‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 106 sur 268 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Près de là est un petit sanctuaire musulman consacré à Sidi-Ahmed-ben-Afea. Kn pénétrant dans cette koubba , j'ai remarqué qu'elle était soutenue par plusieurs colonnes de marbre surmontées d'un chapiteau corinthien, et qui sont probablement byzantines; elles ont été peut-être enlevées à l'église, actuellement ruinée de fond en comble, dont j'ui parlé tout à l'heure.

Oungha est identifiée avec Macomades minores par M. Tissot, avec Ad Oleastrum par sir Gren ville Temple, et avec Praesidium Silvani par M. Pellissier. J'incline plus volontiers pour l'opinion de M. Tissot; car entre les ruines de l'henchir Thiné et celles de l'henchir Oungha, il y a juste l'intervalle de XXVII milles marqué dans lu Table de Peutinger entre Thenae et Macomades minores; l'Itinéraire d'Antonin donne XXVIII milles.

Macomades, comme semble l'indiquer son nom, est un ancien comptoir phénicien. Pline 1 en fait mention. Ptolémée, dans sa Géographie, écrit par erreur Macodama ( Maxôôjtfza ) .

A l'époque chrétienne, cette ville avait un évéché, comme nous l'apprend la Notice épiscopale de la Byzacène, et elle s'appelait alors Macomadia Rusticiana.

A dix heures, je me remets en route, après avoir serré affectueusement la main de M. Mattei , qui s'en retourne à Mahrès et de là à Sfax.

Nous marchons péniblement, sous les rayons d'un soleil qui devient de plus en plus brûlant, à travers une plaine immense qui fatigue le regard par son affreuse nudité; pas le moindre arbuste ne récrée notre vue; des touffes d'ulfa et des plantes aromatiques croissent seules ça et là.

A dix heures trente minutes, nous rencontrons quelques puits, dont l'eau est très-jaunâtre, dans un endroit appelé Heuglet-Khrefifia.

1 llist. nat. y V, 4.

A une heure quinze minutes, nous franchissons une colline ohlonguc et peu élevée qui coupe transversalement la plaine; on la nomme Dra-Kammed.

A deux heures, nous traversons un oued appelé Oued- Rann.

A deux heures vingt minutes, nous en rencontrons un autre du nom d'Oucd-el-Kelba.

A trois heures , nous faisons halte dans un douar appartenant à la tribu des Mahedehahs.

Les Mahedehahs, au nombre d'environ trois mille cinq cents âmes, se prétendent tous issus d'un santon célèbre nommé Sidi-Mahcddeb, dont la zaouû* est située vers le centre de la grande plaine au milieu de laquelle leurs divers douars sont disséminés. Longtemps exempts d'impôts à cause de cette descendance sacrée, et tenus seulement à héberger gratuitement les voyageurs et les étrangers, ils ont été depuis quatre ans soumis, comme les autres tribus de la Régence, à l'impôt des 3(> piastres, sorte de capitation personnelle qui en Tunisie pèse indistinctement sur tous les hommes, à partir de l'âge où ils deviennent majeurs. Le scheik du douar où nous nous reposons nous engage à passer la nuit sous sa tente.

5 mars.

A six heures du matin, nous continuons a traverser dans la direction du sud la vaste plaine qui s'étend devant nous. Sur plusieurs points de gracieuses gazelles se jouent au milieu des touffes d'alfa, et semblent à peine effleurer la terre de leurs pieds légers. Nous lançons nos chevaux contre trois d'entre elles qui paissent à une centaine de pas de l'endroit où nous cheminons; mais elles se dérobent comme un trait à notre poursuite, et bientôt nos yeux même peuvent à peine les suivre.

A neuf heures, nous arrivons à la zaouïa de Sidi-Maheddeb.

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