‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 79 sur 284 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Description des belles mines de Dougga, jadis Thugga.

Sortis de Teboursouk a deux heures trente minutes, nous nous dirigeons vers Dougga. Après avoir traversé les plantations d'oliviers qui s'étendent au bas de la ville, nous prenons au sud-ouest un sentier qui serpente au miUeu de plu-

' MorceIK, Africa chrUtîana, p. 318.

* L. III, c. xuii, no 47.

sieurs collines, les unes couvertes de hautes broussailles , les autres cultivées.

A quatre heures quinze minutes, nous arrivons à Dougga.

Je me fais conduire aussitôt par un habitant au célèbre mausolée qui était revêtu, il y a quelques années encore, de la fameuse inscription bilingue, punique et libyque, dont une copie avait eu le privilège d*exercer la sagacité des. plus savants orientalistes de l'Europe. Ce mausolée est l'un des monuments les plus remarquables de l'antique Thugga, jadis ville étendue et florissante, comme le prouvent les ruines considérables qu'on y trouve, aujourd'hui pauvre hameau de trois cents habitants environ, qui a retenu, à peine altéré, son nom primitif dans la dénomination actuelle de Dougga.

Pour se rendre à ce monument, il faut descendre de la colline dont ce petit village occupe le plateau. Les pentes méridionales en sont plantées d'un vieux bois d'oliviers, au milieu duquel on admire les débris de ce magnifique tombeau. Il était aux trois quarts intact il y a dix-huit ans. Depuis cette époque , il a été en partie détruit par sir Thomas Reade, alors consul général d'Angleterre à Tunis, qui en fit démolir toute une façade par les habitants de cette localité. Son but était d'enlever, afin de le faire scier en une tablette plus transportable, un énorme bloc engagé dans la façade orientale du mausolée. Ce bloc, en effet, était revêtu dç deux inscriptions, l'une punique et l'autre libyque.

Pour le détacher de la façade dans laquelle il était encastré, il fallait retirer préalablement tous les autres blocs qui étaient superposés à ce dernier; mais comme les Arabes que sir Thomas Reade employa à ce travail étaient dépourvus des moyens et des instruments nécessaires pour l'exécuter méthodiquement et sans nuire à l'ensemble du monument, ils précipitèrent du haut en bas ces blocs supérieurs en les soulevant avec de forts leviers et les tirant ensuite avec des

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