construit sur l*oued Melian le pont dont j*ai parlé, on a employé pour le bâtir les plus beaux blocs qui couvraient l'emplacement de cet henchir, et, au dire du propriétaire du fondouk, plusieurs de ces blocs étaient revêtus d'inscriptions. Ainsi j'ai cherché partout inutilement celle qui avait révélé à M. Tissot le nom primitif de cette cité; je la reproduis ici, à cause de son importance, telle qu'elle a été publiée dans la Revue africaine ' :
IMPCAESARI MANTONIOGOR DIANODIVI-M'ANTO NI-GORDIANINEPD! . .
ANTONI-GORDIANISO RORISPIIPIOFELAVG-POT . .
TISSIMOFELICISSIMO