‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 100 sur 268 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME

A neuf heures quarante-cinq minutes, nous atteignons les ruines de l'henchir Thiné. Ce sont celles de l'antique ville de Thaena, Thaenae ou Thenae, qui, dans ses débris inhabités, a conservé presque sans altération sa dénomination primitive.

Au nord-ouest de remplacement qu'elle occupait s'élève une colline toute couverte de décombres. Là a du probablement exister jadis une forteresse qui la défendait de ce côté. Je n'y ai trouvé que des matériaux confus et de petites dimensions, les plus gros ayant été depuis longtemps transportés à Sfax. Néanmoins, j'y ai remarqué le tronçon d'une colonne de marbre.

Au delà s'étend une plaine parsemée de débris antiques. Comme ces débris ne se suivent pas d'une manière continue, je suppose qu'ils doivent appartenir à un simple faubourg, peuplé de maisons de campagne plutôt que couvert d'habitations non interrompues.

Plus au sud , on distingue les traces d'un mur très-épais et très-bien construit, qu'on reconnaît aussitôt pour avoir été le mur d'enceinte de la ville proprement dite. Quoiqu'il ait été rasé complètement en beaucoup d'endroits, on peut le suivre, à quelques pans encore debout, pendant un espace assez considérable, et l'enceinte qu'il délimitait devait avoir plus de trois kilomètres de circonférence.

Dans l'intérieur de cette enceinte on ne trouve plus aucun vestige de mes ni même d'édifices publics, mais seulement des matériaux de toutes sortes, et principalement une quantité innombrable de petits fragments de poterie qui jonchent le sol. Ces débris de vases sont, en général, remarquables par le beau vernis qui les recouvre encore, ainsi que par leur légèreté et par leur finesse. En interrogeant attentivement tous les fragments divers que je foule aux pieds, j'aperçois sur un morceau de marbre brisé les cinq lettres suivantes :

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