‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 6 sur 284 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Hcnchir Bou-Farès. — Boui^ cl*El-Aouclja , jadis probablement Merabrone. Porto-Farlna ou Rhar-el-Melah. — Description de cette ville et de son lac; c*est sans doute le port Ruscinona de Tite-Live. — Promontoire Sidi-Alvel-Mekki , autrefois promontorium ApoUinis.

A deux heures de l'après-midi, disant adieu aux ruines d'Utique, nous traversons, dans la direction du nord-ouest, une grande plaine marécageuse où nos chevaux ont beaucoup de peine à marcher; ils sont en outre tourmentés par une multitude incroyable de mouches et de moustiques qui les harcèlent de toutes parts et les mettent parfois dans une véritable fureur. Nous ne nous présentons nous-mêmes de

1 S. Grenv. Temple, t. I, p. 256.

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ce fléau qu'en nous enveloppant avec soin la tète. Néanmoins, des troupeaux de bœufs et de moutons paissent dans cette plaine, dont ime partie était jadis occupée par les eaux de la mer et formaijt un golfe.

A trois heures vingt- cinq minutes, nous parvenons à rhenchir Bou-Farès. Il est situé sur un petit plateau peu élevé, non loin de la koubba d'un santon vénéré sous le nom de Sidi-Alimed-Bou-Farès. On appelle aussi cet endroit Blidah (la petite ville). Les ruines qui s'y trouvent sont trèsconfuses et dispersées au milieu de broussailles presque inextricables. La construction principale, dont quelques pans de murs existent encore, parait avoir remplacé un édifice plus ancien.

M. Pellissier' voit en ce lieu les restes de Salera, qui fut prise et saccagée par Scipion, et près de laquelle ce général défit Hannon ; mais comme Tite-Live , en mentionnant cette ville, la place à XV milles de distance des castra Gornelia , et que l'intervalle qui sépare en réalité l'henchir Bou-Farès de Kalat-el-Oued , où l'on s'accorde généralement à placer les castra Gornelia, ne dépasse pas IX milles, il est permis de douter de l'identification proposée par le savant voyageur.

A quatre heures, nous traversons un magnifique bois d'oliviers. Le sentier que nous suivons est très-fangeux, à cause de l'humidité naturelle du sol.

A quatre heures quinze minutes, nous atteignons les premières maisons d'El-Aoudja. Au moment où nous entrons dans ce bourg, nous trouvons tous les habitants en proie à la plus vive agitation; ils nous apprennent que leur scheik vient d'être assassiné.

G'est en cet endroit très-probablement qu'il faut placer la petite ville de Membrone, marquée dans l'Itinéraire d'Anto-

* Descript, de la Régence de Tunis, p. JÎ3.

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