‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 45 sur 284 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

autres , qu'ils forment en certains endroits un fourré presque impënëtrable.

La ville ancienne clont cet benchir rappelle le nom un peu altéré (Lares, à l'ablatif Laribus , d'où Lorbès), était environnée d'une enceinte fortifiée, que flanquaient de distance en distance des tours carrées à demi engagées dans la muraille. Celle-ci est encore en partie debout, ou du moins il en subsiste de très-beaux pans construits avec de magnifiques pierres de taille appartenant soit à des édifices, soit à une enceinte antérieure.

 l'angle d'une tour, on lit sur un bloc placé sens dessus dessous, ce qui accuse une construction ou une réparation faite à la hâte :

DIVO ANTONINO CAESARl COLONIA A E L I A G AVG- LARES

 la fin de la cinquième ligne, j'ai cru lire soit un G, soit un E.

Cette inscription, déjà copiée par sir Grenviile Temple, prouve d'une manière péremptoire que Thenchir Lorbès doit être identifié avec la ville de Lares, ainsi que Shaw l'avait lui-même supposé. Cette ville est une de celles dont Justinien fit relever les murs abattus, témoin le passage suivant du poète Corippus * :

Urbs Laribus mediis surgit tutissima sylvis Et murU munita novis, quos coDdidit îpse Justinîanus apex.

1 S. Grenv. Temple, t. II, p. 346, n» 148.

' Corippus, Johannis, I. VI, y. 143 et seq.

L'enceinte minée actuelle est très-certainement celle dont il est question dans ces vers ; on peut encore aujourd'hui en suivre partout le périmètre et les traces là même où elle a été détruite.

Quant à la ville proprement dite, elle a été complètement renversée, à l'exception d'un vaste édifice dont on reconnaît la forme et l'étendue. Cet édifice semble avoir été une basilique chrétienne, transformée plus tard en mosquée. Il était orné intérieurement de colonnes de granit d'un grain trèsfin. Plusieurs d'entre elles étant à moitié ensevelies sous des monceaux de décombres, je les ai fait dégager : ce sont d'anciennes bornes milliaires. L'une est entière; elle mesure un mètre quatre-vingt-cinq centimètres de hauteur sur un mètre soixante-quatorze centimètres de circonférence; on y lit l'inscription que voici , dont le commencement seulement avait déjà été copié par sir Grenville Temple :

I M P • C AES M • AVRELIVS ANTONINVS • PIVS FELIX • AVGVSTVS PARTHICMAXBRIT- MAX- GERM • MAX- TRIBVNICPOTEST- XVIIII-COS MM PATER PATRIAE

RESTITVIT

Si cette colonne milliaire n'a pas été transportée à Lorbès d'ailleurs, elle nous indique par le chiffre de CXXVI milles

« S. Grenv. Temple, t. II, p. 347, n» 153.

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