CHAPITRE DIX-HUITIÈME
De Mahrès ù Gabès. — Hcncliir Lichc. — Henchir Ounfjlia, jadis probablement Mui-omadrs minores. — Zaouïa Sidi-Mahcddeb. — Kinplat-emeut présumé de Cellae-Piceutinae. — Oued-el-Akarit. — llencliir Tarf-<-!-Ma , peut^tre l'ancienne Lacene. — Oasis de Aïounet, de Oudcref et de Métonia. — Emplacement probable de la station Ad Palinam. — Arrivée à Gabès.
4 mars.
Nous quittons Mahrès vers les six heures du matin.
A six heures quarante minutes, nous laissons à notre droite, ù la distance de deux kilomètres environ, la koubba de Sidi-Amcr-bou-Chahma.
A sept heures, nous passons devant quelques débris romains peu importants, connus sous le nom de Henchir- Liche.
M. Pellissier y voit, mais à tort, je pense, la station Ad Oleastrum mentionnée dans la Table de Peutinger; il faut lu chercher plus au sud.
1 Voir dans la Revue africaine (avril 1857) l'article de M. Tissot sur les route* romaines du sud de la Byxacène.
A notre droite, à la distance de trois kilomètres, brille au soleil la koubha de Sidi-Gherb.
Nous traversons quelque temps le lit d'une vaste sebkha desséchée, puis nous franchissons un oued qui m'est désigné sous le nom d'Oued-el-Kebir; il contient un peu d'eau saumâtre.
A sept heures quarante-cinq minutes, nous faisons halte aux ruines d'Oungha.
Ce qui frappe d'abord mon attention, ce sont plusieurs grandes citernes romaines; plus loin, sur une colline qui domine la mer, les débris d'une construction assez importante paraissent avoir appartenu à une forteresse.
Kn continuant à m'avancer vers le sud, j'observe, à une faible distance du rivage, les vestiges d'un grand édifice dont il ne reste plus maintenant que quelques substructions et les fragments d'une mosaïque. Plusieurs Arabes de Mahrès m'ont affirmé qu'on avait tiré des ruines de ce monument des colonnes de marbre marquées d'une croix, ce qui porterait à croire, si cette assertion est vraie, que c'était autrefois une église chrétienne.
Plus loin enfin , sur un plateau entouré jadis d'un mur et d'un fossé, s'élève une forteresse carrée qui mesure cinquantecinq pas sur chaque face. Elle est flanquée de huit tours, les unes rondes à chacun des quatre angles, les autres carrées au milieu de chacune des faces. L'appareil des matériaux qui ont servi à sa construction est de dimension assez considérable, du moins en ce qui concerne le revêtement extérieur, et les blocs régulièrement équarris qu'on y a employés appartiennent presque tous à d'anciens monuments. Au dedans et au dehors de cette enceinte, de grandes citernes l'alimentaient d'eau. Ces citernes paraissent antérieures à la forteresse elle-même, qui offre une apparence antique sans l'être réellement; du moins, la tradition attribue la fondation de ce kasr aux premiers princes de la dynastie des Aghiabites.