CHAPITRE ONZIÈME
Omran, a opéré une razzia sur un douar peu éloigné de Medeïna et y a enlevé vingt moutons et cinq chevaux. II. nous engage donc à veiller avec soin sur notre bagage et sur nos montures, et lui-même il place quelques sentinelles autour des tentes. La nuit se passe tranquille, et nous n'avons à lutter que contre une multitude d'insectes de toute nature qui nous font une guerre acharnée.
14 juin.
Au lever de l'aurore, je gravis une montagne de deux cent cinquante mètres d'élévation qui domine Medeïna, au delà de l'oued de ce nom. Elle a été jadis exploitée comme carrière. Son sommet se termine en un plateau oblong, assez égal, que couronnent les ruines de deux édifices qui me paraissent être d'anciens mausolées. L'un est presque entièrement renversé ; les assises inférieures , seules encore debout, sont ensevelies sous les blocs écroulés des assises supérieures. Vis-à-vis de ce monument , et comme lui faisant pendant, à la distance de cent cinq pas, s'en élève un autre mieux conservé. C'est une construction rectangulaire, longue de huit mètres et large de quatre mètres cinquante centimètres. Elle est divisée intérieurement en deux compartiments dont le premier sert de vestibule au second. J'y trouve sur une pierre brisée le fragment épigraphique que voici :
SESTERTHS XVI MILÏÏ ORTVLAS EPVLVM CVRI
A la première ligne, les caractères T et H sont liés.
Le toit n'existe plus ; il était probablement orné de deux petits frontons, comme cela s'observe dans la plupart des édifices de ce genre. Les Arabes appellent ce dernier Kasrben-Announ .
Redescendu de ce plateau, je parcours de- nouveau pendant plusieurs heures les ruines que j'avais déjà examinées la veille, mais sans pouvoir découvrir d'autres inscriptions que celles que j'avais recueillies.