‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 63 sur 284 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

péniblement une montagne couverte de broussailles et déchirée par de nombreux ravins.

A dix heures, nous commençons à en redescendre les flancs opposés, et nous apercevons bientôt dans la plaine, vers le nord, le fondouk connu sous le nom de Bordj-el- JVfessaoudi.

A onze heures, nous faisons halte à ce fondouk. Près de là {gisent, soit dans des champs cultivés, soit au milieu d'épaisses et hautes broussailles, les débris d'une petite ville antique. C'est très -probablement celle de Thacia, qui est marquée dans la Table de Peutinger à YII milles au sud de Musti.

Le seul monument encore en partie debout est un mausolée appelé par les Arabes Hanout-el-Hadjem (la boutique du barbier), dénomination donnée en Tunisie par les indi- ([ènes à plusieurs constructions de ce genre. Ce mausolée forme un rectangle de cinq mètres trente-trois centimètres de long sur quatre mètres soixante-seize centimètres de large. Il est voûté intérieurement; le mur du fond existe seul aujourd'hui ; les autres sont détruits ; ils environnaient quatre arcades qui reposent sur des piliers; trois niches se voient dans les parois du mur qui n'a point été renversé. Sur la face extérieure de ce même mur on lit :

D • M • S MCORNELIVSRVFVSVIXITANLVET

Les deux lettres E et T sont liées.

Cette inscription, comme on le voit par le dernier mot. n'est pas complète.

A quatre heures quinze minutes , nous nous remettons en marche.

> S. Grenv. Temple, t. 11, p. Îi51. — Berbru{»ger, Rev, afric, t. 1, p. 371.

A quatre heures vingt-cinq minutes, nous franchissons l'Oued-el-Hammam, puis nous cheminons vers le nord-nordest, dans une plaine appelée Bahirt-el-Gnersa.

A quatre heures quarante minutes, nous traversons un petit oued de ce nom.

A cinq heures, nous rencontrons un amas de grosses pierres de taille, restes d'un étabhssement romain. Un douar d'une cinquantaine de tentes campe auprès. On me dit que ce sont des Nememcha qui, n'ayant phis ni eau ni pâturages sur leur territoire, ont émigré de l'Algérie avec leurs troupeaux pour venir se fixer provisoirement dans cette partie de la Tunisie.

A cinq heures trente minutes , nous laissons à notre droite la koubba de Sidi-bou-Bakeur.

A six heures, nous atteignons la zaouta Sidi-Abd-er- Beubbou.

Un douar d'une trentaine de tentes s'est établi sur les pentes les plus élevées d'une colline qui domine la zaouïa et l'henchir Mest, au milieu duquel elle est située. Nous demandons au scheik de ce douar l'hospitalité pour la nuit, et je remets au lendemain l'examen des ruines considérables qui s'étendent au pied de la colHne.

17 juin.

En me réveillant à trois heures du matin , je m'aperçois que le mulet chargé de porter mes cantines a disparu ; mes autres montures sont encore heureusement là : elles avaient beaucoup moins tenté la cupidité des ravisseurs que ce mulet, qui la veille au soir avait excité l'admiration de tous les Arabes du douar par sa vigueur et par son embonpoint. Je réveille aussitôt ma petite escorte , et comme le scheik dormait dans une tente voisine de la mienne, j'envoie l'hamba Mohammed auprès de lui pour lui apprendre le vol dont j'ai été la victime. Sur ces entrefaites, le jour commence à

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